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Lucas Deaux : « Il y a trop de ronds-points à Nantes »

Débardeur noir grande taille, bermuda et sneakers aux pieds. Il est midi à la Jonelière, au centre d’entraînement du FC Nantes, quand Lucas Deaux, milieu de terrain défensif né et formé à Reims, sort de sa douche. Tout propre, et disposé à faire les présentations à quelques jours de la reprise championnat. Une heure de bavardage dans la salle de repos du Harlem Shake nantais, climatisée, autour du bilan de la famille Kita, du prix des places NBA et des nouvelles énergies vertes. Électriques et hydrauliques.

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Alors Lucas, les vacances ont été bonnes ?
Je suis parti aux États-Unis, à Miami, pour la troisième fois d’affilée. J’ai un ami qui habite là-bas et c’est le seul moment de l’année où je peux le voir. Les USA, c’est comme les matchs de NBA… C’est fou, moi j’adore ça.

Tu as été voir un match de Miami en finale NBA cette année, contre les San Antonio Spurs…
Non contre Indiana, en finale de Conférence Est. Chaque année je vais voir un match. La première fois, je suis allé voir jouer Miami contre Dallas. J’étais mal placé, je voyais rien, mais c’était fou. L’ambiance, l’environnement. Ça faisait deux jours que j’étais aux États-Unis. Tout le monde parle anglais, je comprends rien. Ça va vite, c’est speed. Tous les hamburgers, les taxis, les machins… Ce qu’on voit à la télé quoi. Je ne me suis jamais pris pour un Américain, mais j’ai toujours apprécié cette culture outre-Atlantique. Ce style de vie, où l’on récompense ceux qui travaillent. Après, cette année, les places étaient un peu chères pour les finales…

Combien ?
Ça dépend, hein. Les places les moins chères où tu ne vois rien, c’est 200 euros. Les places tout en bas, au bord du terrain, c’est facile 40 000 dollars je crois. Il me semble, hein. Mais une bonne place, bien placée, c’est 1500 ! Ça commençait à faire cher, déjà que j’ai le billet à payer et tout… Mais j’ai quand même mis mon réveil en pleine nuit pour regarder ces finales. En streaming, sur mon ordinateur.

Le 10 août prochain, tu seras suspendu face à Bastia suite à cette « fameuse » expulsion survenue lors du match décisif contre Sedan, en fin de saison dernière, pour un mini coup de tête à la troisième minute de jeu. Après coup, Michel Der Zakarian a dit qu’il t’avait déjà senti « très énervé et surexcité » durant la semaine d’entraînement…
(Sourire) Ouais, un peu. Trop. On savait qu’en cas de résultat positif, on accéderait à la Ligue 1. Moi, en plus, la saison précédente, j’avais déjà vécu le marathon de la montée avec Reims : je ne suis pas gardé par mon club de cœur, je n’ai pas la récompense. Là je vis un autre marathon, où je m’affirme comme joueur de Ligue 2, avec un club mythique comme le FC Nantes. Fabuleux quoi ! Dernière semaine, je me dis : « On les éclate et on y est » . J’en pouvais plus. Puis moi, Sedan, je ne les aime pas. Chez nous à Reims, c’est le derby.

Après ton expulsion, en tribunes, on te voit en larmes durant tout le match…
C’est flou. Je ne me souviens pas de tout non plus. Il y a plein de choses qui se sont passées en même-temps. Le fait de se dire que j’étais énervé. J’ai fait le con. Je n’ai pas à faire ça. Je mets l’équipe dans la merde. En même-temps, je me dis que c’est injuste. Je me dis que mon père est là, lui qui venait pour la première fois me voir jouer à Nantes, lui qui me voit sortir au bout de trois minutes. En même temps, il vient me réconforter après le match, alors qu’on a une relation très pudique avec mon père. Il y a un mélange de sentiments, d’émotions et de sensations… C’est très difficile à expliquer. Mais c’est fabuleux.

Durant ta carrière, tu n’as connu que la Ligue 2 ou le National. Appréhendes-tu ton baptême de l’élite cette année ?
Non pas du tout. Moi je suis un joueur formaté pour la Ligue 2. C'est-à-dire pour aller au charbon. Mais j’ai envie d’être jugé. D’être jugé par rapport aux autres, pour pouvoir se dire : « Voilà, est-ce que je suis vraiment bon ? Est-ce que je mérite d’être là ? » La saison le dira. Moi je suis confiant. Pas trop, il faut rester humble. Mais on m’aurait dit tout petit : « Lucas, tu vas jouer un match contre le PSG, Marseille ou Lyon » , le mec je l’aurais insulté.

C’est-à-dire ?
C’est bizarre à expliquer, mais le football n’a jamais été mon objectif suprême. Je ne me suis jamais dit : « Il le faut absolument » . J’aurais très bien pu faire autre chose. Dans les études, je n’étais pas trop mauvais. J’ai eu mon bac scientifique, sans mention, hein. Mais j’aurais bien aimé faire ostéopathe.

Ostéopathe, vraiment ?
Quand je suis arrivé dans le monde du football professionnel, j’ai eu une pubalgie de huit mois. Je suis donc allé voir le docteur Philippe Boixel (ancien ostéopathe de l’équipe de France et de Zinedine Zidane, entre autres, ndlr), qui est assez connu dans le métier, et en deux/trois mouvements, une semaine après, je rejouais au foot ! Là je me suis dit : « Le mec, il est trop fort » . Alors pourquoi ne pas faire ça. Donc durant mes deux premières années pros, j’ai continué à aller en fac de sport, car trois ans de STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives, ndlr) équivalent à une année de médecine. Et ça me permettait donc de rentrer en école de Kinésithérapie. Tout simplement.

« Un jour, un mec m’avait envoyé un message sur Facebook car il voulait mes chaussettes d’après-match. Pour les sniffer ! »

Avec le football de haut niveau, c’est à contrecœur que tu as arrêté les études ?
De toute façon, je vais certainement reprendre. J’ai vu avec notre syndicat, l’UNFP, et je vais essayer de faire un truc dans les nouvelles énergies par correspondance, dans l’hydraulique ou l’électrique. Pourquoi cette branche ? Pour déjà voir si ça me plaît. Ce sont des métiers d’avenir, sachant qu’il y a de moins en moins de pétrole sur la planète. Si ça me plaît, j’approfondirai encore plus dans cette discipline, histoire de me spécialiser. Et pourquoi pas avoir une Licence. Ou plus.

Cette démarche, c’est juste pour le plaisir d’étudier ou tu penses déjà à ta reconversion ?
Les deux. Après ma carrière, je ne me vois pas dans le football. La mentalité ne me plaît pas. Être footballeur, c’est cool. J’apprécie, c’est fabuleux, il n’y a pas de problème. Mais les gens qui gravitent autour, ceux qui bouffent à tous les râteliers, pour résumer, ce n’est pas ma tasse de thé. Je sais que je suis obligé de composer avec eux au quotidien. Ceux à qui ça ne me plaît pas de parler, je le fais par courtoisie. Cela fait partie du métier…

Aujourd’hui à Nantes, tu as l’image du chambreur, du boute-en-train de l’effectif. Michel Der Zakarian dit même que tu es « jobard » . C’était déjà le cas durant ta jeunesse ?
C’est simple, à l’école, j’étais celui qui travaillait mais qui foutait le bordel. Puis je bavardais tout le temps. Tout le temps, tout le temps, tout le temps… Je me souviens, c’était l’époque des sarbacanes avec les stylos et les effaceurs. Un jour, j’en avais envoyé une sur le prof qui a ensuite suspendu le cours pendant deux heures. Il pensait que c’était quelqu’un d’autre, alors avant qu’il le punisse, je me suis dénoncé. En gros, j’étais celui qui faisait les conneries, mais qui était assez malin pour ne jamais se faire choper.

C’était de plus de l’insolence que des grosses conneries finalement ?
Ouais, j’aime toujours pousser les gens à bout, mais sans jamais dépasser la limite. Ma copine, plusieurs fois je l’ennuie, je l’emmerde même, juste pour… Ça me procure du plaisir de faire chier les gens, en fait. Ils font un peu la gueule, mais après ça repart.

C’est cette forme d’humour et d’authenticité que les supporters nantais apprécient chez toi. Etre aimer par l’extérieur, c’est important pout toi ?
(Il hésite) Ouais c’est important. Le mec qui te dit : « Je m’en fous des autres » , c’est un menteur. Je l’ai déjà dit moi plusieurs fois, surtout quand les mecs commençaient à me tailler, mais finalement on est obligé de prendre la mouche. Il ne faut pas mettre tout le monde dans le mec sac, mais en plus le mec ne viendra jamais te voir et te dire en face : « T’es un enculé » . Il se cache toujours derrière un truc : la foule, des potes ou les réseaux sociaux. Moi à l’époque sur les réseaux sociaux, quand j’étais à Reims, il y en avait des tas. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai arrêté Facebook…

Par contre Twitter, tu aimes bien ça ?
Twitter, ce n’est même pas une raison personnelle. On en parlait tout à l’heure dans le vestiaire, je pense que les supporters ont besoin d’avoir une certaine proximité avec les joueurs, c’est important pour eux. Et c’est important pour nous d’avoir des supporters. Au début de l’été d’ailleurs, on a mal interprété mes propos dans une interview où je disais : « Avec la Ligue 1, on ne va plus se taper Istres ou Laval » . En fin de compte, je ne manque de respect à personne. Tous les joueurs le pensent ! Aller jouer à Istres devant 100 spectateurs, bah moi ça me fait chier quoi. Aller jouer à Laval devant 5 000 spectateurs dans un stade en ferraille, c’est pas excitant. Mais moi je l’ai fait, hein. J’ai été joué à Moulin, à Luzenac, à Plabennec, mais pour aucun joueur c’est excitant. C’est d’ailleurs le charme de la coupe de France. Parce que les mecs se transcendent. Parfois il y a 30 000 spectateurs, c’est incroyable ! C’est pour ça que l’on a envie de jouer. C’est l’essence même du truc.

Quelle est la rencontre de fan la plus bizarre que tu aies déjà vécue ?
Un message. Quand je débutais en pro avec Reims, un mec m’avait envoyé un mail sur Facebook car il voulait mes chaussettes d’après-match. Pour les sniffer ! Il me l’a dit textuellement. Je lui ai répondu : « Ça va arrête des blagues » . Je prenais à la rigolade au début. Bah non, il m’a dit : « Je suis sérieux mec, c’est mon kiff » . J’étais jeune, cela m’avait fait un peu peur.

Peur ?
En fait je n’ai jamais bien compris ce culte de la personnalité. Etre fan, presque à genou devant quelqu’un… Surtout à notre petit niveau, j’en vois parfois qui tremblent en prenant une photo. J’en ai déjà vus pleurer. Ça me met plus mal à l’aise qu’autre chose. Je trouve ça disproportionné mais je respecte, hein. Alors en échange, pour qu’il y ait une forme de retour, j’essaie de créer une proximité avec les supporters. Je ne joue pas un rôle pour qu’ils m’apprécient. J’essaie d’être naturel.


« Julien Féret et Cédric Fauré ? Je les cisaillais à chaque entraînement  »

Tu sais qu’il tourne sur internet une vidéo d’une de tes conférences de presse, avec Reims, lors de la deuxième journée de National, en août 2009. Images sur lesquelles justement tu flingues à vue certains supporters insultants, mais aussi tes dirigeants, les joueurs cadres du groupe… C’est rare de voir un tel lâcher prise. Que s’était-il passé ?
Tous mes potes m’en parlent en rigolant. Tu sais dans ma vie, cette descente en National avec Reims, ce fut mon premier échec. Je ne dis pas que je suis un génie, loin de là, mais tout ce que j’avais entrepris, je l’avais réussi : j’ai eu mon bac, mon permis de conduire du premier coup. Mes études, j’ai réussi. Le foot ? J’ai été professionnel à 17 ans. J’avais eu beaucoup de chance jusqu’ici. Alors là, en plus, on se fait taper deux fois lors des deux premières journées. Il fallait que je le dise. J’assume. Au final, après on n’a plus perdu et on est monté. Je n’ai pas fait ça pour me faire remarquer. On peut penser que c’est l’inverse, mais c’était plus pour me protéger.

Sinon maintenant Nantes, la ville, tu t’y plais bien ?
Trop de ronds-points. Moi au volant, je suis un peu nerveux et ici, les gens sont mous, mais mous je n’avais jamais vu ça. Il y a trop de circulation. Et trop de travaux. Enlève tout ça, et la ville serait magnifique !

Côté terrain, assumes-tu que le FC Nantes soit aujourd’hui une équipe très défensive, de contre, loin du « jeu à la nantaise » d’antan ?
Ouais. (Il marque un silence) L’important c’est de gagner, non ? Comme le coach l’a dit : « Si je suis étiqueté pour être un entraîneur défensif, j’en ai rien à foutre » . On joue sur nos qualités. Le jeu à la nantaise ? Oui, on nous en parle, on nous en parle… Mais il faut savoir évoluer. Il faut faire la distinction entre les époques. Sinon, donnez nous les joueurs du Barça et on le refera, hein.

Comment trouves-tu les jeunes du centre de formation qui ont intégré le groupe professionnel cet été ?
Il y a de très bons joueurs, vraiment. Après le problème de la génération actuelle, c’est qu’il y a un environnement autour – celui que je n’aime pas – qui fait que ces jeunes se montent la tête pour rien. Avant, c’était une récompense, un sésame de passer pro. Maintenant, c’est limite un dû. C’est normal, voilà. Je ne parle pas forcément pour les jeunes d’ici, mais en général, ils ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont. Moi quand je suis arrivé en pro, j’avais la dalle. Je jouais avec Julien Féret et Cédric Fauré, une bonne doublette, et le coach devait me calmer à l’entraînement.

Pourquoi ?
Je les cisaillais à chaque opposition. Jusqu’à ce que le coach vienne me voir et me dise : « Faut que tu te calmes Lucas, ce sont des joueurs que j’utilise le week-end » .

Enfin, quel regard portes-tu sur le bilan, souvent décrié, de la famille Kita au club ?
Deux choses. On peut leur en vouloir, mais comment leur en vouloir ? Ils sont arrivés dans le monde du football, ils ne connaissaient pas bien. Ils ont appris. Je veux dire, le mec (Waldemar Kita, ndlr) a le droit de faire des erreurs à partir du moment où il met je ne sais pas combien de sa fortune personnelle pour les réparer, hein. Après ça ne plaît pas aux supporters, à plein de gens, mais de là à l’insulter. C’est facile. C’est facile de lâcher un « Kita enculé » , surtout quand on n’est pas à la place de ceux qui prennent les décisions. C’est une lutte de pouvoir. Puis à partir du moment où il est question d’argent, il y a toujours des problèmes.

Ces « problèmes et ces luttes de pouvoir » ne t’ont-elles pas effrayées avant de signer ici ?
Non pas du tout, je m’en foutais. Quand j’ai vu qu’un club de prestige comme le FC Nantes me voulait, j’ai même pas chercher à discuter, à parler chiffres ou quoi. Je me suis assis autour de la table, et j’ai dit : « Je signe où ? » .

Propos recueillis par Victor Le Grand, à la Jonelière
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