Luis attaque le banc des Bleus

En annonçant publiquement vouloir désigner le successeur de Domenech avant le début du Mondial, JP Escalettes a ouvert la boîte de Pandore. Et qui vient justement de s'autoproclamer candidat, en challenger du favori Laurent Blanc ? Luis Fernandez. L'homme à la sucette défie l'homme à la touillette. Une annonce qui marque un virage à 180° dans la carrière que veut se construire l'ancien Parisien.

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« Mon projet, je le conçois en termes de jeu et en termes d'images. De par mon expérience, je peux apporter quelque chose à cette Équipe de France » . Et paf ! Voilà que Luis Fernandez balance une petite bombe sur L'Equipe TV. L'ancien coach du PSG a donc décidé de rentrer dans le grand jeu de la succession du bientôt feu (mais pas regretté) Raydbull. D'ailleurs, il y a toujours eu de l'huile sur le feu entre Fernandez et Domenech. Notamment depuis que l'entraîneur des Bleus avait reproché à Luis d'avoir critiqué le talent de Yoann Gourcuff. La réponse de l'ancien milieu récupérateur avait fusé aussi rapidement qu'un coup-franc de Roberto Carlos : « Lui, il n'a encore rien gagné. Il n'a fait qu'une finale de Coupe du Monde alors il faudrait qu'il se calme un peu. Raymond doit accepter que les anciens joueurs, qui ont porté le maillot de l'Equipe de France soixante fois, s'expriment » .

S'exprimer, Luis Fernandez n'a jamais eu peur de le faire. Un peu trop parfois, ce qui lui a certainement valu de se griller auprès de plusieurs dirigeants de clubs. Son émission quotidienne sur RMC fait un carton et sa liberté de ton excite les auditeurs. Ses obligations médiatiques lui ont fermé pas mal de portes, Luis n'acceptant de les arrêter qu'en cas de belles propositions (une formation de L1 ou l'étranger).

Marre d'éteindre les feux

Cette candidature traduit en fait le ras-le-bol qui habite l'ancien gamin des Minguettes. C'est simple : si le costume de pompier fait fantasmer les femmes, Luis Fernandez, lui, n'en peut plus de l'enfiler. On peut découper sa carrière en deux actes. Le premier raconte l'histoire d'un coach qui a pu poser ses valises durablement (PSG, Athletic Bilbao puis PSG). Acte II : depuis son deuxième départ de Paris, Fernandez s'est transformé en super-héros qui a pour super mission de sauver une super mauvaise équipe de la relégation. L'aventure au chevet de l'Espanyol Barcelone lors de la saison 2003-2004 est un succès avec le maintien de la formation catalane en Liga. Les suivantes seront beaucoup plus mitigées : une expérience encourageante au Betis Séville de décembre 2006 à juin 2007 (seule fois de sa carrière où il se fera limoger) et un échec à maintenir Reims en L2 l'an passé. Entre-temps, Luis est parti faire un trip assez glauque au Qatar (Al-Rayyan Club) puis en Israël (Betar Jérusalem).

“Le petit bonhomme”, comme l'avait surnommé Thierry Roland après son tir au but victorieux contre le Brésil en quart de finale du Mundial 86, ne veut plus être enfermé dans ce rôle de pompier de service. Preuve de cet état d'esprit, Fernandez aurait refusé le poste à Saint-Étienne en décembre dernier. Le cinquantenaire ne cesse de répéter que son rêve est de pouvoir construire un effectif et faire ses preuves sur les 38 matches d'une saison. Mais aucun club français ne semble vouloir prendre le risque. Alors Luis se tourne vers les sélections nationales. La piste la plus sérieuse mène au Maroc. Rien ne dit d'ailleurs que sa sortie sur l'Equipe de France n'est pas un moyen de mettre un bon coup de pression sur la fédération marocaine...

Sortir du personnage

Quelle est sa crédibilité ? Luis Fernandez jouit d'une belle cote de popularité auprès du public, un peu partout où il est passé. Côté palmarès, il apparaît également légitime. Il reste tout de même le seul entraîneur français à avoir remporté une Coupe d'Europe avec un club de l'Hexagone (Coupe des Coupes en 1996 avec le PSG). Ce week-end, Eric Abidal a expliqué que Luis sur le banc des Bleus, c'était « une candidature crédible. Comme il le dit lui-même, il a joué avec des grands et il en a entraîné d'autres, dans de grands clubs. Il connaît le football et il a des arguments » . A la FFF, on se la joue sobre, Escalettes ayant juste déclaré attendre sa lettre de candidature.

Mais Fernandez est pris depuis quelques années dans un cercle vicieux. Ses talents d'entraîneur ne sont pas vraiment remis en cause, même si la gestion à l'époque des cas Anelka et Ronaldinho n'a pas été toujours judicieuse. En multipliant les interventions médiatiques, l'animation de show, les critiques construites ou pas, Fernandez s'est créé un personnage. Et il va être très difficile pour lui d'en sortir.

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