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Lothar, à qui le tour ?

Cité comme successeur d’Albert Bunjaki à la tête de la sélection nationale du Kosovo, Lothar Matthäus a fini par démentir la rumeur lancée par plusieurs médias kosovars. Tant mieux pour les Dardanët ? Comment les dirigeants de la Fédération ont-ils pu jeter leur dévolu sur ce trublion des bancs de touche ?

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Internet, formidable outil à fabriquer des rumeurs folles. Alors que ce lundi, Lothar Matthäus affirmait au quotidien Bild trouver sa vie de consultant télé et d’égérie de la marque Puma « géniale » , le recordman de matchs disputés avec la Nationalmannschaft (150 sélections) en profitait pour glisser qu’il ne se verrait plus revêtir un costume d’entraîneur. Le lendemain, plusieurs journaux kosovars affirment qu’il devrait être nommé à la tête des Dardanët, photo de lui avec Fadil Vokrri, président de la Fédération kosovare, en guise de preuve. Une rumeur reprise jusqu’en Serbie, où un quotidien local en profite pour asséner une pique à son voisin, le traitant de « soi-disant » pays. La Fédération publie alors un communiqué dans lequel elle confirme que Matthäus a été approché « parmi d’autres candidats » pour occuper un « poste à responsabilités » dans le staff, mais plutôt comme manager. Finalement, l’intéressé lui-même dément la rumeur le surlendemain, et beaucoup en profitent pour pousser un grand « ouf ! » de soulagement.

Machine à perdre


S’il a brillé de mille feux en tant que joueur, la carrière d’entraîneur de Lothar Matthäus s’apparente plutôt à un feu de paille. Le bon pour commencer : en une demi-saison sur le banc du Partizan Belgrade (2002-2003), il permet au club serbe de remporter le titre national. On le retrouve plus tard en Autriche (2006-2007) en tant qu’adjoint de Giovanni Trapattoni, avec qui il offre le titre au RB Salzbourg. Mais lors de son premier poste en 2001, soit un an à peine après sa fin de carrière de joueur, il laisse le Rapid de Vienne à une piteuse huitième place, pire résultat du club depuis la création du championnat autrichien en 1911. Avant de rejoindre la Serbie, Lothar devenait l'un des premiers Européens à entraîner un club brésilien : l’Atlético Paranaense. Suspendu un mois après avoir menacé un arbitre, il rentre en Europe et annonce sa démission pour raisons familiales. Compréhensible quand on s'est marié cinq fois et qu'on a sept enfants et beaux-enfants à charge. On le croit transformé lorsqu'il signe au Maccabi Netanya et conduit le club israélien à une encourageante quatrième place, mais son contrat de deux ans est rompu au bout d’une saison, officiellement pour raisons financières.


S’il avait confirmé les récentes rumeurs, le Kosovo aurait été sa troisième sélection après la Hongrie et la Bulgarie. Chez les Magyars, malgré une encourageante victoire 2-0 face à l’Allemagne à l’occasion d’un match de gala commémorant le Miracle de Berne de 1954, il manque la qualification pour le Mondial 2006. Idem en Bulgarie, où il ne parvient pas à emmener la sélection à l'Euro 2012. Un parcours chaotique que l'on pourrait expliquer par un diplôme d'entraîneur obtenu en 2008, soit sept ans après ses débuts dans le métier, et en seulement quatre mois au lieu des deux années réglementaires. La Fédération allemande avait, à l'époque, justifié ce piston par les « services rendus » par Matthäus au football de son pays. Finalement, il n’y a qu’à la télévision, où il officie en tant qu’expert depuis 2012, que Lothar a trouvé son bonheur. En avril 2017, lors de la dernière cérémonie des récompenses du journalisme sportif allemand, il remportait un prix d’honneur pour avoir été le consultant le plus cité dans les médias.

Rêvons plus petit


Alors pourquoi diable le Kosovo serait-il allé s’enticher de ce trublion des bancs de touche, plus prompt à ressasser des banalités sur les plateaux de télévision qu’à faire gagner les équipes qu’il entraîne ? Pour sa gouaille ? Pour son palmarès en tant que joueur ? S’il est vrai que le passage d’Albert Bunjaki à la tête des Dardanët s’est révélé décevant, force est de constater que le technicien kosovar avait avant tout la lourde tâche de fédérer un collectif qui n’existe, rappelons-le, que depuis 2016. Suivre l’exemple de l’Islande et recruter un sélectionneur étranger pour faire grandir l’équipe sur la scène internationale semble logique. Mais plutôt qu’un gros nom ronflant, pourquoi ne pas directement aller chercher dans une catégorie plus humble ? Une sélection encore jeune a besoin de grandir pas à pas, et qui serait le plus à même de mener cette mission à bien, sinon un technicien d’expérience que le défi d’une « petite » nation sans star mondiale ni joueurs de renom n’effraierait pas ? La qualification pour l'Euro 2020 est à ce prix.


Quelques jours avant Matthäus, c’est son ancien coéquipier du Bayern Mario Basler qui s’exprimait dans Bild. Récemment nommé à la tête d’une équipe de D5, l’ancien milieu droit fustigeait la frilosité dont font preuve les clubs allemands de haut niveau pour engager des « grandes gueules » comme lui, Matthäus ou Stefan Effenberg en tant qu’entraîneur : « Nous sommes visiblement trop costauds pour les dirigeants. C’est pour cela que nous n’avons jamais été appelés à rejoindre le cercle des coachs de première ou deuxième division. » Si ce n’était qu’une question de caractère... Le Kosovo semble bel et bien l’avoir échappé belle.



Par Julien Duez
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