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Luca Toni, aussi

Encore buteur ce dimanche contre Parma ce qui porte son total de la saison à six réalisations en championnat, Luca Toni continue de résister à l'emprise du temps comme Francesco Totti ou Antonio Di Natale. Une lutte perdue d'avance, mais qui nous tiendra en haleine jusqu'au bout, pour suivre les dernières émotions d'un emblème du football italien.

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Marquer, encore et toujours : Luca Toni ne sait faire que ça. Une marque de fabrique qui l'accompagne depuis désormais plus de 20 ans. Du commencement en troisième division avec Modène en 1994 jusqu'au Hellas Vérone aujourd'hui, le grand Luca n'a jamais cessé de trouver le chemin des filets. 301 buts professionnels plus tard sous les couleurs de 16 équipes différentes (en comptant la Nazionale), il est encore là, un peu vieilli certes à bientôt 38 ans (en mai), mais avec ces mêmes envie et classe qu'à ses débuts. Peut-être moins spectaculaire que Totti ou Di Natale, mais avec une identique et incroyable longévité. Buteur d'une autre époque, Toni s'en ira très certainement avec les vestiges d'un football, d'attaquants efficaces dans la surface et quasiment nulle part ailleurs, en voie d'extinction. Bien sûr, Ronaldo et Messi vanteront des stats bien plus impressionnantes, mais transmettent-ils réellement des émotions aussi intenses que le beau Luca ? Chacun se fera son avis. En attendant, comme l'ami Totti, profitons d'un artiste au crépuscule de sa carrière.

Un titre et une célébration pour la postérité


S'il n'y avait qu'une seule chose à retenir, ce serait sans la moindre once de doute possible, le sacre mondial de l'Italie en 2006. Une date et un titre gravés dans la peau de Luca Toni au creux de son bras gauche. Éclos sur le tard, Toni a fait de cette Coupe du monde en Allemagne la plus belle ligne sur son CV. Pas seulement pour son doublé en quart de finale contre l'Ukraine - ses seuls buts dans la compétition - mais pour cette célébration entrée dans la légende. Une main agitée autour de l'oreille pour mieux souligner la folie d'un rêve de gosse qui se réalise. L'Italie avait son Cabrini, elle aura son Toni. À la croisée des chemins entre un Inzaghi et un Vieri, Toni s'est révélé aux yeux du monde juste à temps. Le bon endroit au bon moment pour une consécration méritée. Car pour en arriver là, le Bomber a travaillé et bourlingué un peu partout dans la Botte. Enfin révélé en Serie A par Edy Reja en 2000 à Vicenza, Toni n'a définitivement explosé qu'en mettant son égo de côté pour rejoindre Palerme alors en Serie B, en 2003 à l'âge de 26 ans déjà. Une illustration parfaite du reculer pour mieux sauter, tant la suite sera idyllique.

Meilleur buteur de Serie B d'abord avec 30 buts pour se mettre en confiance. Puis une destruction de toutes les défenses de la Botte avec une facilité déconcertante sous les ordres de Guidolin. En avant, marche. 20 nouveaux buts pour sa seconde saison en Sicile, dans l'élite cette fois, une place en Nazionale gagnée et un transfert à la Fiorentina pour prendre de l'ampleur. Mission assurée avec brio en décrochant le Soulier d'or européen avec 31 buts inscrits sur la saison de Serie A avant de décoller pour l'Allemagne avec la Squadra Azzurra. On connaît la suite. Reconnaissant, Toni passera d'ailleurs une seconde saison à Florence avant de prendre la direction du Bayern Munich. Un exil au pays du malheureux vaincu qui lui réussira là encore, le Numéro Uno déclaré du public de l'Allianz Arena compilant 57 buts sur ses deux premières saisons bavaroises. Très certainement le dernier Italien à réussir vraiment en Allemagne, et à représenter fièrement la bandiera vert, blanc, rouge à l'étranger.

À quand une relève ?


« Toto, si on marque encore, ils peuvent vraiment commencer à s'inquiéter. » Voici en substance ce qu'a déclaré Luca Toni à son ami Antonio Di Natale il y a quelques semaines lors de la rencontre entre le Hellas et l'Udinese. Car si les deux joueurs partagent la même vision de leur avenir, à savoir continuer tant que leur physique leur permet d'être au niveau, la relève tarde de plus en plus à se montrer. Mère de certains des plus grands attaquants de l'histoire, l'Italie peine aujourd'hui à ne fournir ne serait-ce qu'un seul élément fiable à son sélectionneur Antonio Conte. Une situation que Luca Toni a tenté d'expliquer lors d'une interview au Corriere della Sera en novembre 2014. « Cela n'est pas une généralité, mais les jeunes joueurs sont plus concentrés sur les réseaux sociaux que sur les sacrifices à effectuer pour réussir dans ce métier. Mon rôle à Vérone est justement d'être un point de référence pour ces plus jeunes qui peut-être réussiront grâce à mes conseils. Les plus intelligents s'en sortiront. »

L'oncle Toni, comme l'ont surnommé ce dimanche les jeunes Gialloblù Sala et Valoti, se projetait d'ailleurs dans l'avenir lors de cette même interview au quotidien italien : « Je veux rester dans le monde du football et enseigner mes idéaux. Je pourrais peut-être même faire agent ou diriger un club. Cela dépendra des propositions et de mon enthousiasme après la fin de ma carrière. » Une fin qui, malheureusement, ne pourra pas se repousser indéfiniment. Même pour l'éternel Luca Toni et sa célébration folle.


Bonus : Le Numero Uno
Vidéo


Par Eric Marinelli
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