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Lukas Podolski, « prince » d'Angleterre

Lukas Podolski est en passe de réussir là où Michael Ballack et Per Mertesacker ont échoué : conquérir l'Angleterre et la Premier League. Pas forcément en jouant son meilleur football, juste en présentant de jolies fiches de stats. Problème : il ne joue plus tant que ça en équipe nationale. En ce sens, il se rapproche plus d'un Dietmar Hamann. Même si, à 27 ans, Prinz Poldi n'a pas dit son dernier mot.

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Cet été, au moment où Lukas Podolski quitte le 1.FC Cologne pour la deuxième fois de sa carrière, beaucoup en Allemagne se demandent si c'est vraiment une bonne idée. La première expérience au Bayern Munich (06-09) s'était soldée par un échec relatif, le natif de Gliwice étant soumis à une trop rude concurrence (Roy Makaay, Claudio Pizarro, Luca Toni, Miro Klose ou Roque Santa Cruz). Las, « Prinz Poldi » était rentré sur ses terres de Rhénanie se refaire une santé. Et puis après quelques saisons avec son « FC » , il avait décidé qu'il était suffisamment mûr pour s'en aller de nouveau. Pas en Allemagne, non : à l'étranger. Inquiétude dans les médias teutons : est-ce qu'un type qui n'a jamais été aussi bon que dans la difficulté peut trouver ses marques dans le championnat le plus relevé d'Europe ? D'autant plus que son anglais est vite fait, et qu'il parle mieux le dialecte kölsch que l'allemand.

Une histoire de statistiques

Même s'il est vrai que Lukas Podolski peut faire le con, il ne faut pas le prendre pour un imbécile fini. Lors de sa première interview en tant que joueur d'Arsenal, il bluffe tout son monde en s'exprimant plus que convenablement dans la langue de Shakespeare. Puis il décide de faire son « deuil » lors d'un match amical avec sa nouvelle équipe dans son ancien appart, le RheinEnergieStadion. Un doublé pour une victoire 4-0 face au 1.FC Cologne, le père est tué, la nouvelle aventure peut commencer.

Après quelques mois, Lukas Podolski livre sa réponse sur le terrain : « Ja. » Pas forcément en étant élu le joueur de la semaine ou même du match, non. Simplement en remplissant les feuilles de statistiques. S'il était l'homme providentiel, le capitaine courage des Geißböcke (les Boucs), chez les Gunners, il n'est qu'un joueur parmi tant d'autres. Difficile à croire, d'autant plus que c'est l'Allemand qui a véritablement lancé la saison des Canonniers. Après deux 0-0 lors des deux premières journées (face à Sunderland et à Stoke), Poldi débloque la situation à lui seul face à Liverpool : un but, une passe décisive, et Arsenal qui repart avec les trois points d'Anfield Road. Arsenal croit tenir le successeur de Van Persie, d'autant plus qu'Olivier Giroud semble s'inspirer de Fernando Torres les premières semaines. Mais au final, non. Poldi n'est pas fait pour ce taf. Alors Arsène Wenger fait exactement l'inverse de ce qu'il avait fait avec Thierry Henry : il délocalise Lukas Podolski et lui donne le flanc gauche. Le bonhomme a l'habitude de courir, de se traîner, de centrer. Du moins, c'est ce qu'il fait en équipe nationale. Mais là, ça ne marche pas. En match, le numéro 9 des Gunners ressemble à un pétard mouillé. Preuve en est qu'il est toujours remplacé. Ceci étant, il a des fulgurances. Comme ce but et ces trois passes décisives face à West Ham (victoire 5-1, et Podolski de devenir le premier joueur de la saison en PL à aligner 3 assists dans le même match), ou encore comme ce coup franc de la victoire dix minutes après son entrée en jeu face à Stoke (1-0). Aujourd'hui, sans vraiment montrer quoi que ce soit, Lukas Podolski pointe à 8 buts (2e meilleur buteur d'Arsenal, à égalité avec Giroud) et 9 passes décisives (tout comme Steven Gerrard et Juan Mata) en Premier League. Costaud, mais une fois de plus, Podolski fait du Podolski...


La culture du paradoxe

Alors qu'il est en train de franchir un cap dans sa carrière, alors qu'il est en train (à sa manière) de faire son trou dans le championnat anglais, Lukas Podolski devrait logiquement être aligné par Joachim Löw, vu que pour une fois (Cologne, c'est vraiment particulier), il est bon en club. Et bien non. Tout simplement parce qu'à son poste (milieu gauche), la concurrence est arrivée. Elle pourrait être Mario Götze ou André Schürrle, mais elle s'appelle surtout Marco Reus. Un bonhomme qui a plus ou moins les mêmes stats (8 goals, 8 assists en 20 matchs de Bundesliga), mais surtout un joueur qui participe au jeu, comme le souhaite le sélectionneur allemand. Lukas Podolski est en train de perdre sa place, il en est conscient, mais il est prêt à tout pour jouer. Même en défense, s'il le faut. Joachim Löw le sait, il l'avait positionné en conséquence lors des entraînements avant le match de qualification pour le Mondial brésilien face à l'Irlande. À 27 ans, Lukas Podolski atteint enfin la maturité. Et du haut de ses 106 sélections (et 44 buts), il se dit qu'il a encore quelque chose à apporter. À sa manière, bien entendu.

par Ali Farhat
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