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Luis Enrique : les 7 dates d’un échec annoncé

C’est officiel depuis hier : Luis Enrique ne sera plus l’entraîneur de la Roma la saison prochaine. Le coach l’a annoncé à ses joueurs hier, lors de l’entraînement. Retour sur une expérience compliquée et un amour jamais vraiment né.


25 août 2011 : Roma – Slovan Bratislava (1-1)

Fin de l’été. La température est encore chaude, mais les tifosi sont déjà là. Au Stadio Olimpico, 50 000 personnes se pressent pour venir voir la nouvelle Roma de Luis Enrique. L’adversaire ? Le Slovan Bratislava, en tour préliminaire de l’Europa League. A l’aller, les Giallorossi se sont inclinés 1-0. Une erreur de parcours, pense-t-on alors. Quand Perrotta ouvre le score après 11 minutes de jeu, on se dit que la Louve va en passer 4 ou 5 aux pauvres Slovaques. Mais le deuxième but tarde à arriver. Plus le temps passe, plus on se dirige vers la prolongation. Luis Enrique commet alors sa première grosse erreur. A un quart d’heure du terme, il fait sortir Totti, et insère le jeune Okaka. Bronca du public. On ne touche pas au Capitano. Surtout que quelques minutes plus tard, le boomerang revient dans les dents du coach. Bratislava égalise. Dans un silence de cathédrale, la Roma est éliminée de l’Europe avant même d’avoir débuté sa campagne. Pas d’Europe pour Luis. L’équipe pourra au moins se concentrer sur le championnat.


16 octobre 2011 : Lazio – Roma (2-1)

Le début de championnat de la Roma est mi-figue, mi-raisin. Les Giallorossi commencent avec deux victoires, deux nuls et une défaite lors des cinq premières journées. Le derby est l’occasion idéale pour lancer une bonne fois pour toutes la saison, d’autant que la Roma reste sur cinq victoires consécutives lors de la Stracittadina. Tout commence bien, puisqu’elle ouvre le score après seulement 5 minutes de jeu. Osvaldo, le buteur, dégaine d’ailleurs un t-shirt pour chambrer les adversaires. Mais en seconde période, la tendance se renverse. Kjaer se fait expulser, et la Lazio égalise sur pénalty. Luis Enrique voit bien que son équipe, à dix, souffre, mais ne parvient pas à trouver la solution tactique. Tout ce qu’il réussit à faire, c’est de faire reculer son équipe. Reculer, reculer, reculer. Et chuter. A la 93e minute, Klose crucifie les Romains et offre une défaite à Luis Enrique pour son premier derby romain. Dur à avaler.

4 décembre 2011 : Fiorentina – Roma (3-0)

Après la défaite lors du derby, la Roma réussit à enchaîner quelques résultats positifs, notamment des succès contre Palerme, Novara et Lecce. Mais à Florence, la Louve va vivre un véritable cauchemar. En plus d’être écrasée par la Fiorentina (défaite 3-0), la Roma entre dans le Livre des records avec une performance peu enviable. De fait, sur la pelouse de la formation viola, Juan, Gago et Bojan sont exclus. Trois cartons rouges en un match : cela n’était jamais arrivé dans l’histoire du club. Preuve que l’équipe est nerveuse et loin d’être sereine. La défaite fait mal, surtout dans les têtes. Luis Enrique, pour la première fois, avoue en conférence qu’il ne parvient pas à comprendre pourquoi cette équipe est victime de telles absences. Il n’est pas au bout de ses peines.


26 février 2012 : Atalanta – Roma (4-1)

Mais après le revers contre l’équipe florentine, la Roma va connaître sa meilleure période de l’année. Elle enchaîne quatre victoires consécutives en Serie A, et se rapproche de la troisième place qualificative pour la Ligue des Champions. Les médias se mettent même à vanter les mérites du jeu plaisant et offensif inculqué par Luis Enrique. La C1 devient de plus en plus palpable lorsque la Roma étrille l’Inter, 4-0. Ca y est, la Louve est enfin rodée ? Non, pas tout à fait. Après un nouveau succès face à Parme (1-0), elle va littéralement sombrer sur le terrain de l’Atalanta. La défense prend l’eau de toutes parts, encaisse quatre buts, et deux nouveaux joueurs, Cassetti et Osvaldo, sont exclus. Comme trop souvent cette saison. Ce sont les limites du jeu de Luis Enrique : la défense est trop friable et les joueurs manquent cruellement de caractère. Pire : cette défaite intervient sept jours avant le derby, que la Roma va aborder avec sept points de moins que sa cousine.

4 mars 2012 : Roma – Lazio (1-2)

Quatorze ans. Cela faisait quatorze ans que la Roma n’avait pas perdu les deux derbys au cours d’une saison. Il a fallu que cela tombe sur le pauvre Luis Enrique. Au terme d’un match étrange, que la Roma a dû jouer à dix pendant plus de 80 minutes pour l’expulsion de son gardien Stekelenburg, la Lazio triomphe sur le même score qu’au match aller. A la fin de la rencontre, les supporters laziali chantent à la gloire du technicien espagnol. « Luis Enrique l’un des nôtres » , entend-on dans les travées de la Curva Nord en guise de chambrage. Les supporters de la Roma, quant à eux, commencent à perdre patience. Le « projet » , tant promis par l’entraîneur et les dirigeants, tarde. Beaucoup trop. On commence sérieusement à évoquer un départ. Mais Luis Enrique dément. Il veut s’accrocher. Il y croit encore. Il est bien l’un des seuls.


22 avril 2012 : Juventus – Roma (4-0)

Les mauvais résultats des autres concurrents à la troisième place qualificative pour la C1 permettent à la Roma de rester incroyablement dans la course. D’autant que les Giallorossi s’imposent lors de la confrontation directe contre l’Udinese (3-1). Un bon résultat à Turin, contre la Juve, et la « Magica » pourrait réellement prétendre à monter sur le podium. Alors ? Bah, le match va en réalité durer huit minutes. Le temps pour Arturo Vidal de claquer un doublé, et de mettre en évidence, encore une fois, les largesses défensives de la formation rouge et jaune. Au final, la Roma coule, et prend quatre buts pour la quatrième fois de la saison. Cela gronde de plus en plus du côté de Trigoria. Même Totti, le capitaine emblématique de cette équipe, subit des critiques et ne parvient pas à remettre les choses à leur place. Mais encore une fois, Luigi résiste. Il y croit encore. Il est bien l’un des seuls. Le seul ?

5 mai 2012 : Roma – Catania (2-2)

Il faut de drôles d’histoires pour boucler une boucle. Samedi dernier, la Roma reçoit Catane, entraîné par Vincenzo Montella. Montella, ce coach que les dirigeants de la Roma ont souhaité virer en fin de saison dernière, au profit de Luis Enrique. La Louve n’a plus gagné le moindre match depuis le 11 avril. Les tifosi ont désormais presque renoncé à soutenir le coach. Preuve en est cette banderole déployée quelques jours plus tôt aux abords du centre d’entraînement : « Luis, rentre chez toi » . En espagnol, s’il vous plait. La rencontre contre Catane résume en 90 minutes la saison de la Roma. De la malchance, des phases de génie, de la naïveté et des errances défensives. Score final : 2-2, et une Roma mathématiquement éliminée de toute compétition européenne pour la saison prochaine. Un échec pour un club qui a dépensé 73 millions d’euros l’été dernier pour construire une équipe compétitive. Point final. Luis Enrique dit basta. La nouvelle Roma se construira sans lui. Hasta luego, amigo.




Eric Maggiori
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