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Luismi, la tête dure

Revenu sur les terrains après une fracture du crâne, Luismi a signé un contrat professionnel avec le FC Séville cet été. Une récompense accompagnée du mythique numéro 16 du défunt Antonio Puerta pour celui qui aurait pu perdre la vie sur un terrain de football.

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Cet été, Ramón Rodríguez Verdejo, plus connu sous le surnom de « Monchi » , a fait chauffer son téléphone. Kakuta, Immobile, Llorente, N'Zonzi, Krohn-Delhi, Konoplyanka, Rami et Mariano ont rejoint les rangs du FC Séville. Un mercato de luxe mené d'une main de maître par le directeur sportif des Andalous. Mais dans ce cru 2015-2016 du club espagnol, un jeune du centre de formation a su se faire une place. Luis Miguel Sánchez dit « Luismi » , perle de la cantera, a quitté la filiale du Sévilla Atlético cet été pour signer avec le groupe professionnel entraîné par Unai Emery.

« Quand il ne joue pas, on sent son absence »


Nous sommes le 11 novembre 2012. Le Sévilla Atlético affronte le Real Jaén. L'arbitre est sur le point de siffler la fin de la rencontre lorsque Luismi va au duel face à Nino. Le joueur de Séville reste au sol, et les médecins interviennent rapidement. Le numéro 6 est de suite emmené à l'hôpital. Les résultats du scanner sont inquiétants : fracture de deux os du crâne. Deux heures après son admission à la clinique del Sagrada Corazón, une autre IRM préoccupe les médecins. L'hémorragie interne s'intensifie et met la vie du jeune footballeur de vingt ans à l'époque en danger. Il sera donc opéré le soir même. Un coup dur pour celui qui représente déjà l'avenir des « Nervionenses » . Après cinq mois de récupération qu'il décrit sur le site officiel du club comme « les pires de sa vie » , Luismi rechausse les crampons.

Coordinateur du centre de formation de Séville, Pablo Blanco a recruté Luismi, le natif de Puerto Serrano, dans la province de Cádiz : « Il avait quatorze ans et une condition physique impressionnante. C'était un gamin calme et humble. Sur le terrain, il semblait plus vieux. Ses premières années au club nous ont donné raison. C'est le genre de joueur que tout entraîneur rêve d'avoir » , déclarait-il dans les colonnes d'El Confidencial. Même son de cloche du côté de Diego Martínez, actuel entraîneur du Sévilla Atlético, interrogé par So Foot : « C'est un joueur moderne, très fort dans les duels, et bon récupérateur. Il possède une intelligence tactique qui donne un certain équilibre à l'équipe. » Alors qu'il alternait entre les entraînements avec les jeunes et les professionnels, la blessure freine sa progression. Francisco López Alfaro, légende du club et ancien entraîneur de la réserve, confirme : « Avec Alberto Moreno (aujourd'hui à Liverpool), c'était l'un des joueurs les plus prometteurs. Il était prêt pour intégrer l'équipe professionnelle. Mais cet accident a freiné sa carrière. Mais si l'entraîneur lui fait confiance, il la lui rendra bien. » La confiance justement, Luismi va la trouver avec Diego Martínez, qui souligne la polyvalence du jeune de 23 ans : « Sa position naturelle est celle de milieu de terrain défensif. Un joueur aussi bon derrière qu'au milieu, c'est extrêmement précieux. Sa bonne relance peut aider la défense. Il sait s'adapter, et c'est essentiel aujourd'hui, surtout pour un groupe aussi compétitif que celui de Séville. Quand il ne joue pas, on sent son absence. »

Le mythique numéro 16


Depuis ce duel rugueux, Luismi porte un casque à la Petr Čech. « C'est la seule chose qui a changé chez lui » , ironise Diego Martínez, son mentor. Et d'ajouter : « Il est toujours aussi puissant et courageux dans les duels. Revenir après cet accident l'a rendu plus fort, tant au niveau personnel et mental que sur le terrain. Quand il a repris l'entraînement, les médecins lui ont dit de faire attention à sa tête. Mais il s'en foutait. Il est directement allé au duel. » Une force de caractère qu'il transmet à ses coéquipiers : « David Carmona, latéral droit de l'équipe, avait l'habitude de lui toucher le bras ou la poitrine avant les matchs. Quand je lui ai demandé pourquoi il faisait ce geste, il m'a répondu que Luismi lui transmettait de la force. » L'année passée, il a débuté chez les pros lors de la première journée de la Liga face à Valence (1-1). Cet été, « Monchi » , le directeur sportif affublé du sobriquet « le Messi des bureaux » en Espagne, et Unai Emery ont insisté pour faire parapher un contrat professionnel au milieu de terrain. « Ce ne sera pas facile, mais je promets beaucoup de travail. Je dois rendre la confiance qu'on me donne. C'est la clé pour me faire une place en Primera » , affirmait-il lors de sa signature.

Preuve de l'espoir qu'il génère chez les Sévillans, Luismi a hérité du numéro 16, celui qui appartenait à Antonio Puerta, décédé à la suite d'un arrêt cardiaque il y a huit ans sur le terrain. « Le numéro 16 d'Antonio, c'est spécial. La majorité des joueurs du centre de formation ont connu Antonio Puerta. C'est pour cela qu'il est réservé à un joueur issu de la cantera. C'est un honneur de le porter. Un joueur charismatique doit l'avoir, et c'est le cas de Luismi. C'est une tradition importante pour le club, pour les supporters, et je suis certain que Luismi en est conscient. » Le milieu de terrain confirme : « Je suis très fier de porter ce numéro. Je sais ce qu'il représente pour le sevillismo. » Le joueur que Francisco López Alfaro compare à « Krychowiak, en plus technique » n'a pas été convoqué pour la première journée de championnat. Une décision sans conséquence selon López qui souligne la détermination de Luismi : « Alors qu'on jouait le titre, il a ressenti une douleur à la jambe, et les médecins lui ont conseillé de s'arrêter. Mais il est venu me voir et m'a dit : "Peu importe ce que dit le médecin. Je veux jouer et mourir sur le terrain, mister." » Avec son casque, cette fois-ci.


Par Ruben Curiel
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DoutorSocrates Niveau : CFA
Assez impressionnant ses paroles, son attitude et son choix de numéro. Il donne vraiment l'impression de ne pas craindre la mort.
C'est un très bon jeune joueur mais il n'aura pas beaucoup de temps de jeu. Peut être en début d'année quelques minutes mais quand Pajera reviendra il ne jouera plus (à part s'il y a une blessure). Un prêt serait parfait, comme pour Muñoz
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