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Luccin : « C’était facile pour les gens d’accuser Peter Luccin »

Dix-neuf ans ont passé depuis la demi-finale mélodramatique de Coupe de l’UEFA entre Marseille et Bologne. La moitié d’une vie pour Peter Luccin, désormais aux États-Unis où il coache les U14 du FC Dallas. Jeune joueur talentueux à l'époque, le natif de Marseille est notamment celui par qui la bagarre générale du 20 avril 1999 au Stadio Renato Dall’Ara est arrivée. Apaisé sous le soleil texan, l'ancien Phocéen se souvient de cette épopée vécue aux côtés de Dugarry, Blanc et compagnie.

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En 1999, quand vous battez le Celta de Vigo en quarts de finale (2-1 au Vélodrome, 0-0 à Vigo) et que vous vous qualifiez pour les demi-finales, tu te souviens de l’atmosphère et de l’engouement dans la ville ?
C’était déjà fou avant la qualif' en demies. Il fallait voir comment les supporters nous avaient suivis pour le match retour à Vigo. Ce n’est pas la porte à côté, hein ! Et dans leurs stade, c’était génial. On n’entendait que les supporters marseillais, c’était comme à la maison.

« Je me souviens de la folie dans les années 1990 pendant les aventures européennes. J’imagine que ça doit être pareil. »
Le public vous a aidés à atteindre la finale lors de cette épopée ?
On était porté par cette chaleur, cette vibration marseillaise qu’on pouvait ressentir sur le terrain. C’est sûr ça nous a vachement aidés.

De Dallas, tu penses que c’est comparable avec l’engouement qu’on voit aujourd’hui ? Pour le match contre Salzbourg, on dit qu’on aurait pu remplir deux Vélodrome...
Ouais. Même à des milliers de kilomètres de Marseille, ma famille, mes amis, et surtout mes frères qui sont supporters de l’OM me le décrivent comme un événement qui n’a pas été vécu depuis longtemps. Je me souviens de la folie dans les années 1990 pendant les aventures européennes. J’imagine que ça doit être pareil. Avec un tel public, on se dit juste que ça devrait arriver plus souvent.



Revenons sur la demi-finale retour mélodramatique contre le FC Bologne. À 20 ans, comment abordes-tu cette demi-finale de Coupe d’Europe ?
J'étais très excité. Le match en Italie était tellement intense. On a vécu beaucoup de choses sur le terrain et en dehors. On fait un super match, on prend ce but, mais on a quand même voulu jouer au ballon. On ne s’est pas dit qu'on allait jouer en mode long ballon, non. On a pris des risques, et c’est comme ça qu’on réussit à aller en finale. C’était notre identité durant toute la compétition.

« On avait un groupe exceptionnel. Laurent Blanc, pour qui j’ai un respect particulier, était un leader naturel. »
Quand Laurent Blanc marque son penalty en fin de match, qu’est-ce qui se passe dans les têtes ? C’est l’euphorie, la folie ?
On passe d’une émotion négative à une émotion positive. Une énorme tension. En plus, Laurent Blanc a dû retirer son penalty, sur lequel il a failli glisser d’ailleurs. On a vécu des sensations fortes, mais on est sortis du terrain la tête haute. Personne n’a baissé le pantalon. Je pense que sur la suite de nos carrières, ce match a été très important. Ça montrait qu’on pouvait s’en sortir dans toutes les situations.

C’est ce caractère qui vous emmène en finale ?
Oui. On avait un groupe exceptionnel. Laurent, pour qui j’ai un respect particulier, était un leader naturel, mais un leader silencieux. Par ces gestes, on pouvait tous comprendre ce qu’il allait faire, ce qu’il fallait comprendre. Il n'avait pas besoin de parler pour qu'on sache ce qu’il voulait. Après, il y avait des leaders qui étaient plus dans la parole, comme Patrick Blondeau, Christophe (Dugarry), Cyril Domoraud... Mais Laurent Blanc était vraiment différent.



À la fin de ce match face à Bologne, beaucoup ont dit que c’était toi qui avais provoqué la bagarre générale en faisant des doigts d’honneur aux supporters italiens...
J’ai 39 ans aujourd’hui, j’ai trois enfants, je ne vais pas te mentir. Il faut que les choses soient claires. Moi, quand je sors du terrain, les supporters me font des cris de singes, j’ai 19 ans à cette époque (vingt depuis dix jours, ndlr). Avec mes mains, je fais un signe genre : « Allez, c’est ça, continuez ! » Et là, des joueurs italiens foncent vers moi pour m’agresser. Ils diront plus tard que j’ai fait des gestes obscènes, alors que je n’ai rien fait du tout. Je n'avais peut-être pas à faire ces gestes, mais on est en train de parler de racisme, là. Qu’on ne vienne pas me dire : « Ouais, c’est pas grave, ça se passe tous les jours. » Non, non. Ça ne se passe pas tous les jours. Quand vous êtes un peu plus clair de peau, c’est facile à dire, ça. Dans ma carrière, j’ai fait beaucoup d’erreurs, et ça m’a servi à grandir en tant qu’homme et en tant que joueur. Mais après, il y a des choses qu’on m’a mises sur le dos et que je n’accepte pas.

Vidéo

Christophe Dugarry, qui est le premier de tes coéquipiers à être venu t’aider dans cette bagarre, a déclaré cela l’année dernière : « Je n’ai rien sauvé du tout. On ne va pas défendre une attitude comme celle-là. Il avait fait le con, il aurait pris une raclée, mais ça lui aurait fait du bien. Il était jeune et ça lui aurait remis les idées en place. Moi, j’ai pris six matchs de suspension derrière. » S’il dit ça, c’est que tu as fait quelque chose de pas clair...
Il parle, mais il ne sait pas non plus exactement ce qu’il s’est passé. Il n’a pas vu mes gestes. Il est juste venu après avoir vu qu’un de ses coéquipiers était dans une échauffourée face à trois ou quatre joueurs adverses. Tout le monde l’aurait fait, comme ça se passe ici lors des matchs de NBA. On est une famille, donc il est venu m’aider dans ce contexte-là. Après, je garde beaucoup de respect pour Christophe. Ça a été comme un grand frère à l’époque, il m’a énormément aidé lors de mon début de carrière.

« Le mot traître ne m’a jamais touché. Je le dis maintenant avec beaucoup de recul. »
Pourquoi avais-tu cette mauvaise réputation ?
Je n’ai jamais trop parlé de cette époque-là. Maintenant, la vie a changé. J’étais jeune, je suis beaucoup plus mûr aujourd’hui. C’est comme l’histoire de l’agression de Gallardo (le 7 avril 2000, à la mi-temps d’un match entre l’OM et Monaco, Marcelo Gallardo aurait été agressé dans le tunnel du Vélodrome par Peter Luccin, Ivan de la Peña et Christophe Galtier). Les gens m’ont mis dans cette embrouille, alors que j’étais encore sur le terrain en train de parler avec Philippe Christanval. On savait que Luccin prenait des cartons, que c’était un joueur agressif... C’était devenu tellement facile pour les gens d’accuser Peter Luccin.

Tu es né et tu as grandi à Marseille. Cela t'a blessé qu’on te considère comme un traître après ton départ au PSG en 2000 ?
Les gens emploient ce mot de traître parce que je suis né à Marseille, et que j’ai joué à l’OM, puis à Paris. Mais moi, ça ne m’a jamais touché. Je le dis maintenant avec beaucoup de recul. Quel était mon rêve quand j’ai grandi ? Devenir footballeur professionnel, où que ce soit. Qu'on m’ait traité de « traître » , il n’y a aucun problème. J’aime les supporters marseillais, je continue à dire qu’ils font partie des meilleurs supporters d’Europe et du monde. Et je n’ai pas de problème avec ceux de Paris non plus. Ils m’avaient fait une grande banderole pour mon premier match contre Strasbourg «  Luccin 100% Parisien ? Impossible.  » Et moi, je leur avais répondu : «  Bien sûr que c’est impossible, j’suis marseillais. » (Rires.)



Enfant, tu ne supportais pas l’OM...
Non, je n’étais pas pour l’OM. Jeune, je vivais dans les quartiers nord de Marseille, je n’avais pas moyens d’aller voir les matchs de l’OM à cette époque-là. Et il n’y avait pas cette facilité pour voir autant de matchs à la télé ou sur internet. Finalement, je vivais à Marseille, mais loin de l’OM. Les seuls matchs que je pouvais voir, c’était la Ligue des champions sur TF1 : Manchester United, l'AC Milan, Arsenal...


Mais tu suis l’équipe cette saison ?
Bien sûr. Même des États-Unis.

« Payet est très intelligent. C’est un joueur qui crée des espaces pour les autres même lorsqu'on ne le voit pas. »
Et qu’est-ce que tu penses de cet OM-là ?
C’est une équipe très mature. C’est ce qui peut l’emmener encore plus loin. Les joueurs ont du vécu à chaque ligne, ils ont joué des matchs de Coupe d’Europe, des matchs internationaux.


Tu ressors des joueurs en particulier ?
Payet, déjà. C’est un joueur qui, sur cinq matchs, en fera peut-être trois d’énormes, et deux où il sera plus en dedans. Mais il est très intelligent, c’est un joueur qui crée des espaces pour les autres même lorsqu'on ne le voit pas. Il fait un bien fou à ses coéquipiers. Ensuite, Luiz Gustavo, qui a apporté beaucoup de maturité, beaucoup d’impact au milieu de terrain. Et Rami, qui est un leader, toujours très impliqué en défense.

Tu es le coach des U14 du FC Dallas. Quels sont tes projets pour la suite ? Entraîner en MLS ? En Europe ?
Je suis bien à Dallas, où tout s’est fait naturellement. Le matin, je suis avec les pros dans le staff d’Óscar Pareja (coach de l’équipe première). Et l’après-midi, je m’occupe de mon équipe de U14. C’est un kif, vraiment, que je me fais ici en étant auprès des jeunes. Pour le moment, j’essaie de m’améliorer en tant que coach, je voyage beaucoup, je vais aller voir Diego Simeone (son coéquipier avec les Colchoneros en 2004-2005) à l’Atlético pour continuer à apprendre. Si je dois aller plus haut, ça se fera naturellement.

S'il y a un Marseille-Atlético en finale de la Ligue Europa, tu viens donner le coup d’envoi...
(Rires.) Non, mais je ferai le déplacement. C’est sûr à 100%.



Propos recueillis par Romuald Gadegbeku
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