Luis Suárez, le joueur qui divise le monde en deux

En ce moment, Luis Suárez plante comme jamais et affole les compteurs. Mais il continue tout autant de faire ce qu'il a toujours fait à côté : provoquer, sourire, courir, insulter, mordre, frapper jusqu'à épuisement. Pour un football qui lui ressemble : sincère, brutal. Et donc clivant.

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Si le sauvetage de Luis Suárez sur sa ligne et avec les mains contre le Ghana revient en première ligne au moment d'évoquer son palmarès pourtant riche de bandit, juste devant ses morsures à l'encontre d'Ivanović et ses provocations à l'encontre de Patrice Évra, c'est parce qu'il a ce soir de juin 2010 divisé le monde en deux. En se sacrifiant pour aller en demi-finale de coupe de monde, il a rappelé que le sport n'avait qu'une réalité duale bête et méchante : certains gagnent, d'autres perdent. En laissant loin derrière toute forme de morale pour atteindre la victoire, il a rappelé à l'inverse que tous les recours étaient bons pour y arriver : la ruse, la triche, la provocation... Souvenons-nous de cette célébration hallucinante devant David Moyes encore à Everton, qui l'avait taxé de simulateur. Et il a rappelé que ces vices peuvent rejoindre la technique individuelle, le sens tactique, le physique, le mental au rang des qualités du footballeur. Il est d'ailleurs aujourd'hui sa version ultime, alliant une technique très latine et les principes élémentaires du combat anglo-saxon, ou l'inverse, une grinta sud-américaine et une science du jeu très européenne. Peu importe. En Uruguay, il avait été adulé pour son coup de génie, il était devenu un héros. Bien loin des envies franco-françaises de rejouer un certain France-Irlande. Son sourire enfantin, un peu fouine, un peu malicieux, content de ses bêtises ramène ainsi le football à sa raison d'exister première : celle d'un jeu, où il faut jouer pour gagner. Point. Et provoque donc une envie de le clamer : Luis Suárez, c'est le football. Le football sans prisme déformant.

Le football sans prisme déformant

Le 22 novembre 2010, lors du choc entre l'Ajax Amsterdam et le PSV Eindhoven, Luis Suárez mord au cou l'ailier marocain du PSV Otman Bakkal. Il est alors surnommé le « cannibale » de l'Ajax par un journaliste du De Telegraaf. Quelques années plus tard, le décor a changé et il remet ça, cette fois avec le bras de Branislav Ivanović. Malgré les excuses, malgré les suspensions à répétition. Preuve qu'il y a chez Luis Suárez quelque chose de terriblement cohérent. Ses dents en avant le rappellent, son football le prouve, un football qui se joue sans compromis : tête baissée, toujours vers l'avant, sans concession aucune. « Luis est imprévisible, il se laisse difficilement influencer mais c'est aussi ce qui le rend attachant, voire spécial » , disait de lui Marco van Basten. Évoluant hors-civilisation, hors-cadre établi et hors influence, Luis Suárez est finalement une version aboutie de ce que le football peut produire de plus brutal. La course aux chiffres, aux récompenses individuelles ? Il laisse ça aux machines à stats : Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, seuls au monde. Les égos trips face aux médias ? Il laisse ça à Zlatan Ibrahimović. L'art pour l'art ? À Robin van Persie. La nonchalance ? A Dimitar Berbatov. Luis Suárez s'est construit hors de tout ce qui construit un attaquant moderne : le rapport à la caméra, les plans de carrière, les plans de communication, le vrai/faux respect des règles, des clubs aussi, aussi grands soit-il (Ajax, Liverpool...) ne sont pas fait pour lui. Car il ne joue pas pour son équipe, ni pour ses supporters, ni pour son club, ni pour plaire, séduire ou se démarquer des autres. Il joue pour marquer, encore et toujours, et pour gagner. Point. Luis Suárez est le dernier footballeur de rue qui n'a cessé d'être ce qu'il a toujours été : un chien fou et incontrôlable aux accents géniaux et jouissifs puisque sans vernis aucun. Luis Suárez est le dernier footballeur à l'état sauvage.

par Antoine Mestres
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jesse pinkman Niveau : Loisir
a part le geste douteux a evra, tout le reste... Joueur génial comme il y en a peu mis a part Zlatan
Luis Bourgoin, je vous aime !
il divise dégun, c'est un attaquant de génie... buteur, passeur, dribbleur tout ce qu'on aime !
Vous auriez pu écrire ça l'été dernier, lorsque la moitié du monde du foot' lui crachait dessus pour son comportement ambigü vis-à-vis de Liverpool (je pars, je pars pas, je pars, je pars pas) et l'autre moitié l'idolâtrait pour son génie et son comportement de zinzin.

Aujourd'hui je pense qu'il met tout le monde d'accord: ce gars est le meilleur 9 du monde, ni plus, ni moins. Ses derniers matchs sont ahurissants...quel monstre...
"CHristiano"... Sérieusement...
Allez un petit AtHletico, non ?
J'ai l'impression que tous les articles d'Antoine Mestre sont riquiquis...quel fainéant celui-là. Bouge toi un peu le cul, merde* !
Excellent billet et pas seulement parce que je suis d'accord.

Suarez est le football. Mieux, il représente ce qui est bon dans le football, simulation et vice inclus. Il joue avec les règles mais il reste toujours dans les règles. Mis à part l'histoire des insultes racistes (je l'excuse pas parce qu'il aurait dû savoir que les mots ont des sens différents selon l'endroit où on les prononce mais c'était quand même pas du pu racisme), il est irréprochable en dehors du terrain, il ne se la ramène pas comme beaucoup.

Bref, il prouve qu'il y a pas besoin de balancer des punchlines, de faire des feux d'artifices dans sa maison ou de baiser partout pour avoir votre fameux "caractère" qui, selon la définition des Messi haters et autres, fait qu'un joueur est plus intéressant qu'un autre. Le gars ne dit rien, il joue au foot, c'est tout.

C'est un putain de joueur, aussi. Mais ça c'est secondaire.
Tu lis l'article tranquille, au bout de 2 minutes :

UNE ENOOOOOOOOOORRRME pub orange de smartphone apparaît. Je m’énerve, la croix pour fermer cette pub n'existe pas, je clic désespérément sur le fond orange en espérant que le fond orange se casse mais noon il est toujours là, je rage, je tape contre mon écran d'ordi, il se fissure et ma main aussi, en me levant les gouttes de sans salopent mon canapé blanc ptain .....

Tout ça pour lire un article sur un gars (au talent de génie certes) aux dents de lapin
nyakichan Niveau : CFA2
Le meilleur 9 du monde, je ne sais pas, mais en tout cas, c'est vraiment pour moi ce qu'un footballeur devrait être : pret à tout pour faire gagner son équipe.
rockin'squat Niveau : DHR
Contradictoire ce joueur , au niveau du comportement sur le terrain j'entends : capable de mauvais gestes , insultes , tricheries d'un côté . Il montre aussi le comportement que se doit d'avoir un footballeur pro : l'envie , le sens du collectif , du sacrifice , la finesse technique , la hargne ...etc Bref pour moi beaucoup plus de qualités que de défauts . Un superbe joueur .

ps : quant à dire qu'il est raciste franchement je n'y crois pas une seconde
Godfather Niveau : CFA
Autant il divisait ya 2 ans de par ses petites tricheries ou ses états d'âme agaçants. Autant depuis pratiquement une année civile complète il est juste Stratosphérique aussi bien en Club qu'en Sélection. Pour le coup, Suarez a réussit l'exploit de mettre dans sa poche quasiment tous les sceptiques, moi compris. CHAPEAU BAS, ÉNORME JOUEUR
Placer Berbatov au milieu de Suarez, Messi, Ronaldo, Ibrahimovic et van Persie, fallait oser.
Mais pourquoi est-ce que vous faites encore référence à cette putain de main pendant la CDM 2010??

Moi si je joue une coupe du monde c'est pour la gagner, OSEF total de la manière!

Et puis dire que Luis Suarez ne joue que pour marquer et pas pour son club je trouve ca très limité comme point de vue!

Quand tu regardes Cavani, Suarez et Forlan à sa belle époque, tu te rends compte que ces joueurs urugayens sont pas là pour faire leurs princesses et qu'ils se défoncent tout le temps! C'est tellement rafraichissant de voir ces gars jouer plutôt que des pleureuses du football actuel!

Longue vie à Suarez et Cavani, qu'ils continuent à nous faire frétiller le zgeg!

Peace
Chuck Maurice Niveau : Loisir
Dans le genre chien fou, Diego Costa est pas dégueulasse non plus, les morsures en moins bien sur.
Le meilleur !! Que ce soit dans le jeu, en terme de provoc ou de connerie, ce mec est un des derniers joueurs frissons. Un mec où quand tu t’apprêtes à le regarder, tu sais qu'il va se passer un truc. Un but, une passe, un dribble, un coup de croc ... bref avec lui ça peux partir dans tout le sens et c'est vraiment un régal ! Et si je regarde du foot anglais aujourd'hui, c'est grâce à lui ...
LaPaillade91 Niveau : Loisir
Papier pas mal écrit. Il manque LA stat : 11 buts sur les 6 derniers matches.

Je l'ai détesté non pas pour sa main, mais parce qu'il s'en est vanté en conf de presse en se présentant comme le sauveur.

Désormais j'ai compris que 1° c'était la seule communication possible et 2° c'est un gage de son tempérament hors normes

Mentalement, c'est un dur, un chien de la casse.

Le football voit naturellement passer des rebelles qui ne respectent pas les règles, sans doute car c'est un sport avec très peu de règles et qui forge un tempérament d'insoumis pour les plus durs. Il fallait un successeur à Robbie Fowler pour le Kop, un fou furieux.
Jamais compris quel était le problème avec sa main en coupe du monde. Il met la main, l'arbitre le voit et siffle penalty. Ensuite, Gyan se chie dessus. C'est le football. Ca aurai été une erreur de Suarez de ne pas mettre la main.
Orso94210 Niveau : CFA
Nan, mais se tromper dans les rôles/postes des joueurs sur le terrain, ou bien se tromper sur le fait qu'ils soient gauchers ou droitiers, passe encore...

Mais le MARCOS VAN BASTEN !!!!! Là, on frôle le blasphématoire...

Ca me rappelle ma prof de français de 3ème : "Mais est-ce que tu te relis au moins ?"
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