Lugano, un rempart à Paris

Après avoir amplement consolidé son milieu et son attaque, le PSG s'assure les services d'un défenseur de rang international : Diego Lugano. Montant du transfert : 3,5 millions d'euros. Le prix d'un mentor pour Mamadou ?

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Et encore un. Alors que l'OM est toujours à la recherche du fameux « grand attaquant » tant désiré, le PSG fignole son arrière-garde. Mais pas de n'importe quelle manière. Le club parisien, dont les arguments financiers sont définitivement illimités, est parvenu à convaincre Diego Lugano, capitaine de l'équipe d'Uruguay. Au nez et à la barbe de la Juventus, qui était sur le coup depuis plusieurs semaines. Oui. C'est désormais une réalité. Paris séduit. Parfois plus que les autres. Leonardo et sa bande avaient placé un premier grand coup avec la venue de Pastore, voilà donc le deuxième coup de fusil dans l'air pour se distinguer. Récent vainqueur de la Copa America, Lugano était convoité de part et d'autre de l'Europe, surtout depuis que son club, Fenerbahce, a été exclu de la Ligue des Champions pour une sombre affaire de matches truqués. La Lazio Rome avait lancé l'offensive, suivie de peu par la Juventus, qui semblait être à un pas de faire signer le joueur. Mais non. Leonardo a débarqué avec ses chars qataris en or. Et face à cela, là où Forlan avait dit non, Lugano a dit oui. Une affaire de Diego.

Quatre râteaux et une grosse pelle

C'est certain : dans un recrutement stellaire réalisé à coups de millions, le seul nom de Milan Bisevac, en défense, faisait un peu tâche. Et les premiers matches officiels de la saison n'ont fait que le confirmer : hormis face aux amateurs de Differdange, le PSG a toujours encaissé au moins un but. Ah, face à Lyon, Marseille et Lille ? Non, non. Contre Lorient, Rennes et Valenciennes. Pas vraiment des cadors, avec tout le respect pour de bons Rennais depuis le début de la saison. Alors, Leonardo réfléchissait à un gros coup. Après l'arrivée de renforts offensifs et d'un gardien, il avait fait d'un défenseur central sa priorité. Luisao avait été évoqué. Pas assez costaud. Et puis l'objectif défenseur est retombé. L'attention globale s'est alors porté sur l'attaquant de poids, à associer à Gameiro.

Mais c'est alors une succession de râteaux. Berbatov. C'est non. Forlan. Non. Milito. Non. Kakà ? Même pas la peine d'y penser. Alors qui ? Bah pourquoi pas un défenseur, finalement ? La nouvelle tombe vendredi matin : Fenerbahce, en plein scandale de corruption, demande à être rétrogradé en deuxième division. Du coup, c'est braderie générale au niveau de ses stars. Leo la fouine en profite et passe un coup de fil au capitaine uruguayen. Son agent confirme. « Il y a de nombreux clubs intéressés par Diego. Nous avons reçu beaucoup d'offres, notamment en Italie et en France » . La France ? Une déclaration codée pour dire que la Juve et le PSG sont les deux clubs à se disputer son poulain. Le jour-même, les Italiens font signer Giaccherini et Estigarribia. Paris en profite et passe en pole pour Lugano. Un pas décisif.

Istanbul-Paris, escale à Buenos Aires

Vendredi soir, la rumeur se propage. Le central de Fenerbahce aurait donné son accord au club parisien. Hier matin, Alex, son coéquipier en Turquie, balance totalement sur son compte Twitter. « Diego Lugano, moi aussi je te souhaite beaucoup de succès au PSG » . Quoi ? Au PSG ? Et le Brésilien d'en remettre une couche. « Ce fut un plaisir de travailler aux côtés de Diego Lugano pendant cinq saisons » . Quelques mots qui font coup double : une info transfert exclusive (volontaire ou non ?) et un gros coup de promo pour le défenseur sud-américain. Car après tout, que sait-on de Diego Lugano ? Qu'il est le capitaine de l'Uruguay. D'accord. Quoi d'autre ? Qu'il joue depuis cinq ans à Fenerbahce, un club qui, depuis son arrivée, n'a dépassé qu'une seule fois (en 2007-08) les phases de poule de la Ligue des Champions. Et avant ? Lugano avait joué pendant trois ans au Brésil, à Sao Paulo, où il avait décroché un titre de champion national et une Copa Libertadores. Bon. C'est bien, mais on est quand même loin du CV d'un Nesta ou d'un Carles Puyol.

Or, s'il n'a jamais véritablement flambé avec ses clubs, Lugano a forgé sa réputation avec l'équipe nationale d'Uruguay. Appelé très tôt en sélection, le natif de Canelones a profité d'une pénurie de défenseurs, à cette époque-là, pour faire son trou et s'imposer comme titulaire. Il a ainsi engrangé les capes, jusqu'à la consécration, lors du Mondial 2010, et surtout lors de la Copa America, remportée en Argentine il y a un peu plus d'un mois. Lugano y soulève le trophée, brassard au bras, et s'attire définitivement les regards de l'Europe. Et du PSG. Hier soir, l'annonce officielle est donnée sur le site de Fenerbahce, puis, ce matin, sur celui du joueur : Diego Lugano est un nouveau joueur du Paris Saint-Germain. 3,5 millions d'euros, presque une bouchée de pain, pour un joueur 100% classe. Il fallait bien ça, pour justifier un statut de favori à la victoire finale en Europa League, attribué au PSG par les bookmakers. Avec cette énième arrivée bling-bling, Paris pisse à nouveau plus loin que les autres, et se pose, encore un peu plus, en candidat pour le titre. En attendant Borriello ?

Eric Maggiori

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Je suis complètement d'accord avec l'article, les 3,5 millions d'euros dépensés sont vraiment "une bouchée de pain" pour Paris, tant mieux sinon on aurait continuer à passer pour des pigeons, une réputation qu'on se traine depuis longtemps (il a pas fallu attendre les qataris pour que Paris paie deux fois plus cher que les autres clubs pour ses recrues).

Il m'avait vraiment impressionné à la coupe du monde et lors de la copa america. Alors effectivement en club c'est moins impressionnant, mais avec la médiatisation qui s'est (encore plus) abattu sur Paris, il va gagner en reconnaissance, je l'espère en tout cas. Et puis les commentaires du club de Fenerbacé sont plutôt de bonnes augures (ils ont remercié Lugano d'avoir mouillé le maillot pendant 5 ans, et ça c'est pas tous les jours qu'un club l'affirme).

Bref à confirmer, mais c'est bon pour tout le monde, sauf pour Camara, encore heureux d'ailleurs. Bisevac, Lugano, Sakho, jpense qu'on peut dire que ça a de la gueule et que ce dernier va encore beaucoup apprendre, notamment niveau tactique, son dernier point faible. Qué bueno !
Reste à savoir comment çà se conctretiserait dans le jeu .
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