Luzenac vs DNCG : un déni sur l'avenir ?

C'est très mal parti pour Luzenac AP en L2. Le buzz de la fin de saison dernière va sûrement accoucher d'une petite souris en National. Derrière cet épisode, qui fait écho au cas infiniment plus symbolique du RC Lens, se pose derechef la question de la régulation économique du foot français assurée depuis 1984 par la DNCG, et dont les clubs ont de plus en plus de mal à décrypter les motivations et surtout les critères. Analyse d'une exception française…

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Luzenac est une histoire bien de chez nous. Ce genre de joli conte qui fait que le foot tricolore est ce qu'il est. L'idée très à l'ancienne, vieux héritage du modèle associatif amateur, qu'il est possible de monter tous les échelons jusqu'au sommet, avec des clubs comme Auxerre en modèle. Seulement, le foot constitue désormais aussi une industrie et son capitalisme, certes très spécifique mais avec ses contraintes incontournables, rentre en profonde contradiction avec cette noble idée de la méritocratie à crampons. C'est ainsi que la LFP, via son instance de contrôle la DNCG, essaye de bricoler un modèle hybride, oscillant entre le mythe de la réussite sportive et une version assez bancale et extensive des ligues fermées à l'américaine. C'est sur cet écueil que le fragile navire ariégois vient, en toute bonne foi, de s'échouer. Rappel des faits.

Le Stade Toulousain en sauveur


Tout commence par une belle aventure en National que personne n'attendait. Au fil du championnat 2013-2014, il apparaît de plus en plus clairement que Luzenac et ses 550 habitants jouent la montée. Le bonheur est dans le pré et en mars dernier, la DNCG valide même son budget 2013, ce qui laissait le président Jérôme Ducros assez serein quant à la suite des événements. Les choses vont rapidement se gâter. Dès que l'accession à l'échelon supérieur est validée sur le terrain, les dirigeants prennent rapidement conscience que pour passer le nouvel examen de passage, il faut résoudre urgemment un certains nombre de problèmes, dont celui de plus en plus épineux, dès lors qu'il s'agit de franchir le plafond de verre du professionnalisme, du stade. Leur actuelle enceinte à Foix nécessite des travaux importants qui risquaient de se révéler insurmontables. Une solution est dès lors à chercher du côté de Toulouse, à 122km de là, au stade Ernest-Wallon. Un accord est même négocié avec les amis du Stade Toulousain, dans la mesure où les deux calendriers pouvaient cohabiter.

L'autre facette tient au besoin de gonfler une surface financière quelque peu faiblarde pour la L2. « J'ai été informé dans l'après-midi que le budget était retoqué en première instance mais je savais qu'on ne pouvait pas fournir en dix jours le travail de trois mois » , prend avec philosophie le président Jérôme Ducros, qui insiste alors sur le décalage entre le dossier présenté et les évolutions en cours, notamment « l'attribution par la LFP de la « licence club » représentant une ressource de 850 000 euros dans le budget » . Luzenac accueille donc sans surprise ni angoisse le rejet originel en juin de son dossier.

Le cas Valence 2004


Le choc se produit après le passage en appel le 2 juillet dernier, qui maintient l'avis défavorable. Malgré donc les garanties offertes par Luzenac. Cette fois-ci, l'incompréhension voire la colère dominent, surtout que l'opacité des attendus rend pour le coup presque suspicieux, voire paranos, les dirigeants ariégois, non sans rappeler le cas de Valence en 2004. Il reste un dernier recours d'ordre sportif, le CNOSF, dont la commission de conciliation a déjà permis à Valenciennes d'évoluer l'an prochain en L2, contrairement à ce qu'avait au départ décidé la DNCG. La décision de l'instance « olympique » , guère plus détaillée, douche une fois encore les espoirs de nos adorables petits poucet. Et pour le coup, cela enterre sûrement pour de bon, malgré leur décision de déposer un recours devant le tribunal administratif de Toulouse, leurs rêves de L2. Sur son site, le club s'étrangle d'indignation et entre dans une bataille de comm' : « Contrairement à ce qui est communiqué par la FFF et relayé par tous les médias, le club n'a aucun déficit et présente des comptes équilibrés avec des fonds propres validés par le commissaire aux comptes. Il répond à tous les critères réglementaires imposés par la LFP. »

De fait, en se tenant aux règles strictes de la DNCG, il est très difficile de comprendre les fondements de cet arbitrage. Sauf à considérer que par le passé, la DNCG s'est trouvée confrontée à des clubs qui sombraient économiquement, comme Strasbourg ou Le Mans, souvent sanctionnés par des décisions judiciaires, ou plus récemment la liquidation de la SASP AS Cannes. Le profil de Luzenac laissait-il craindre au « gendarme » du foot français de telles perspectives à plus ou moins long terme ? Dès lors s'agit-il d'une mesure de prévention afin d'éviter un accident industriel ?

Un jugement d'anticipation ?


Bref, le rôle de la DNCG aurait-il finalement glissé insensiblement vers une vocation beaucoup plus importante, à savoir d'assurer la « stabilité » du foot français ? Une telle transformation impliquerait de tenir compte par anticipation de facteurs « potentiellement fragilisants » tel le coût que pourrait peser la location du stade de Toulouse dans les finances du plus petit budget de L2 (2 millions) ; ou la perspective que le club ne dispose pas de l'assise territoriale suffisante (supporters, sponsors, régions ; collectivités, etc) pour se maintenir à un tel niveau.

Dans ce cas, nous serions confrontés à une interprétation très large et étendue de la mission originelle de la DNCG, qui devait surtout s'assurer de la santé des clubs « en vérifiant notamment que les investissements sportifs n'excèdent pas les capacités financières » . Avec la difficulté supplémentaire de savoir comment ce type de soucis peut s'appliquer également à l'élite et aux plus riches, notamment avec la pierre d'achoppement, à l'instar du fair-play financier de l'UEFA, de l'endettement. De toute manière, l'un des enjeux que pose « l'affaire » Luzenac reste bien de mesurer ce qu'il reste de l'aléa sportif dans le fonctionnement du foot pro et quelles sont les personnes ou exigences qui décident d'en borner la place.

Par Nicolas Kssis-Martov
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Auxerre a rejoint l'élite bien avant le foot business et a su se professionnaliser. Guingamp a eu un soutien "présidentiel" avec tout le réseau que cela comporte.

Malheureusement pour Luzenac, ils n'ont pas le même timing, ni le même réseau, malgré Fabien Barthez.
Note : 4
Après lecture de l'article, on pourrait presque être amener à croire que la DNCG veut fermer le monde professionnel aux clubs qui n'ont pas encore ce statut. Une sorte de Système sport US avec les franchises mais à la Sauce française.
La belle histoire de Luzenac ne mérite pas de finir ainsi.
Le club, si petit soit il, a gagné sur le terrain le droit d'évoluer en L2. Toutes les bonnes âmes ont beaucoup travaillé... maintenant la LFP grince des dents pour éviter de faire un championnat à 21 en L2.
Et oui, Châteauroux et le réseau Denisot ont déjà pris la place...
La conclusion est juste, la fonction de la DNCG a evolue sans que cela soit statue. Le cas de Luzenac est quand meme etrange si le club ( que je ne connais pas) est honnete et a de quoi subvenir a ses besoins pour une saison en L2. Donner dans la ligue fermee ca a ses avantages pour former une petite elite competitive d une douzaine de clubs ( pas la place de plus en France) qui trusts stars et victoire continentale, enfin dans l ideal. Bloquer l acces en Ligue 2 me rend sceptique, le purgatoire c est le National et Luzenac a deja montre qu il avait de quoi survivre vu que ca fait plusieurs annees que le club en est. Franchement je ne comprends pas trop pourquoi la direction nationale refuse la montee,meme avec un budget rachitique du moment que c est la ca devrait passer. J imagine que la question du stade est deja budgetisee donc..?

Pour Lens en revanche c est helas compréhensible, Mammadov -d apres ce que j ai lu la sem derniere- n a PAS encore paye pour Sheffield et n a pas les 10 M en cash, juste des garanties de banque douteuse. Du vent quoi, et la oui il faut sévir ( s il est bien necessaire que Lens ait un budget de 38 M pour couvrir les depenses).
Mes potes et moi, on voulait s'inscrire dans un petit club pour monter chez les pros et se faire un max d'oseille grâce à notre talent et notre buvette...
Finie la loi du terrain, place au sport business même pour les petits de ligue 2.

Faudrait que Luzenac fasse une grosse coupe de France pour dire aux bureaucrates qu'ils peuvent aller se faire fout*re ! Ils communiquent avec les résultats sur le terrain, et non par leur banque... Cela serait tellement beau !
Grâce à la DNCG on a tout simplement inventé les ligues "semi-fermées" en Europe.
Finalement ce n'est plus les résultats acquis sur le terrain qui vont décider des montées et descentes des clubs pros mais la DNCG .
Si la DNCG (organe censé être autonome et impartial décide de ne pas faire monter tel ou tel club ou de ne pas faire descendre tel ou tel club, un repechage est rapidement possible en recalant un candicat à la montée sur des critères qui n'appartiennent qu'à la DNCG (qui bien sur n'est pas dirigée comme une marionnette par des individus bien placé dans l'ombre).
Les dirigeants du football français argumentent d'un soucis de gestion alors que le but principal est de preserver leur petit microcosme leur permettant tout un tas de maguouilles.
Et à un échellon supèrieur, il en va de même avec l'UEFA et son fair play financier censé améliorer la gestion des clubs participant aux compétition européenne alors qu'il est mis en place uniquement pour préserver les intérets des grands clubs historiques et de l'UEFA elle même.
C'est une honte! Y'a pas d'autres mots!
Ils ont mérité sur le terrain comme des chiens, ont pu aller au bout et la cette histoire passe complètement au second plan... Vraiment abusé.
TchangPapado Niveau : District
Personne n'en fait référence mais en juillet dernier, Jerome Ducros a été suspendu pour 5 ans de "fonctions officielles-terrain, banc de touche, vestiaires d'arbitres". Certes, c'est une décision du District Haute Garonne Midi Toulousain et je n'ai aucune idée si cela a été confirmé ou non mais cela ne joue-t-il pas également en défaveur du dossier du LAP ??

Il y a bien eu les "épopées" Arles-Avignon ou Croix de Savoie, je vois pas pourquoi la DNCG s'attaquerait gratuitement à Luzenac...
Cette instance donne une impression d'opacité. On ne sait pas quels membres la composent et comment ils sont désignés ou élus. En suivant le lien suivant on peut avoir accès à des relevés de décisions mais ils ne sont pas motivés. http://www.fff.fr/official-report/la-ff … g?mode=pdf De quoi en effet laisser se développer des "théories du complot" visant à empêcher les petits de rivaliser avec les gros.
Mammattela Niveau : DHR
honte a la dncg , le club a montre tout ce qu'on attends : du foot et de la hargne pour prendre a la reguliere leur montee...
Mouais, il est gentil cet article, intéressant, mais la prise de partie est telle qu'il en devient peu crédible.

Et la théorie du complot contre le pauvre petit club ...
Je ne suis pas le seul à penser que les pros forment une secte dont le gâteau ne se partage pas. Plutôt une ligue fermée à l'américaine. C'est ce que vous appelez le « capitalisme spécifique » et que les gens appellent la magouille organisée.

Il suffit seulement de chercher les noms et les différentes casquettes des membres de la LNF et de la Fédé. Vous aurez tout compris. On apprend, au hasard, que le président de Lyon dont les comptes sont dans le rouge depuis quelques années (20 millions d'euros en juin 2013) a une société d'avocats dans laquelle le président de la LNF a travaillé ou y travaille encore.

La mission initiale de la DNCG est de vérifier « les capacités financières des clubs… ». Luzenac a toutes les garanties aujourd'hui, les aura-t-il demain ? il faut consulter Mme soleil, mais il ne faut pas empêcher les joueurs et leurs dirigeants de poursuivre le rêve.
Et voilà la confirmation : Aulas dit que Lens a sa place en L1. Après la volée de bois vert reçue sur le site, son communicant vous demande de supprimer l'article.
C'est fait!
Et pour confirmer mon post voilà que Lens reçoit un avis favoable du CNOFS.
Ce n'est plus une honte, c'est purement scandaleux!
Pourquoi ne pas revenir au système de ma jeunesse:
deux catégories distinctes
- un football professionnel de 40 clubs, deux divisions avec toutes les obligations contractuelles, administratives, financières que l'on voudra, avec une entrée très restrictive par le bas
- un football amateur entièrement sportif (même avec des "primes") avec une élite de 4x20 clubs largement répartis sur le territoire. On verrait renaître des "Berrichones" et autres clubs mythiques.
Non?
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