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Lutte pour un football populaire : « On n'a pas envie d'arrêter, bien au contraire… »

À l'occasion du match entre le Red Star et Saint-Étienne mardi, deux arrêtés publiés par les autorités ont empêché la venue de supporters stéphanois au stade Jean-Bouin. Quelques heures avant la rencontre, le tribunal administratif et le Conseil d'État ont, tour à tour, rejeté les recours déposés par certains supporters de l'ASSE. Tom, de l'association stéphanoise « Lutte pour un football populaire » , revient sur ces deux dernières journées et sur la répression subie par les supporters des Verts.

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Tout d'abord, pouvez-vous présenter l'association stéphanoise « Lutte pour un football populaire » ?
L'association « Lutte pour un football populaire » s'est créée en septembre 2013 suite aux nombreuses mesures (fermeture de tribune, restriction du matériel pour les groupes etc.) qui ont été prises à l'encontre des supporters stéphanois par les instances du football au cours de la saison 2012-2013. Elle compte environ 200 adhérents, avec une très grande majorité d'ultras issus du Kop Sud. Son objectif est de défendre les droits des supporters et leurs libertés, qui sont de plus en plus bafoués dans tous les stades de France, en proposant des conseils juridiques ou en contestant des arrêtés préfectoraux qui interdisent nos déplacements. Nous n'avons pas la prétention de représenter toutes les entités stéphanoises, mais nous sommes ouverts. Si on peut apporter notre aide à une cause légitime, on le fait. C'est pour cela que nous avons contesté les arrêtés publiés à l'occasion de la rencontre Red Star-ASSE.

Comment avez-vous appris que ce match de Coupe de France contre le Red Star allait justement faire l'objet d'un arrêté préfectoral et d'un arrêté ministériel ?
On a commencé à en entendre parler via plusieurs sources que nous avons, et notre avocat a pris connaissance de l'arrêté lors de sa publication au Journal officiel.

Vous vous en doutiez ?
On ne pensait pas vraiment que ça allait tomber vu qu'ils avaient décidé de décaler la rencontre dans un stade, selon eux, plus sécurisé… Mais nous nous sommes rappelés du déplacement à Montpellier où l'on nous avait interdit le déplacement, car La Mosson était inondée et que les Montpelliérains jouaient leurs matchs dans un stade de rugby.

Certains d'entre vous avaient-ils déjà préparé leurs déplacements ?
Certains avaient même posé des jours ! Nous avons d'ailleurs présenté les attestations des employeurs de ces personnes devant le Conseil d'État pour prouver qu'il y avait de réels dommages. Des groupes de supporters avaient également réservé des bus pour se rendre à Paris et posé des acomptes.

Qu'avez-vous fait ensuite ?
Avec l'association des Magic Fans, nous avons voulu « tester » la validité de ces arrêtés et des arguments présentés par les autorités. Il n'y avait pas eu un match entre le Red Star et Saint-Étienne depuis 1998 et il n'y a pas de rivalité particulière avec eux. On a donc contacté un de nos avocats, Me Pierre Barthélémy, pour savoir si c'était possible de poser un recours. Il a estimé que c'était possible de le faire, car certains des arguments ne tenaient pas la route. Ils se sont par exemple plantés sur certaines dates, sur certains faits. On prend ces arrêtés comme une atteinte à nos libertés fondamentales et à celles de l'ensemble des supporters français… Mais les délais de recours ont été super courts. Cette décision a été officiellement annoncée la veille du match, et nous ne pouvions évidemment pas la contester avant qu'elle ne soit rendue publique. Nous avons donc dû monter un dossier en un temps record, mais ça n'a pas marché. Ils savent très bien qu'en donnant la décision la veille d'une rencontre, le recours aura forcément lieu le jour du match et qu'il n'y aura donc pas de déplacement des supporters...

À quel moment avez-vous appris que le tribunal administratif, puis le Conseil d'État avaient rejeté vos recours ?
On a appris les décisions presque en direct par les médias ou via des contacts sur place.

Au fond de vous, vous pensiez pouvoir gagner ?
On s'attendait à cette décision, malheureusement. Nous savons très bien, pour l'avoir vu dans beaucoup de cas d'arrêtés, que c'est très dur de gagner face aux préfectures et encore plus face au ministère. On ne part jamais vainqueur dans ce genre de situation.

Ces décisions ne vous donnent pas envie de lâcher l'affaire ?
Cela ne nous donne pas envie d'arrêter, bien au contraire. Car eux n'arrêteront pas. On reste à l’affût, et dès qu'une décision sera estimée illégale, on la contestera. Et si nous, supporters, ne le faisons pas, personne d'autre ne le fera. Bref, ça nous conforte dans nos convictions et on sait que ça paiera un jour ou l'autre…

Avez-vous tenté d'établir un contact avec les autorités ou la direction de l'ASSE pour expliquer votre projet ? Ou avec d'autres associations comme l'ANS et le CNSF ?

Pour l'instant, nous n'avons pas contacté l'AS Saint-Étienne à ce sujet. Nous espérons ouvrir la voie au club pour qu'il comprenne qu'il y a des gens qui bougent pour faire perdurer la ferveur stéphanoise et que c'est aussi à eux de la défendre. Nous sommes également en train d'établir un contact avec un député de la région, qui est d'ailleurs partisan du CNSF, étant donné que la préfecture est assez fermée sur la question des fans de football en ce moment... Concernant les autres associations, nous sommes en relation avec différents groupes de l'Hexagone afin d'échanger des infos sur les différentes mesures répressives dans les différents stades.

Estimez-vous vraiment pouvoir changer quelque chose de cette manière-là ?
Changer les choses, c'est un bien grand mot. Depuis le début des politiques répressives du début des années 2000, les différents groupes luttent pour leurs droits et leurs libertés par différents moyens. Mais aujourd'hui, il faut prendre conscience que nous ne luttons pas à armes égales face à ceux qui tentent d'anéantir toute forme de supporterisme. Cependant, si on parvient à obtenir certaines victoires juridiques, même les moins significatives, ils comprendront peut-être qu'ils ont en face d'eux des gens intelligents, prêts à discuter, pour ouvrir un dialogue et trouver des solutions.

Les supporters ne sont-ils pas fautifs sur certains faits ?
Bien sûr que, parfois, les supporters sont fautifs ! Mais personne n'est parfait. Ces supporters répondent de leur actes devant la justice et peuvent être condamnés. Mais pourquoi un policier qui tire au flashball à hauteur de tête n'est pas fautif, lui ? Quand on interdit une simple banderole ou un déplacement, ce ne sont pas les autorités, qui prétendent être l'essence de la République, qui bafouent des droits fondamentaux ? Alors oui, il y a des fautifs des deux côtés. Mais, généralement, un seul est réprimé.

Êtes-vous soutenus par les différents fans stéphanois ?
Nous n'avons que très peu de résultats à notre actif, l'association est encore peu connue, donc il est difficile de connaître l'opinion de l'ensemble des fans. Puis, nous ne faisons pas cela pour la gloire. Ce qui nous importe, c'est l'intérêt de tous les supporters des Verts, que l'on puisse supporter notre équipe le plus librement possible aux quatre coins de la France.



Propos recueillis par Laura Kotelnikoff et Antoine Aubry
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