Lukaku, buteur du futur

Alors qu'il n'a pas encore 17 ans, l'attaquant d'Anderlecht affole les compteurs et les plus grands clubs européens. Meilleur buteur de la Jupiler League et international A, Romelu Lukaku a tout pour devenir un très, très grand. Plus grand encore que son idole Drogba ? Il a en tout cas des temps de passage largement supérieurs. Explications.

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Souvenez-vous l'excellent “Bienvenue à Gattaca” d'Andrew Niccol. Dans un futur proche où le code génétique prédestine l'avenir de chacun, Jude Law y campe Jérôme Morrow, un jeune surdoué né génétiquement parfait. Seules la malchance et une paraplégie l'empêchent de pouvoir rejoindre l'élite. Romelu Lukaku, c'est un peu Jérôme Morrow sans malchance ni blessure. Un footballeur morphologiquement destiné à réussir. C'est du moins l'avis d'un docteur en sport belge Kris Goossens, qui a récemment déclaré dans le quotidien flamand Het Nieuwsblad : « Si je voulais créer le footballeur idéal sur mon ordinateur, il ressemblerait à Lukaku (...). Il a tout : la force, le physique, l'explosivité, la technique et peu exposé aux blessures. Si Lukaku ne devient pas une star du football, alors personne ne le deviendra ! » .

Le footballeur du futur. L'être parfait. L'élu. Voila ce que serait Romelu Lukaku, amené à rejoindre l'élite du ballon rond, à moins que malchance et blessures ne viennent se mêler d'un destin tout tracé. Une constatation de science-fiction assez flippante mais en vérité tellement évidente. Visez un peu : Lukaku, né à Anvers et fils d'un ancien joueur professionnel zaïrois, c'est 1,92 m, pas loin de 100 kg de muscles saillants et une vitesse foudroyante à même pas 17 ans (il les aura les 13 mai). Sans compter un excellent jeu de tête, une bonne adresse des deux pieds, une maturité tactique et une intelligence de jeu précoces, ainsi qu'une remarquable efficacité devant le but.

Stats effrayantes

Chez les jeunes, ses statistiques étaient déjà effrayantes : 251 buts en 155 matchs, à Lierse puis Anderlecht. En Jupiler League, pour sa toute première saison chez les seniors d'Anderlecht, le jeune Belge a scoré 15 fois (meilleur buteur de la saison régulière, le plus jeune de l'histoire) et délivré 5 passes décisives. Or, sur les 25 rencontres qu'il a disputées, il n'a été titulaire que 16 fois. En ramenant le ratio à son temps de jeu réel, on en arrive à une moyenne d'un but toutes les 80 minutes environ. En début de saison, il ne passait qu'en troisième choix à la pointe de l'attaque aux yeux du coach Ariël Jacobs, derrière Tom De Sutter et Nicolas Frutos. Huit mois plus tard, il est titulaire, De Sutter squatte le banc et Frutos vient d'annoncer sa retraite.

En Europa League, le gamin montre aussi une insolente réussite avec 4 pions inscrits. Et attention, pas contre des amateurs : Bilbao, Ajax, Hambourg. Cette ascension folle a logiquement tapé dans l'œil du sélectionneur national Dick Advocaat, qui l'a directement titularisé pour sa première cape contre la Croatie début mars. Neuf mois après ses débuts pro.

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Une rapide analyse de ses buts démontre qu'il a déjà la panoplie de l'attaquant complet : en force ou d'un subtil plat du pied, essentiellement du gauche mais aussi parfois du droit, sans oublier de la tête (un tiers de ses réalisations), le prodige sait déjà tout faire. Sa spécialité : le ballon en profondeur, qu'il exploite à merveille, giclant telle une fusée pour prendre de vitesse la défense adverse. Son adresse fait le reste. Peu émettent des réserves sur les chances de réussite de ce talent exceptionnel. Seul l'entraîneur néerlandais Aad De Mos a récemment émis quelques doutes, affirmant que le gamin jouait trop sur sa puissance, n'était pas assez collectif et qu'il pouvait mieux exploiter les petits espaces. C'est vrai qu'il a un côté “je bourrine tête baissée”. Reconnaissons que Lukaku a également la double chance d'évoluer dans un championnat de niveau moyen dans une équipe d'Anderlecht en plein renouveau, où une jeune et brillante génération fait le travail collectif pour lui. Le Marocain Mbark Boussoufa bien sûr, meilleur passeur, mais également la révélation Cheikhou Kouyate à la récupération, Jonathan Legear ou encore les deux Argentins Lucas Biglia et Matias Suarez. Au cœur de ce collectif, Lukaku est comme un coq en pâte. Il le sait, son entourage aussi.

15 millions d'euros

Car en plus de ses qualités naturelles, le néo-international a pour lui d'être couvé par son père et par les dirigeants d'Anderlecht, qui s'efforcent de ne pas trop l'exposer. Humilité, respect, travail, le slogan est inlassablement répété lorsqu'il est question du numéro 36. Hors conférences de presse obligatoires, aucune interview n'est accordée aux journalistes pour ne pas le déstabiliser. Les plus grands clubs européens sont pareillement gentiment remerciés. Parmi les prétendants les plus insistants, on parle du Chelsea de son idole Drogba qui avait déjà tenté une approche l'an dernier, du Real, des deux Milan, de MU, de Barcelone, d'Arsenal, d'Everton ou tout dernièrement des Girondins de Bordeaux. Jusqu'à quand Anderlecht pourra-t-il refuser l'incessante drague qui va aller en s'amplifiant ? Un tarif aurait déjà été officieusement fixé : 15 millions d'euros.

Récemment en conférence de presse, la veille de sa première sélection chez les Diables Rouges, Lukaku a fermement insisté sur son désir de rester chez les Mauves jusqu'à la fin de ses études secondaires, au minimum une saison. « C'est sûr à 100 %, a-t-il affirmé. Je veux avoir un diplôme en main au cas où je me blesse. Cela me fait un peu peur » . Peur de finir comme Jérôme Morrow ?

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