Lugano, le Grand Blond avec une chaussure noire

Capitaine de la Celeste, rugueux défenseur, et sex-symbol, Diego Lugano est adulé de la Turquie au Brésil. Parce qu'il le vaut bien.

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Être le successeur de Paolo Montero n'incline pas vers le glamour. Et être la lame la plus tranchante de Fenerbahçe, encore moins. Pourtant, la blondeur de Diego Lugano rend bien tout chose les Uruguayennes. Un groupe facebook à plus de 8000 membres se meurt même de le voir jouer torse nu. Toutes aussi charmées, les Brésiliennes chavirent : au top beaux gosses du Mondial, une télé auriverde l'a classé en troisième position. Costard rayé et Rolex en évidence, Lugano posait début juin en couverture d'une revue de mode avide de surfer sur la vague mondialiste. Marié, trois enfants, poli, éducation reçue dans des établissements privés, et physique avantageux, Lugano figure le parfait gentleman. Tout du moins, avant d'enfiler les crampons.

Car si le capitaine de la Celeste laisse à Diego Perez le rôle caricatural du boucher « garra charrua » , il n'est pas non plus le dernier à montrer les dents quand les esprits s'échauffent. Lors d'un Fenerbahçe/Galatasaray par exemple. Bilan : cinq semaines de suspension pour coup de tête et léger étranglement d'un Ottoman. Le collectionneur de cartons défend dur, sec, surtout il transmet son esprit de lutteur à ses coéquipiers. « Lugano, en plus de ce qu'il apporte comme footballeur, a des qualités de leadership » apprécie Oscar Tabarez, le sélectionneur celeste. Depuis la qualification de l'Uruguay, le capitaine n'a cessé de partager sa conviction de voir la Celeste au plus haut en Afrique du Sud. Sans forfanterie. « Si nous sommes compétitifs à ce niveau, c'est simplement grâce à notre travail sérieux et organisé, explique t-il aujourd'hui, pas parce que nous sommes des superstars, ou que l'on jouit de la meilleure génération des 40 dernières années » .

Il étrangle un Ottoman :





Apôtre du don de soi, Lugano est le symbole de cette Celeste 2010. Pas le plus réputé à son poste, mais idolâtré du Brésil à la Turquie. Un millionnaire qui ne se prend pas pour un autre : « Tout cela est fugace, on sait très bien qu'à 33, 34 ans, on redeviendra de parfaits anonymes » . Sauf s'il devient champion du monde... Un sacre qu'il a déjà connu par ailleurs. C'était avec le Sao Paulo FC, en 2005. L'institution brésilienne avait remporté la Coupe Intercontinentale au nez de Liverpool (1-0). Autant pour les titres conquis que pour sa rage sans faille, Lugano est devenu une figure du club paulista : « Quand on a joué avec l'Uruguay un match à Sao Paulo, la moitié du stade criait mon nom et nous supportait plutôt que le Brésil. Ça a été le match le plus émouvant de ma vie » . A 29 ans, celui qui fut élu meilleur défenseur d'Amérique du Sud en 2005 a déjà programmé de terminer sa carrière dans la mégalopole auriverde, là où il s'est révélé après un début de carrière uruguayenne pas transcendant.

A Fenerbahçe, la Lugano mania n'a rien à envier à la brésilienne, ou à celle qui agite le palpitant des femmes du petit voisin de l'Argentine. Privés de sélection nationale en Afrique du Sud, les supporters des canaris d'Istanbul supportent eux aussi l'Uruguay en hommage à leur lutteur celeste. Mur de la défense turque depuis 2006, le surnommé “Tota” fait aussi valoir son mètre quatre-vingt huit dans la surface adverse : 18 buts en quatre saisons en Turquie. Pour la Celeste, meurtrie par son élimination face à l'Australie en 2006, Diego Lugano a apporté une contribution vitale en barrages, en inscrivant le but de la victoire lors du match aller au Costa-Rica (0-1). Face aux Pays-Bas, le défenseur est incertain. Blessé lors du quart de finale, il avait toutefois insisté comme un chien avant de renoncer. Tabarez n'en a pas fait son capitaine pour rien depuis 2006. Pour le plaisir de ces messieurs... et de ces dames.

Le but face au Costa-Rica





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