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Luzenac : mort d'un club

En l'espace de cinq mois, Luzenac est passé du paradis à l'enfer, d'une montée en Ligue 2 à sa chute en DHR où il va repartir avec son équipe réserve. Derrière le feuilleton judiciaire de l'été, il y a l'histoire d'un village, d'un club et de ceux qui l'aiment. L'histoire d'un gâchis.

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S'il fallait être cynique, on pourrait toujours dire que Luzenac a enfin réglé son problème de stade. Plus de problème de vidéo-surveillance, plus de dérogation à quémander, le club va retrouver Paul-Fedou, son terrain coincé entre l'usine de talc en contrebas et la montagne qui fait face à la tribune principale. Luzenac va devenir ce qu'il n'était pas, un club de village avec une équipe première en PHR (l'équivalent de la 7e division). Loin, très loin de ce monde professionnel qui n'a pas voulu de lui. La France qui aime les histoires de petits, de « sans-dents » risque encore de verser quelques larmes sur le sort d'un club dont la bataille contre les instances du football a même piqué la curiosité du New-York Times. Dans cette histoire, impossible de nuancer, d'avancer des insuffisances d'un côté et pointer des raideurs de l'autre. Pour certains, Luzenac était la victime d'un monde professionnel froid, injuste et pas décidé à l'inviter à souper à sa table. Pour d'autres, le LAP payait la suffisance de ses dirigeants et ne récoltait que ce qu'il méritait. Tout le monde donnait son avis sur un dossier que personne ne maîtrisait vraiment. Dans un monde où tout doit se commenter, le sort du petit club de l'Ariège était du pain béni.

Sauf que, dans le fond, qui se souciait vraiment de Luzenac ? Qui connaît l'histoire de ce club ? Dans un souci de storytelling, le LAP restait le club de ce village perdu de 650 habitants dans l'Ariège avec une usine de talc pour la carte postale et quelques supporters grisonnants pour donner de la couleur aux reportages. Luzenac était un nom plus qu'une réalité ariégeoise, celle d'un club délocalisé à Toulouse à l'image de son président, de son centre d'entraînement et de ses joueurs. À Luzenac, on ne souvenait pas avoir souvent vu souvent Fabien Barthez, le voisin de Lavelanet propulsé directeur général. Le village ne voyait pas beaucoup plus son équipe. Une ou deux fois dans la saison pour un match de préparation à Fedou ou le loto de Noël, c'était maigre. Loin des yeux, mais près du cœur.

« Peur de ce saut dans l'inconnu »


En mars dernier, So Foot était allé à la rencontre des dirigeants historiques d'un club qui s'appelait l'US Luzenac jusqu'en 2012 et sa reprise en main totale par Jérôme Ducros, un entrepreneur débarqué en sauveur de Toulouse. Le vice-président, Henri Lacaze, offrait toujours l'écharpe de l'US aux visiteurs à la permanence. «  C'est vrai qu'on a un peu peur de ce saut vers l'inconnu » , avouait-il alors que la Ligue 2 commençait à se profiler. Il y avait de la fierté mêlée à de la crainte. La crainte de se brûler les ailes. Appelez ça du bon sens ou de l'intuition. Ducros, lui, jurait que tout serait prêt en temps et en heure, que la Ligue 2 était une chance, il évoquait un stade de 20 000 places quelque part en Ariège, mais assurait que « Luzenac serait toujours mentionné dans le nom du club  » . Au village, on ne demandait qu'à le croire. Les anciens n'avaient pas oublié la montée refusée en D3 en 1971. Le club était alors contrôlé par l'usine du village et ses dirigeants avaient dit non. Alors, malgré leurs craintes, ils ne voulaient pas que l'histoire se répète.


Cinq mois après, ils ne peuvent que constater le gâchis, « un déshonneur  » même pour Henri Lacaze. Depuis 50 ans, Luzenac n'était jamais descendu plus bas que la DH. Dans un département de rugby, le village incarnait la résistance des « manchots » . Et même quand l'usine a pris ses distances, la commune s'était mobilisée pour « que le club ne tombe pas à un niveau médiocre  » , expliquait Lacaze. En DH, CFA puis National, les adversaires vont défiler à Paul-Fedou et subir la loi des « montagnards » comme la presse régionale les décrit alors. « À Fedou, les supporters étaient à deux mètres des joueurs. Sur les touches, ils pouvaient presque prendre le ballon aux adversaires  » , racontait le secrétaire général Jacques Florence. Aujourd'hui, il ne reste plus que des souvenirs et de la nostalgie chez Jacques, Henri et les autres. Alors bien sûr, ils seront toujours là, même en DHR, pour pousser derrière leur équipe composée essentiellement d'enfants du coin, pour le coup. Il ne peut pas en être autrement. Fabien Barthez aura repris sa carrière de coureur automobile, Frédéric Thiriez continuera de vendre son football professionnel français et de lui trouver des excuses, Châteauroux se maintiendra peut-être en Ligue 2 et tout le monde finira par oublier les responsabilités des uns et des autres, les recours devant le TAS ou le tribunal de Toulouse. Un club est mort et aucun procès ne réparera ça.

Par Alexandre Pedro
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J'ai vu le reportage du CFC dimanche avec Barthez sur le plateau. C'était très intéressant et ça a bien fait comprendre aux gens qu'il y avait eu erreurs du côté de la LFP et du club.
- La LFP a fait une grosse erreur de comm et a manqué de tact en repêchant beaucoup trop tôt Châteauroux.
- Luzenac a pris bien trop à la légère les demandes de la ligue et les obligations à respecter pour devenir un club professionnel, en jouant trop sur le côté petit poucet, club amateur.

La LFP n'a fait qu'appliquer le règlement à la lettre et j'ai bien aimé quand Barthez a dit que la LFP et la DNCG faisaient du bon boulot (car ils permettent d'assurer une bonne santé financière aux clubs français, ce qui fait que nous n'avons pas des montagnes de dettes comme de l'autre côté de la Manche et des Pyrénées) mais qu'ils devraient un peu plus accompagner les petits clubs sans structures, plutôt que de les sanctionner. Et maintenant faire mourir le club en l'envoyant en DH, je trouve ça un peu scandaleux...

Néanmoins, on se demande pourquoi on a pas entendu ça publiquement depuis des mois, mais seulement le 7 septembre, après 4 journées de championnat. C'est très triste surtout pour les joueurs, qui ont obtenu leur montée pour la Ligue 2 sur le terrain.
Bel article, et bien écrit.
Luzenac n'avait pas les moyens apparemment de faire partie de la belle et grande famille football français tant mis en avant par cet abruti de thiriez.
laurentlp Niveau : CFA
Note : 16
C'est pas un gâchis ... C'EST UNE PUTAIN DE HONTE !!!
Bah faudrait surtout que les décisions administratives soient plus rapide parce qu'une décision au 7 juillet aurait permit à Luzenac de jouer le National.
DER Epsilon Niveau : DHR
Ouais, enfin avant d'être médiatisé pour le LAP, Luzenac produit, grâce à la carrière de Trimouns, 8% de la production mondiale de talc. Donc même étant Ariégeois, adversaires (étant en benjamins à l'époque) de l'USL/LAP, puis doux rêveur à espérer son accession en L2, je pense que la commune n'est pas non plus spécialement à plaindre. Même si le sentiments de dégoût des amateurs de foot (et de sport en général) restera dans la région, je pense, assez tenace.
L'ironie dans l'histoire c'est que la DNCG est un organisme qui existe officiellement dans le but d'éviter à chaque club un dépôt de bilan, et donc la mort de celui-ci. En lui refusant une montée qu'il n'assumera pas financièrement, généralement. Et dans ce cas, c'est elle qui a tué le club en lui refusant une montée qu'il pouvait s'offrir.
AirForceOne Niveau : CFA2
Le principal responsable est la ligue sans hésiter. Certes Luzenac a fait des erreurs mais ce qu'il a fallu faire c'était de les accompagner dans ce voyage incroyable qu'est le football pro.

Quand une entreprise souhaite intégrer un marche elle est aidée par les institutions qui régissent ce marche (les artisans sont soutenus par la fede des artisans français)

Et puis je ne trouve pas ça normal que les autres clubs se soient solidarises pour aider Luzenac. Franchement chacun aurait aime être aidé s'ils étaient dans la même situation.

Mais ce qui me désole le plus c'est la différence de traitement entre Lens et le club du divin chauve. Certes c'est un club historique avec sûrement les meilleurs supporters en France mais ils n'ont pas un sou et n'ont pas eu la même sanction que le petit club. Ils sont a la même hauteur que Nantes alors que ces derniers ont des moyens.

Chers lensois Hafiz est comme les anciens proprios de Malaga et de Santander : c'est un escroc. La réincarnation de Kachkar est la mes amis !
ARIEGE TERRE COURAGE!
Planusjambonbeurre Niveau : District
Putain Thiriez il leur a fait "pipi au petit culcul" quand même. Le foot est gangréné à tout les niveaux , ça fait peur ces vieux dinosaures.
Message posté par rokprog
Bah faudrait surtout que les décisions administratives soient plus rapide parce qu'une décision au 7 juillet aurait permit à Luzenac de jouer le National.



Tu peux toujours espérer hein. En France on annule des marchés publics quand la construction du bâtiment est fini alors bon.


N'empêche je trouve très ironique que la FFF, dirigée par père Le Graët, ait signé l'arrêt de mort de Luzenac.
Richard_Gotainer Niveau : DHR
Qu'on arrête avec "ce petit club amateur", pour atteindre et exister à un niveau régional puis national le club de luzénac ainsi que son omnipotent président ont usés de moyens peu reluisants, une concurrence pas toujours loyale. Parlez en aux clubs aux alentours de Luzenac du soi disant amteurisme de ce club ou encore de l'intégrité de mr. Ducros.
laurentlp Niveau : CFA
Note : 6
Message posté par Richard_Gotainer
Qu'on arrête avec "ce petit club amateur", pour atteindre et exister à un niveau régional puis national le club de luzénac ainsi que son omnipotent président ont usés de moyens peu reluisants, une concurrence pas toujours loyale. Parlez en aux clubs aux alentours de Luzenac du soi disant amteurisme de ce club ou encore de l'intégrité de mr. Ducros.


Certes Richard, mais cela ne répond pas à la question suivante : il est à qui hein le Youki ?
Pffff....et les autres présidents de clubs...qui étaient prêts à faire grève il y a un an à cause d'une taxe de 75% et qui se foutent royalement du sort gratuit fait au LAP...il est pas prêt de partir Moustache. On perd des places années après années au niveau européens, alors c'est pas en excluant des divisions des clubs qui les méritent qu'on va remonter. Casse toi Moustache, t'es la honte du foot français....et viens pas nous faire chier à la télé avec ta "fête du foot" et ta coupe foireuse, tocard.
Note : 3
cette histoire me fout beaucoup plus la haine qu'elle ne le devrait.
Les mecs se voyaient déjà dans fifa 15 ils ne seront même pas dans FM...
Message posté par Bulls 23
Les mecs se voyaient déjà dans fifa 15 ils ne seront même pas dans FM...


Ta place est ici : http://www.sofoot.com/top-10-pas-de-pit … 88912.html
abistodenas Niveau : DHR
"injuste et pas décidé à l'invité à souper à sa table"

désolé
abistodenas Niveau : DHR
"injuste et pas décidé à l'invité à souper à sa table"

désolé, c'est moche et en plus ya faute ...allez, un effort et ça se corrige les enfants .
louvressac Niveau : DHR
franchement degueu....against modern football (surtout avec l'autre chien vert)
excellent article en effet qui sait être objectif contrairement à ce que l'on peut lire par ailleurs.
le LAP n'a rien à voir avec ce petit club décrit dans la presse. ce club est devenu depuis de nombreuses années une simple boite à lettre d'une équipe basée sur la région Toulousaine.
le succès sportif reste indiscutable, mais il semble difficile d'accorder un certaine confiance dans ce club qui n'a aucune infrastructure propre que ce soit en terme d'équipement ou de formation.
j'ai souvent comparé le LAP à Icare .... la fin est malheureusement la même
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