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Lukas Podolski, joueur de club

Depuis quelques années, Lukas Podolski a décidé de se consacrer à ses différents clubs en même temps que la sélection. C’est mieux de briller plusieurs week-ends de suite qu’une fois par mois (au mieux). Arsène Wenger peut se frotter les mains : il se peut qu’il ait fait une bonne affaire.

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Pendant très longtemps, Lukas Podolski a donné l’impression qu’il était un joueur qui n’avait pas le sens des priorités. Jouer en club, c’est génial, mais jouer en sélection, c’est encore mieux. Alors une fois qu’il a compris qu’on n’avait d’autre choix que lui pour porter le maillot frappé de l’Aigle au poste d’ailier gauche (voire de second attaquant), le prince Poldi s’est laissé aller à une paisible oisiveté. Ou comment devenir l’un des seuls joueurs au monde à s’économiser au maximum en club pour tout donner à l’échelle internationale. Un cas étrange.

Un retour à Cologne bénéfique

Mais toutes les « bonnes » choses ont une fin, bien entendu. Derrière Podolski, un tas de jeunes est arrivé avec l’intention de tout casser en équipe nationale : Götze, Reus, Schürrle… Alors finies les conneries, et back to the basics : départ du Bayern où il faisait de toute façon banquette et retour à la maison, au quartier, au hood, Cologne. Après un exercice 09/10 difficile, Poldi se concentre et reconquiert à nouveau le cœur de ses tous premiers supporters. Il devient même capitaine du « FC » 10/11. Lors de la saison dernière, le coach Ståle Solbakken lui retire le brassard, au grand dam de l’équipe. Néanmoins, Poldi ne dit rien, ravale sa fierté et plante comme jamais : 18 buts en 32 matchs. À 27 ans, il est enfin devenu ce que l’on attendait de lui depuis un moment : un joueur de club.

Forcément, cette métamorphose ne pouvait laisser l’Europe insensible. Pas franchement satisfait du rendement de sa première machine allemande, l’échalas Mertesacker, Arsène Wenger se pointe de nouveau en Germanie et demande à essayer un nouveau produit. On lui donne le droit d’embarquer Poldi contre la coquette somme de 12 millions d’euros. Le prince quitte sa ville avec des trémolos dans la voix, mais promet de revenir bientôt. Il tient parole, et se pointe au RheinEnergieStadion avec ses nouveaux potes londoniens. Poldi « tue le père » en marquant un but sur pénalty, pour une victoire 4-0 d’Arsenal.

Vidéo

La succession de Van Persie

Podolski qui débarque à Londres, c’est ni plus ni moins Van Persie qui s’arrache. Du moins, c’est ce que veulent croire beaucoup. Alors que les deux auraient pu être alignés ensemble (Podolski fournissant du très bon travail sur le côté), voici que l’Allemand pourrait se retrouver seul en pointe, étant donné que le Néerlandais est parti gagner des titres avec United et que Giroud tarde à confirmer sa forme « Ligue 1 » . Si ça continue, Poldi va vraiment devenir l’atout offensif numéro un des Gunners cette saison. Ce qui, quelque part, ne serait pas pour déplaire à Wenger. « Il ne se trouve pas tout le temps devant les cages, mais quand il y est, il est très dangereux. […] C’est un garçon joyeux et qui parle déjà très bien anglais. Ça l’a déjà aidé à s’intégrer dans l’équipe. » Poldi qui manie la langue de Shakespeare, c’est une chose assez incroyable quand on sait les quelques difficultés qu’il a avec celle de Goethe (en plus de son accent colonais incroyable).

En tout cas, ça y est, il s’est décidé, il veut que les gens le voient fort tous les week-ends, et non plus une seule fois par mois. Depuis qu’il a ouvert son compteur buts à Liverpool (où il aurait pu finir homme du match avec un but et une passe dé), le petit Lukas est inarrêtable. Southampton en a fait les frais la semaine dernière, et Montpellier y a goûté en Ligue des champions. Entre-temps, Podolski a joué deux fois quinze minutes avec la Mannschaft : zéro but. C’est bien la preuve qu’il a décidé de s’investir dans son club, non ? Un club avec des supporters qui l’ont déjà adopté (ils lui ont collé la chanson He scores when he wants), un club pour lequel il se ferait bien un nouveau tatouage « d’ici quatre-cinq ans, sur le bras gauche  » . En attendant, il va falloir continuer à fournir des preuves d’amour. Comme face aux « Invincibles » de Manchester City.

Par Ali Farhat
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