Lucas Santtana : « La FIFA doit être gérée par d'anciens joueurs »

Supporter de Flamengo, dont il affirme connaître tous les chants de supporters, Lucas Santtana est avant tout brésilien. Alors que débute la Copa América, l'auteur-compositeur nous parle de son amour pour la Seleção, de la défaite du Brésil contre l'Italie en 1982 et de son refus de se rendre dans des stades.

8 4
Quel est ton rapport au foot ?
Le foot n'est pas simplement un sport pour moi, c'est quelque chose qui fait entièrement partie de ma culture. De même pour tous les Brésiliens. On est originaires d'un pays où le sport est profondément connecté à l'histoire de notre société. C'est impossible pour nous de penser au « complexeo de vira-lata » des Brésiliens, pour reprendre le terme inventé par l'écrivain Nelson Rodrigues, sans penser à la défaite contre l'Uruguay au Maracanã en 1950. Pareil pour la glorieuse équipe des années 70, elle est forcément liée historiquement à la dictature militaire. Tu sais, ce n'est pas pour rien si l'Afrique, où les gens ont un rapport au foot assez similaire au nôtre, est derrière nous lorsque nous affrontons une équipe européenne. Ce n'est pas pour rien non plus que nous parlons de jeu à la brésilienne. Il y a une vraie éducation et une vraie culture du football ici.

À quel moment est née ta passion pour le ballon rond ?
À l'école, quand j'étais encore un petit garçon. Tout le monde jouait au foot entre les cours. J'y jouais et, aujourd'hui, mon fils y joue aussi. Et il est hors de question pour les parents de ne pas encourager leurs enfants à le faire parce que le football est très important pour la socialisation de l'enfant au Brésil. Si mon fils arrive dans un endroit où il ne connaît personne, mais où tout le monde joue au foot, il va rapidement s'intégrer.

Il y a des souvenirs qui te restent particulièrement en mémoire ? Bons ou mauvais ?
Qui n'en a pas ? Mon meilleur souvenir n'est pas si vieux, il date de 2002. Voir le Brésil gagner sa cinquième Coupe du monde face à l'Allemagne reste un moment inoubliable. Nous sommes les seuls à détenir un tel palmarès, et c'est assez jouissif. Ça, c'est pour la partie joyeuse, parce que je peux te dire que la défaite 3-2 contre l'Italie en 1982 me reste en travers de la gorge. C'est certainement le jour le plus triste de ma vie. Nous avions la meilleure équipe du monde à cette époque. Et voir cette équipe s'incliner alors que je n'avais que onze ans, alors que je n'étais qu'un gosse rêvant et vivant pour le foot, ça a été très difficile à vivre. J'ai mis plus d'une semaine à m'en remettre.

Tu continues de suivre avec attention les performances du Brésil ?
Je vais te dire : avec des amis, tout aussi fanatiques que moi, on regarde les matchs de Coupe du monde ensemble depuis 1994. On en est six à l'heure actuelle, c'est plutôt pas mal, non ? Le plus beau, c'est qu'entretemps, nos enfants sont nés, ont grandi et vivent désormais cette passion avec nous. J'ai un fils de 12 ans, par exemple, qui ne manquerait un match du Brésil pour rien au monde. Il se joint à nous et discute avec nous. C'est assez impressionnant. C'est comme si on regardait un match de Coupe du monde dans un film de Woody Allen (rires).

Un an après la cruelle défaite face à l'Allemagne, comment juges-tu cette Seleção ?
La sélection est très compétitive. Je pense que la défaite face à l'Allemagne a contribué à l'essor d'une nouvelle génération. On dit que ce qui ne tue pas rend plus fort. C'est un peu notre cas. Nous avons de bons joueurs à chaque poste et nous avons quatre ans pour harmoniser l'effectif, pour offrir un peu d'expérience à tous ces jeunes joueurs. En 2018, c'est certain, nous aurons une équipe très solide.

Et en 2015 ? Tu penses que le Brésil peut remporter la Copa América ?
Bien sûr ! Tout comme l'Argentine, le Chili et la Colombie. Ça risque d'être très serré.

Tu as prévu d'aller au Chili pour voir un match ?
Étant donné que je ne suis même pas allé voir un seul match de la Coupe du monde l'année dernière, il n'y a aucune chance pour que j'aille en voir un au Chili. Je ne donnerai plus mon argent à un système qui ne sert qu'à alimenter la corruption d'entités comme la FIFA. Le jour où la FIFA sera une organisation honnête, je serai honoré de me rendre dans des stades. D'ailleurs, je pense sincèrement qu'une institution telle que la FIFA se doit d'être gérée par des anciens joueurs, par des gens qui comprennent ce qui est le mieux pour les joueurs et les entraîneurs.

Tu es déjà allé dans un stade malgré tout ?
Oui, bien sûr ! J'allais régulièrement voir Flamengo, mon équipe favorite, lorsque j'étais enfant. Je connaissais même tous les chants de supporters. J'ai également emmené régulièrement mon fils voir des matchs. Ce que je voulais dire, c'est que j'ai décidé de ne plus y aller depuis que je soupçonne la FIFA de corrompre le foot. Ce qu'il se passe en ce moment ne fait que m'encourager dans ma démarche.


Propos recueillis par Maxime Delcourt
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Dieu Google vient de me dire qui est ce mec... Je suis peut être une teub en musique brésilienne mais à force de vouloir être trop pointus chez SF, vous en devenez élitistes.
PenoIndirect Niveau : Loisir
SO Futebol

Michel Sardou:"La FFF doit être gérée par d'anciens joueurs.."
Message posté par Sawai
Dieu Google vient de me dire qui est ce mec... Je suis peut être une teub en musique brésilienne mais à force de vouloir être trop pointus chez SF, vous en devenez élitistes.


Oh mon dieu, monsieur a du utiliser Google! ça va aller?
Message posté par Sawai
Dieu Google vient de me dire qui est ce mec... Je suis peut être une teub en musique brésilienne mais à force de vouloir être trop pointus chez SF, vous en devenez élitistes.


ça change de la fouine...ça ouvre l'esprit la découverte
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
8 4