1. //
  2. // Éliminatoires Euro 2016
  3. // Luxembourg/Espagne

Luxembourg, la fête après les défaites

Portée par une jeunesse insouciante, la sélection luxembourgeoise revit et tentera de le prouver ce soir face à l'Espagne. OK, elle vient de perdre en Macédoine à la 92e minute (3-2). Mais il en faut plus pour atteindre le moral d'un pays qui a tenu tête à l'Italie au printemps dernier.

Modififié
22 3
Ouin ouin, l'Espagne est en crise, elle vient de perdre en Slovaquie. Que les choses soient claires, pour ce qui est des résultats sportifs désastreux, le Luxembourg a mangé son pain noir, se chargeant au passage d'essuyer les assiettes du reste du monde. Il fallait être là entre 1995 et 2007 pour le voir. On parle d'une période où les Roud Léiwen - Lions rouges - ont traversé 82 matchs - dont 73 défaites - sans en gagner un seul. L'arrivée de Luc Holtz à la tête de la sélection depuis 2010 a tout changé. Les résultats et le jeu offensif prôné par le beau gosse de 45 ans disent tout : 5 victoires et 9 nuls, dont quelques-uns de prestige, comme celui ramené de Pérouse (1-1), contre une Squadra Azzurra qui alignait son équipe type pour préparer le Mondial brésilien. Il est écrit que le Luxembourg se prendra encore quelques claques à l'avenir, mais le curseur mérite d'être déplacé sur le fait qu'aujourd'hui, le capitaine Mario Mutsch (Saint-Gall) et ses coéquipiers sont capables, sur 90 minutes, de regarder n'importe quelle nation dans les yeux. Est-il nécessaire de rappeler que le pays compte 550 000 habitants et que fatalement, le vivier est très limité ? Qu'à cela ne tienne, les résultats sont là. Sur les deux dernières années, le Luxembourg a perdu moins de 50% de ses matchs. Il avait chatouillé le Portugal de CR7 en ouverture des éliminatoires du Mondial 2014 (1-2). Depuis, il n'a cessé de progresser.

Christopher Martins (Lyon), le Balotelli luxembourgeois


Qui sont ses piliers ? Aurélien Joachim (28 ans), avant-centre terriblement sous-coté - et forfait contre l'Espagne -, est actuellement leader du championnat de Bulgarie avec le CSKA Sofia. Il fait partie des neuf « pros » du groupe, ceux qui ont eu la chance de grandir à l'étranger. Car naître luxembourgeois, c'est surtout ça : se trouver au carrefour de l'Allemagne, la Belgique et la France et faire face au snobisme et l'incompétence des recruteurs européens. Ce qui explique pourquoi des garçons aussi talentueux que Ben Payal, Stefano Bensi ou Tom Schnell ont bâti leur carrière dans l'amateurisme du championnat local. Mais parfois, le talent est tellement fort qu'il fait sauter les frontières. Où l'on parle du phénomène Christopher Martins. À 17 ans, il est l'un des grands espoirs du centre de formation lyonnais et assurément le joueur le plus monstrueux que le Luxembourg ait enfanté depuis Miralem Pjanić. Comme pour le Bosnien en son temps, il y a eu un malaise au moment du choix de la sélection qu'il allait défendre, au détail près que le cas Martins s'est terminé en happy end. Mars 2013 : à 16 ans, 1 mois et 3 jours, il s'apprête à disputer son premier match avec le Luxembourg, en amical face à l'Azerbaïdjan. Quelques heures avant la rencontre, l'adolescent, dragué soudainement par le Cap-Vert, le pays de ses parents, prend panique et fuit l'hôtel de Lipperscheid. Un an plus tard, le Balotelli luxembourgeois a fait son choix : il ne sera pas un Requin bleu, mais un Roude Léiw. Si Martins joue avec la CFA de Lyon, Chris Philipps (20 ans) prend son mal en patience avec celle du FC Metz. Depuis l'arrivée de Florent Malouda en Moselle, le milieu défensif a disparu des feuilles de match de Ligue 1, mais son éclosion aux yeux du grand public n'est qu'une question de temps. Le milieu de terrain Dwayn Holter (19 ans), pressenti pour se retrouver en face d'Iniesta ce soir, n'est pour l'heure qu'une bombe à retardement que couve Greuther Fürth.

« On n'est pas en sucre, on est des bonshommes !  »


Le nouveau visage du Grand-Duché porte aussi la griffe de Maxime Chanot (24 ans), Français devenu international grâce à une grand-mère luxembourgeoise. Le défenseur central de Courtrai est un des meilleurs à son poste en Belgique et sera facile à identifier ce soir avec son masque de protection. Pas échaudé par la double fracture tibia péroné et la quadruple fracture du visage qu'il a subies en un an, le gaillard n'est pas du genre fragile. « On n'est pas en sucre, on est des bonshommes ! Je n'ai pas les pieds de Cristiano, mais j'ai de la lucidité. Je suis quelqu'un qui va au charbon, voilà pourquoi on m'apprécie » , balance-t-il en guise de présentation. Voilà ce qu'est le Luxembourg, 127e au classement FIFA, en 2014. La balade des U17 face à la Belgique (4-1), en milieu de semaine, a confirmé qu'une génération hyper douée patiente derrière. Un élément de plus qui montre que le Luxembourg aura du mal à battre son record de douze ans sans succès.

Matthieu Pécot
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

j'y suis giresse Niveau : Ligue 1
L'islande, le luxembourg, l'albanie,...
Cet euro 2016 sera un gigantesque guide du routard
Note : 1
J'ai toujours eu de la sympathie pour ces oubliés du foot européen. Et ils ont l'air d'avoir de bons gars qui arrivent, va falloir être sérieux contre le Luxembourg à l'avenir.
Kit Fisteur Niveau : Loisir
Je me souviens encore de ce match ou ils perdent 2-1 contre le Portugal... N'ayant rien à faire, j'avais maté ce match en streaming pour tuer le temps et j'ai vraiment fini sur le cul*... le Luxembourg menait 1-0, a dominé pendant la première demi-heure et le Portugal a égalisé sur un but gag qui était quasiment sa première occasion ! Y a pas à dire, le Luxembourg va devenir le Qatar d'Europe niveau football...
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
22 3