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Lorient sourit à nouveau

Quelques bons choix ont relancé l'un des business plans les plus malins de Ligue 1. Ils s'appellent Alain Traoré et Ludovic Giuly, en attendant Benjamin Corgnet. Christian Gourcuff, au poste depuis 2003, tient toujours bon à la barre du navire lorientais.

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Plusieurs saisons durant, Lorient était ce club qui éblouissait le milieu de tableau de Ligue 1, celui qui permettait de contrecarrer les discours en vogue sur l'absence de jeu dans un championnat où le Nancy de Pablo Correa était une équipe respectée. Christian Gourcuff était un ovni, un mec qui jouait autre chose que le match nul, qui attaquait avant de défendre et non l'inverse. Avec un budget moyen. Mais l'an dernier, la dynamique s'est un peu étiolée. Au point de jouer le maintien. Et de pointer, au soir de la 38e journée, à la 17e place, après plusieurs exercices sans histoires, bien digérés et terminés au milieu de tableau. Aujourd'hui, après la trêve internationale de septembre, les Merlus sont 4e. Pas de quoi s'enflammer, mais le plaisir de revoir un travail de fond remis au goût du jour.

Dépenser plus pour jouer plus

Kevin Gameiro, Morgan Amalfitano, Jérémy Morel. Un pan de l'histoire lorientaise est partie l'été dernier. Il n'a pas été remplacé. Si leurs transferts ont été plus ou moins heureux, ces joueurs symbolisaient ce Lorient malin, plaisant et joueur. Après une année plus que difficile à digérer leurs départs, Lorient a donc fait ce qu'il pouvait faire de mieux : réussir son intersaison. Après avoir passé une année avec la Ligue 2 au dessus de la tête, Loïc Féry a décidé de passer à l'acte. Et Christian Gourcuff a reposé sa petite touche, sa petite patte sur un effectif qui se devait d'être régénéré. Ludovic Giuly et Alain Traoré sont venus.

Une vieille connaissance du championnat et un jeune qui ne demande qu'à s'épanouir après une saison morose. À ces deux arrivées s'ajoute le come-back du revanchard Aliadière, blessé la majeure partie de la saison dernière, et déjà auteur de deux buts. Derrière les grosses puissances, Lorient est, avec 10 millions d'euros investis, le club qui a le plus dépensé ce été. Recruter malin, mais recruter bien. « Le recrutement de Traoré s'inscrit dans notre politique d'investir sur de jeunes joueurs talentueux. Il était suivi par de gros clubs, notamment étrangers, et nous avons profité du fait qu'ils ne puissent pas encore se positionner sur lui pour l'engager » , explique Loïc Féry.

La touche Corgnet

À cela vient s'ajouter l'arrivée de Benjamin Corgnet, qui a signé à la toute fin du mercato, suivi du jeune Lyonnais Enzo Reale. Une signature qui sonne le glas de Mathieu Coutadeur. Car Mathieu Coutadeur est un poissard. Celui qui a vu ses deux derniers clubs descendre à l'étage inférieur se voyait l'an dernier offrir l'opportunité de (re)débuter enfin sa carrière dans un projet taillé pour lui. Moins de pression et du jeu, rien du que jeu. Il pourra donc désormais observer la hype dijonnaise de la saison dernière s'imprégner du schéma tactique maison. Le calendrier du début de saison promettait à Lorient l'enfer, et un zéro pointé après deux journées. Un championnat de 36 journées, quoi. Mais non, Lorient a planté quatre buts et glanés autant de points. Contre le PSG et Montpellier.

Une fois le match introductif au Parc passé et, une nouvelle fois, bien négocié, les Merlus se sont offerts les champions de France en titre sur leur synthétique, avant qu'un nul à Troyes et un carton contre Nancy ne viennent ponctuer un été réussi. La décompression contre des concurrents directs a ainsi été évitée. Car si l'équipe se retrouve aux avant-postes mi-septembre, le maintien demeure toujours l'objectif premier. « Toute ambition, quelle qu'elle soit, passe par le maintien ; c'est l'objectif premier et la vitesse à laquelle on l'atteint peut en offrir de nouveaux. Il nous faudra accumuler quarante-deux à quarante-quatre points le plus vite possible. L'équipe est beaucoup plus performante dans la sérénité, quand elle peut jouer. » Loïc Féry le sait, tout projet ambitieux s'accommode bien d'un peu de légèreté.


Antoine Mestres
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J'espère de tout coeur que cette bonne période se prolongera. Ca fait plaisir de constater que la volonté (pas toujours réalisée) de produire du jeu est parfois récompensée.

Allez les merlus !
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