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Lukaku, c'est l'histoire d'un tank

Seize ans, un physique singulier et un pays qui n'avait de regard que pour lui. C'était il y a encore quelques années, à Bruxelles. Romelu Lukaku était un génie couvé par tout un club, Anderlecht. Retour sur l'éclosion d'un précoce.

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La prise ne dure qu'une minute. Une minute et une seconde exactement. C'est une sortie scolaire. On y voit les jeunes de l'institut bruxellois Saint-Guidon, un établissement qui prend en charge les sportifs de haut niveau en Belgique, en voyage à Londres. Ce jour-là, ils sont dans le quartier de Fulham, dans les tribunes de Stamford Bridge, le stade des Blues de Chelsea. À l'écran, un gosse de 16 ans, déjà imposant physiquement, semble ému et lâche ces mots : « Quel stade ! Si un jour dans ma vie je devais pleurer, ce serait le jour où je jouerais ici. J'aime Chelsea. » L'un de ses accompagnateurs s'approche de lui, et le rattrape pour continuer la visite. Il lui demande : « Romelu, tu rêves ? » Sous sa casquette, le gamin l'affirme : « Rêver ? Je ne rêve pas. Je jouerai ici un jour. J'en suis sûr. »

L'épisode est un extrait d'un documentaire coupé en plusieurs épisodes autour du destin d'un seul homme. De School Van Lukaku (L'école de Lukaku, ndlr) suit la carrière d'un jeune joueur du mythique club belge Anderlecht. Il s'appelle Romelu Lukaku. « C'est vraiment du pur hasard que ça soit tombé sur Romelu. Sans le savoir, la chaîne avait trouvé le bon client, celui qui allait percer. À l'été 2009, on en avait parlé avec son agent et tout avait été mis en place pour ce suivi quasiment au quotidien. L'idée pour la chaîne était de rendre compte de l'adaptation sport de haut niveau et scolarité, le tout avec une dimension multiculturelle. C'est devenu un phénomène » , se rappelle son entraîneur de l'époque, Ariël Jacobs.

Lukaku, fils de Roger


Il avait six ans. La première licence, à Boom, dans la province d'Anvers. Là où le père, Roger, a lancé sa carrière de footballeur. C'était en 1990. Roger Lukaku réalisera ensuite la quasi-intégralité de sa carrière en Belgique, à l'exception d'une expérience en Turquie. De son côté, Adolphine Lukaku enchaîne les petits boulots. La mère s'occupe de ses deux fils : Romelu, le gamin qui « cassait des poussettes à cause de son physique imposant » , et Jordan, aujourd'hui défenseur au KV Ostende et tout récent international A avec les Diables rouges. En 2010, dans un entretien donné à Agence Sport, Adolphine se souvenait des premiers pas de Romelu dans le football : « Lorsqu'il avait sept ans et qu'il venait de commencer le foot à Boom, mon lion m'avait dit : "Maman, je vais te gâter. Avant mes dix-huit ans, je vais gagner de l'argent." Moi, je voulais simplement le voir jouer en mauve, à Bruxelles. »

Bruxelles, le mauve, c'est Anderlecht. Le club où il arrive chez les jeunes à l'âge de 13 ans, en 2006, en même temps que son frère. Ses parents, eux, viennent de se séparer. Résultat : 131 buts en 93 matchs avec ses potes. « Comme souvent, lorsqu'un joueur fait parler de lui dans les catégories inférieures, on va jeter un coup d'œil, raconte Ariël Jacobs. Très rapidement, il jouait même avec l'équipe réserve plutôt qu'avec les joueurs de son âge. Le problème avec lui, c'est qu'on se posait beaucoup de questions. Il était jeune, grand, costaud, performant, mais est-ce qu'il allait résister à la pression de l'étage supérieur ? On avait peur de le brûler trop vite, et dans le football, le physique ne fait pas tout. » En mai 2009, alors que la réputation du gamin fait déjà le tour des recruteurs européens, Jacobs le fait grimper en première pour les entraînements quotidiens. Romelu a alors 16 ans, l'âge réglementaire pour intégrer un effectif professionnel. Pendant ce temps, son père plonge dans les affaires judiciaires. Celui que les juges belges décrivent comme « un prince » filera même en prison en 2013 pour avoir frappé sa nouvelle compagne et l'avoir enfermée dans le coffre de sa voiture.

La naissance d'Amsterdam


Romelu Lukaku va alors être très protégé. Jacobs le laisse souvent sur le banc, pour « contrôler sa marge de progression » , et essuie même parfois les critiques de la presse et du public bruxellois. Anderlecht le sait, il tient dans ses rangs un génie. Pas forcément le plus beau, ni le plus technique, mais certainement le plus charismatique. Lukaku explose progressivement aux côtés de Boussoufa. Il sera présenté le 24 mai 2009, contre le Standard de Liège. Romelu a alors 16 ans et 11 jours. Jacobs raconte : « Ce soir-là, il avait plus à perdre qu'à gagner. En football, le coach peut être critiqué pour ses choix. Celui d'avoir lancé trop tôt un joueur ou autre. Mais au final, celui qui prend le plus, c'est le joueur lui-même. Moi, la critique, je m'en foutais. Il a eu quelques occasions et j'ai très vite compris que je ne m'étais pas trompé. »


La bascule est faite. Le prodige continue d'aller à l'école et commence à se tailler une place dans l'effectif des grands. Anderlecht décide dans le même temps de lui interdire tout accès à la presse. L'Europe s'intéresse au phénomène, tout va très vite. Trop vite ? Sûrement. Car le 16 décembre, le destin du gosse va basculer lors d'une virée à Amsterdam. Titulaire face à l'Ajax, Lukaku inscrit un doublé et Anderlecht s'impose 3-1. Chelsea débarque, le Real aussi ou encore le Barça. Le gamin d'Anvers devient une attraction européenne. Le Guardian l'affiche dans son classement des révélations de l'année alors qu'il n'a que 16 ans. Il termine la saison meilleur buteur. Il restera une saison supplémentaire à Bruxelles. Avant qu'un rêve frappe à sa porte. Un rêve bleu pour lui aussi.

André Villas-Boas vient alors d'arriver à Chelsea. Lukaku vient de refuser la main tendue par Mourinho à Madrid. C'est l'été 2011 et Anderlecht se bat pour protéger son joueur. Lui, comme son père, veut rester à Bruxelles et finir ses études. Reste que l'homme est faible face à la femme de ses rêves. Celle de Romelu est londonienne. « On a eu beaucoup de discussions. Romelu voulait rester. Sauf que quand Chelsea s'est interessé à lui et a signé le chèque, tout est devenu plus difficile pour nous. C'est son club de cœur, depuis toujours. Il y avait en plus son idole, Didier Drogba. Devant lui, Chelsea comptait aussi dans son effectif Anelka, Torres et Sturridge, que j'avais vu jouer avec les espoirs anglais et qui était, lui aussi, une bombe. Romelu m'a alors dit qu'en tribunes, il allait mourir. Mais il est parti » , se souvient Jacobs. Des valises faites le 18 août 2011. Le phénomène file à l'anglaise, avec ses lacunes techniques et sa puissance physique. Cette première touche de balle singulière qu'il porte comme un boulet aussi. Romelu connaîtra la galère et la renaissance, loin du cœur. Son passage chez les Blues ne sera qu'éphémère. Il ira à West Bromwich d'abord et à Everton aujourd'hui pour exploser complètement. Romelu est devenu Lukaku. Le gamin est devenu un homme.

Par Maxime Brigand
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