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Lucarelli : « L’Italie est traditionnellement de droite »

Buteur redoutable et communiste convaincu, l’ancien attaquant italien s’est lancé dans une carrière d’entraîneur depuis quelques années. Il vient de maintenir Messina en Lega Pro dans des conditions difficiles.

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Le 17 février dernier, vous et vos joueurs êtes allés protester auprès de vos anciens propriétaires, pour quelle raison ?
Ils ne comprennent que les manières fortes. On n’avait pas de terrains sur lesquels s’entraîner, on n’avait pas d’eau chaude dans les douches, on n’avait pas d’argent pour organiser les déplacements, les joueurs ne touchaient pas leur salaire depuis des mois. Il manquait de tout alors que des négociations pour vendre le club traînaient. Le 17 février, c’était la date limite pour verser les salaires de novembre/décembre, sinon on écopait encore de points de pénalité, nos sacrifices n’étaient même pas récompensés. Du coup, on est allé protester et quelques jours plus tard, le club a été vendu.

Ça vous a rappelé ce qu’a connu votre frère Alessandro il y a deux ans à Parme ?
Oui, mais Parme était en Serie A et percevait quand même l’argent des droits TV afin de pouvoir conclure le championnat. En Serie C, il n’y a rien de tout ça. Avec quatre points de pénalité et les meilleurs joueurs qui sont partis en janvier, notre maintien a été miraculeux.

Votre situation rappelait celle de Gattuso à Pise l’année passée.
C’était la même chose, heureusement, le fait d’avoir une grande carrière de joueur derrière nous permet de donner de la visibilité à ces situations, c’est au moins ça de pris.


Le foot de Lega Pro n’est-il finalement pas le vrai football ?
Clairement, en Italie les gens se trompent souvent quand ils pensent aux footballeurs roulant en Ferrari et sortant avec des mannequins, car la majorité touche un salaire normal, 1300/1400 € par mois, et encore ils ne sont pas toujours payés à l’heure. On a fait des déplacements où on s’arrêtait à des aires de repos et les joueurs ne pouvaient même pas descendre du bus boire un café...

Dans ce contexte-là, vous n’étiez pas seulement qu’un entraîneur ?
Vous devez tout incarner, la figure du père, du frère, du psychologue, du président. Les joueurs n’ont probablement confiance qu’en vous, car ils voient que vous êtes la seule personne sérieuse. Ils s’accrochent à vous, exécuter sa fonction d’entraîneur est alors le dernier de vos soucis.


En vous connaissant, vous étiez tout de même comme un poisson dans l’eau ?
Ah ça, la confusion, les problématiques de ce genre, c’est mon habitat naturel !

Vous aimez être associé à l’idée d’un football ouvrier, fait de bric et de broc ?
L’humilité est à la base de ma façon d’être et de vivre, ça ne me dérange pas. Néanmoins, il ne faut pas non plus que ce soit trop réducteur, car avoir trouvé l’envie de les entraîner, de croire au maintien, de les maintenir unis, montre que j’ai été très professionnel.


Quel type de coach êtes-vous ?
J’ai eu la chance d’avoir eu beaucoup de bons entraîneurs, mais je m’inspire surtout de Walter Mazzarri. Je veux une équipe avec un comportement offensif, mais organisée, je n’aime pas encaisser trop de buts. Je suis méticuleux tactiquement et je transmets ma hargne.

Pensez-vous que vos idéaux communistes peuvent vous fermer des portes dans votre nouvelle carrière ?
C’est certain que ce n’est pas un avantage, mais bon, je suis comme ça. Et puis, je ne suis pas activiste politique, j’ai mes idées et c’est tout. Maintenant, dans le foot, savoir qu’il y a quelqu’un qui s’intéresse à ce qui se passe hors du terrain, c’est anormal. En fait, essayer d’être normal dans le foot est anormal.

Outre Riccardo Zampagna, avez-vous croisé d’autres joueurs ouvertement communistes dans votre carrière ?
Il y en a, mais les gens n’ont pas le courage de s’exposer, car l’Italie n’a pas évolué mentalement pour affronter ces thèmes dans le football. Du coup, ces joueurs s’occupent de leurs oignons par peur d’être pénalisés durant leur carrière.

Vous n’avez jamais été pris à partie par le « camp adverse » quand vous étiez joueur ?
Non, tout s’est toujours passé au stade, et pas seulement avec la Lazio, puisque la majorité des curve sont de droite, mais ça se terminait à chaque fois à la fin de la rencontre.


Vous avez-récemment déclaré que les Livournais sont ingrats, pourquoi ?
Une partie des Livournais ! Je pense avoir fait beaucoup sur et hors du terrain pour ma ville, mais lors de mes initiatives dans le monde du travail, j’ai été boycotté. Je ne demandais pas à être aidé seulement parce que je m’appelle Lucarelli, mais parce qu’il y avait des emplois en jeu. La politique m’a instrumentalisé quand je jouais, et quand j’en ai eu besoin, elle m’a tourné le dos. Il y a beaucoup d’ingratitude.


En Italie, le jour de la fête de la Libération du 25 avril, il y a des parades néofascistes qui défilent un peu partout, triste non ?
Je crois que chacun doit agir selon sa conscience. Je dis toujours qu’il doit y avoir la liberté de manifester tant que vous n’offensez pas la conscience et le souvenir des autres. L’Italie est un pays traditionnellement de droite, même s’il y a une histoire importante de la Résistance, la tendance est d’être nationaliste et il peut y avoir des gars qui attendent certaines commémorations pour faire parler d’eux. C’est triste, mais il est juste que chacun vive selon ses idéaux, sans offenser la sensibilité des personnes.


Quand vous êtes allé au Shakthar Donetsk en 2007, vous avez pu vous intéresser à l’histoire communiste de l’ex-URSS ?
J’aurais aimé, mais je ne suis malheureusement resté que trop peu de temps, six mois à peine.

À force de parler de vos convictions politiques, on en oublie le joueur que vous avez été.
J’étais un attaquant à l’ancienne, un peu à l’anglaise, mais j’étais bon avec les pieds, je marquais sur coup franc, du droit, du gauche, hors de la surface, et des jolis buts. Il n’y avait pas que la prestance physique ou la hargne et le leadership. Je n’excellais en rien, mais je réussissais à être bon en tout.

Avec un petit bémol, six petites sélections avec l’Italie pour trois buts, vous méritiez mieux ?
La concurrence était très forte, mais mes idées ne m’ont pas toujours aidé. À qualités égales, un sélectionneur choisissait X ou Y plutôt que Cristiano, car il savait qu’en prenant X ou Y, il ne risquait pas l’incident diplomatique, les questions sur la politique en conférence de presse et les problèmes extra footballistiques.

Propos recueillis par Valentin Pauluzzi
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