Luis Fernandez : « Une revanche pour Lacombe »

Luis Fernandez est à l'image de Paris. Surprenant. Quand on l'appelle pour avoir son avis sur la finale, ses premiers mots sont caustiques “Qui le demande ?”. Luis est comme ça, un brin mégalo mais bourré de souvenirs. Au PSG, Luis pèse trois finales de Coupe de France sur le pré, dont une contre l'ASM. Alors forcément, il a des choses à dire.

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Comment prépare-t-on une finale de Coupe de France au Paris SG ?


C'est toujours un grand moment. C'est une ambiance exceptionnelle. Comme c'est Paris, la pression est plus forte. On n'a pas le droit de se rater. A mon époque, c'était un peu différent. Les finales se jouaient au Parc des Princes. Autant dire à la maison pour le coup. Là avec le Stade de France, ce n'est plus vraiment le cas. Mais c'est quasiment à la maison. L'attente est grande, si le PSG gagne la Coupe, ils auront à moitié sauvé leur saison.

Quels souvenirs gardez-vous de la Coupe ?


Une grande émotion. C'était et c'est toujours une compétition très prisée par les joueurs. Dans les années 80, lorsque l'on bat Sainté, c'est le premier trophée de l'Histoire du Paris Saint-Germain. C'était fantastique. Le président Borelli qui mange l'herbe, les penalties stoppés par Doumé (Baratelli), le but de Touré. C'était un grand moment. Mine de rien, on a réussi à conserver notre trophée la saison d'après contre Nantes. C'était quelque chose. On a commencé à écrire l'histoire du club via cette Coupe. Pour moi, ça reste une compétition majeure. Dommage que le charme se soit un peu envolé. Avant on se laissait pousser la barbe tant qu'on était dans la course. Ça manque aujourd'hui.

Justement, pourquoi le Paris SG entretient-il un rapport si étroit avec la Coupe de France ?


C'est comme ça. Il y a souvent des choses irrationnelles en football, et c'en est une. On était taillés pour la Coupe, les matches couperets. Plus que pour les compétition sur le long terme. Sur les matches à élimination directe, on savait se transcender. Ça nous excitait. C'était une compétition faite pour nous. C'est resté ancré dans le patrimoine génétique du club. Car en 40 ans, c'est 7 Coupes de France, 3 finales perdues. C'est un joli chiffre. Je pense que ça sera toujours ainsi.

Vous souvenez-vous de la finale de 1985 perdue contre Monaco ?


Bien entendu. J'étais le capitaine. En face, je me souviens d'un grand Jean-Luc Ettori et du but de Bernard Genghini dans une finale très fermée. Mais cette année-là on n'était pas très bien. On était à la rue en championnat. On n'avait aucun collectif. A l'image de la finale, hachée, on luttait pour faire trois passes de suite. C'est bizarre, car avec quasiment la même équipe, on est champions de France dix mois plus tard. Comme quoi...

Guy Lacombe sera-t-il revanchard compte tenu de son passé au Paris SG ?


Oh oui ! C'est lui la menace numéro 1. Il va savoir motiver ses troupes, arranger les joueurs. C'est important pour lui de ne surtout pas perdre contre le Paris SG. Son départ, un peu compliqué, avec l'affaire Dhorasso etc, ça l'a contrarié je pense. D'ailleurs, depuis son départ en 2006, il ne perd plus contre le PSG. Et puis il reste surtout sur une défaite en finale de Coupe de France contre Guingamp l'an dernier. Le genre de souvenir qui fait mal, très mal. Il aura à cœur de prendre une double revanche.

En trois jours, le Paris-SG a livré deux prestations très différentes, une plutôt convaincante contre Rennes (1-1) et une autre hideuse à Grenoble (0-4). Que retenir de ces deux matches ?


Le match de Grenoble ne sert à rien. L'équipe alignée comportait des remplaçants. C'était pour faire souffler les cadres. Contre Rennes en revanche, c'était surement le onze de la finale. On peut donc en tirer plus d'enseignements. Notamment sur le duo Hoarau-Erding qui marche de mieux en mieux et sur Edel qui s'affirme petit à petit dans les cages. Tout le monde le voit comme le point faible, mais contre Rennes, je l'ai trouvé très bon. Idem pour le petit Jallet qui devient de plus en plus décisif sur son côté.

Certains joueurs parisiens seront déterminants ?


Claude (Makelele) par son expérience de la Ligue des Champions. C'est quand même sept demi-finales Claude, ce n'est pas rien. Ludo (Giuly) pour les mêmes raisons. Coupet, même s'il est sur le banc, sera très important dans l'approche du match. Et puis il y a Antoine Kombouaré. Il a remporté la Coupe avec Paris en 1993, il connaît les ambiances de finale, c‘est important à ce niveau.

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