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Louis Myles : « Il y a des entraîneurs qui utilisent Football Manager »

Lors du dernier festival Lucarne, Louis Myles est venu présenter An Alternative Reality : The Football Manager Documentary, un documentaire sur la mythologie qui entoure la poule aux œufs d'or de Sports Interactive. En regardant dans le rétro, l'Anglais s'est rappelé d'une chose : il avait découvert Michael Owen avant tout le monde.

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Comment est née l'idée d'un documentaire sur Football Manager ?
C'est Miles Jacobson, le créateur de Football Manager, qui m'a demandé d'en réaliser un documentaire. Avec le temps, il s'est rendu compte qu'il y avait un nombre incalculable d'histoires incroyables et d'anecdotes autour de son jeu. Pour faire le film, il a alors contacté une boîte de production spécialisée dans la télévision, qui m'a ensuite contacté puisque que je travaillais pour des émissions sportives de la BBC. Match Of The Day, notamment.

Comment expliques-tu le succès d'un tel jeu ?
La première raison est qu'il permet de manière très réaliste d'investir le milieu du football, qui est, rappelons-le, le sport le plus populaire du monde. La deuxième raison est qu'il regroupe dans un même univers tout ce que les passionnés adorent dans le foot : les statistiques, les découvertes de futurs talents, le fait de pouvoir changer le cours d'une rencontre, etc. C'est un formidable privilège qui nous est offert. La troisième et dernière raison est qu'il touche des personnes qui ne s'intéressent pas du tout aux jeux vidéo. Par exemple, j'ai entendu toute ma vie mon père me parler de Brighton & Hove Albion et de la façon dont il dirigerait le club. Football Manager lui permet ça.

Il n'est pourtant pas très beau graphiquement…
C'est vrai, et ça a été un vrai enjeu de réaliser un documentaire sur un jeu aussi rudimentaire d'un point de vue graphique. Je crois tout simplement que ce n'est pas l'intérêt premier des créateurs. Ce qui les intéresse avant tout, c'est la simplicité du gameplay et la base de données énorme qu'ils arrivent chaque année à mettre en place. Quand on parle avec divers gamers, on se rend d'ailleurs vite compte que le moteur 3D développé ces dernières saisons n'est pas si utilisé que ça. Beaucoup se contentent du 2D.

Cette base de données et ces statistiques hyper réalistes, comment l'expliques-tu ?
C'est tout simplement dû à un réel travail d'investigation. Il faut savoir que des centaines et des centaines de personnes passent leur temps à regarder des matchs à travers le monde, à suivre l'actualité et à tenter de détecter la nouvelle pépite dans le but d'être le plus précis possible lors de la nouvelle version du jeu. Au départ, c'était fait de manière bénévole, mais c'est devenu très professionnel, très encadré. Chaque joueur est observé méticuleusement, des questions sont envoyées à son club pour en savoir davantage, etc. Bref, ce n'est pas pour rien que des clubs se basent sur les statistiques de Football Manager pour tenter de détecter leurs nouveaux joueurs.

La légende selon laquelle des entraîneurs se servent de Football Manager pour repérer de nouveaux joueurs est donc vraie ?
Je sais qu'Ibrahima Bakayoko a été recruté par Everton à la fin des années 90 après avoir été repéré sur les premières versions de Championship Manager. Ce phénomène n'est donc pas récent. On sait aussi que David Moyes utilisait régulièrement la base de données du jeu lorsqu'il était à Everton. C'est une bonne façon de connaître les points forts d'un joueur, de connaître sa mentalité et d'avoir accès en un clin d'œil à des informations de base : son poids, sa taille, sa nationalité, sa cote…

« Je n'ai vraiment lâché le jeu qu'au moment où j'ai rencontré ma première vraie copine, à 19 ans. »

À l'inverse, sais-tu si beaucoup de footballeurs y jouent ?
Bien sûr ! Ce n'est peut-être pas aussi poussé que FIFA ou PES, mais le milieu du football porte une vraie attention au contenu de Football Manager. Demetrio Albertini en était un grand adepte. De même pour Andros Townsend, qui passe beaucoup de temps à entraîner virtuellement. Je ne peux pas dire tous les noms, mais il y en a des tas. Il y a même des entraîneurs qui l'utilisent pour essayer quelques tactiques.

Dans le reportage, on ne voit pas Vugar Huseynzade, qui est pourtant devenu entraîneur du FC Bakou grâce à ses qualités sur Football Manager. Pour quelles raisons ?
Ce n'était pas un choix de notre part. On a vraiment essayé de le rencontrer, mais nos agendas ne correspondaient pas. On avait une deadline vraiment très serrée. On avait à peine six semaines pour réaliser le film, c'était trop juste.

Peux-tu nous parler un peu de Tony Jameson, qui semble avoir une histoire incroyable ?
Tony Jameson est l'auteur du livre Football Manager a ruiné ma vie. À lui seul, il pourrait résumer la folie qui entoure Football Manager. C'est un acharné qui a passé de nombreuses heures à entraîner virtuellement son équipe de cœur, le Blyth Spartans FC. Il a fait plus de 50 saisons avec ce club, et il a tout gagné avec. Dans mon film, on le voit ainsi fouler pour la première fois la pelouse du Blyth Spartans Fans, une séquence vraiment très émouvante. Mais le plus beau pour Tony Jameson, c'est qu'il gagne sa vie grâce au jeu aujourd'hui. Depuis la sortie de son bouquin, le mec passe sa vie sur les routes à raconter à quel point cela peut être absurde de s'impliquer autant dans un jeu vidéo.

De ton côté, te souviens-tu de la première fois où tu as joué à Football Manager ?
Évidemment ! Je devais avoir dix ans et je jouais à Championship Manager 2. J'ai donc connu l'avant Football Manager. À l'époque, les matchs étaient retransmis et commentés avec un simple texte. Mais la base de données et cette précision dans les statistiques étaient déjà là. Tout le reste, au final, est secondaire.

J'imagine que tu as dû passé un certain nombre d'heures à jouer. Tu as des souvenirs particuliers liés à ce jeu ?
La première fois que j'y ai joué, j'ai pris l'AFC Wimbledon. C'était une période difficile pour le club : l'équipe jouait le maintien, elle venait de perdre son stade et enchaîner pas mal les défaites. Football Manager m'a donc permis d'en faire une belle équipe, de prendre ma revanche sur la réalité et de découvrir des futures stars. En 1995, j'avais déjà repéré Michael Owen, il n'avait que 16 ou 17 ans à l'époque. Depuis, je n'ai vraiment lâché le jeu qu'au moment où j'ai rencontré ma première vraie copine, à 19 ans. Jouer à Football Manager et avoir une vie amoureuse sont deux choses rarement compatibles (rires). Bon, par la suite, je me suis remis à jouer. D'ailleurs, il m'est arrivé une fois de ne pas aller démarcher des clients pour ma nouvelle boîte à cause du jeu. À la place, je suis allé me procurer la nouvelle version de Football Manager. Eh ouais, je suis fan à ce point (rires).


Propos recueillis par Maxime Delcourt
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hasta la victoria nunca Niveau : Loisir
Référence obligatoire à Maxim Tsigalko <3 <3
Pascal Pierre Niveau : Loisir
Quand on voit Metz et son recrutement style FM : une biélorusse, un ex international français à la retraite, deux-trois sud-américains, finalement ça marche pas tant que ça..
Patatordu06 Niveau : CFA2
hey ! Myles louis ......
Remember Freddy William Thompson :)
Fidèle depuis CM02/03.

Le seul jeu vidéo auquel je joue encore après toute ces années et auquel je n'ai jamais arrêté de jouer, bref une légende !
HernánCrespo Niveau : DHR
C'était n'importe quoi parfois mais tellement bon, je me retrouvais avec Chiotis au but, Bouma-Nesta-Ferdinand-Contra en défense, Joe Cole-Aghahowa-Ronaldinho-Vieira en milieu et en avant centre la paire Shevchenko-Tsigalko. Oui tout ça avec le Milan AC 6-7 saisons plus tard.
Je finis un CDD dans 1 mois et je ne suis pas loin de replonger comme un crackhead.
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