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Luxembourg : la nuit des zéros

Le Luxembourg a pris un point historique contre la France. Pour quelques-uns des joueurs, il s’agit d’une petite revanche sur un foot français qui ne leur a jamais fait de cadeaux.

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C’est fini. Les Français ont tiré 849 fois au but contre le Luxembourg, ont possédé le ballon 145% du temps, mais le résultat est là : zéro, zéro. Il est temps de passer à la suite, et contrairement à ce qu’a juré Grégoire Margotton sur TF1, la suite, non, ce n’est pas Esprits criminels. La suite, c’est accepter de regarder cette rencontre dans les yeux et de la laisser parler. Le match nul gratté par les Roud Léiwen à Toulouse dimanche soir en éliminatoires du Mondial 2018 (0-0) n’empêchera probablement pas cette génération de surdoués français d’accomplir leur destin dès l’été prochain en Russie. Les Bleus ont déconné dans le dernier geste, pardonnons-leur, la vie est trop courte pour perdre du temps à dire du mal de gens bien comme Kylian Mbappé ou Thomas Lemar. Alors autant se concentrer sur les héros du jour, les vrais, ceux sur lesquels les personnes aveuglées par la certitude d’avoir assisté à une purge n’ont pas fait l’effort de poser le regard.


En temps normal, un Luxembourg qui aurait tenu tête à la France aurait mérité un concert de louanges. Ce Luxembourg-là, décimé par les blessures, condamné à aligner des éclopés à leur mauvais poste et privé à la dernière minute de son goleador Aurélien Joachim, en mérite des dizaines et des dizaines.

Au coup de sifflet final, il suffisait de voir la gueule de Chris Philipps, incarnation de l’héroïsme grand-ducal, pour comprendre que sa joie, aussi saine soit-elle, enveloppait également une partie d’esprit de revanche. Pour Philipps, le tableau est simple : à 23 ans, il a la légitime impression d’être trimbalé par un FC Metz qui l’a formé, mais où dirigeants, entraîneurs et supporters ne l’ont jamais estimé à sa juste valeur. Si Philippe Hinschberger, dont les troupes accueillent le PSG vendredi, cherche à savoir comment limiter la casse face à une formation qui compte dans son équipe Kurzawa et Mbappé, il peut toujours demander des conseils à Philipps. Ou continuer de le snober s’il trouve ce petit jeu toujours aussi rigolo que celui de croire que Vincent Thill est un adolescent comme les autres.

Gerson Rodrigues, attention talent

La vérité, c’est que le passeport luxembourgeois n’a pas la cote en Europe. À la faveur d’une entrée en jeu folle marquée par un poteau, un hors-jeu inexistant alors qu’il filait défier Lloris et une poignée de fulgurances techniques, Gerson Rodrigues a réussi à mettre ses dreadlocks en lumière. Une question brûle aujourd’hui beaucoup de lèvres : qu’est-ce que ce mec fout en D2 néerlandaise ? Eh bien l’ailier né à Lisbonne vit en fait le pic de sa carrière à 22 ans et, puisque le championnat luxembourgeois était trop petit pour lui, il a décidé d’aller au SC Telstar, le seul club étranger qui a accepté de lui donner sa chance cet été... Une revanche comme une autre pour un type viré du centre de formation du FC Metz à 14 ans et qui a embrayé sur trois années à Dreiborn, centre socio-éducatif plus proche de la prison pour adolescents que de la colonie de vacances. Là-bas, Gerson a appris à fabriquer des chaises en bois, s’est initié à la capoeira et était donc loin de penser qu’un jour, il enrhumerait Laurent Koscielny devant toute la France.


Dans la catégorie des mecs qui vont revenir dans leur club en bombant le torse en début de semaine, il y a aussi Christopher Martins. Arrivé à Lyon à 16 ans, il en a aujourd’hui 20 et continue de prendre son mal en impatience. Aucune apparition sur une feuille de match de Ligue 1, alors que la régularité de ses prestations en sélection nationale et en Youth League valide le fait que ce type a complètement sa place dans l’effectif de l’OL depuis presque deux ans. Hier, le colocataire de Mouctar Diakhaby a regardé Paul Pogba dans les yeux. Il n’est naturellement pas (encore) capable de le faire sur toute une saison, mais difficile d’imaginer qu’il ferait tache dimanche prochain face à Guingamp si Bruno Génésio s’aventurait à le tester face à Étienne Didot, Thibault Giresse et Lucas Deaux...


Laurent Jans, lui, est emprisonné en Belgique, à Beveren, où il a été élu meilleur joueur du club la saison dernière. Meilleur Luxembourgeois depuis trois ans, il devait atterrir à Lens cet été, a déjà été pisté par Reims et Auxerre, mais continue de vivre sa carrière en sous-marin. Dommage, car à 25 ans, quand on est capable de transformer Layvin Kurzawa en Grégory Paisley pendant 90 minutes, c’est qu’on mérite peut-être d’être regardé avec d’autres yeux que ceux du mépris.

1995-2007 : 82 matchs, 0 victoire

Hier, le bonheur du clan luxembourgeois était à la hauteur de l’attente d’un exploit de cette envergure et des progrès effectués ces dernières années. Car oui, depuis que Luc Holtz a repris ce groupe en 2010, le Luxembourg n’est un sujet de moqueries que pour ceux qui ne savent pas qu’une fois sur trois (21 fois en 65 matchs), les Roud Léiwen quittent le terrain avec un succès ou un nul. Il était donc assez reposant de voir ces types s’enlacer, gueuler leur joie en collant leur visage à la caméra et ne rien faire d’autre, surtout pas aller quémander des maillots aux joueurs de l’équipe de France. Bon, Jonathan Joubert a bien négocié celui d’Antoine Griezmann, mais il a le droit. À 37 ans, et alors qu’il est sorti exceptionnellement de sa retraite internationale car les deux gardiens qui lui ont succédé sont blessés, le natif de Metz a enchaîné deux clean sheets face au Bélarus (1-0) et la France (0-0), ce qu’il n’était jamais parvenu à faire durant ses 86 premières sélections... Il ne faut toutefois pas croire que cette statistique est rassurante. La dernière fois que le Luxembourg a enchaîné au moins deux matchs de suite sans prendre de but, c’était en 1995. Et cette série avait été suivie par une autre un peu moins glorieuse : les Luxembourgeois avaient vécu 12 ans et 82 matchs sans la moindre victoire.

Par Matthieu Pécot
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