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Loïc Étienne : « La Chine a un projet radicalement opposé à celui des Émirats »

Après avoir fondé Elite Career Management avec son ami Philippe-Alexandre Alain, Loic Étienne s'est fait une place dans le petit milieu des agents à Dubaï. Depuis trois ans, il travaille sur le marché du football du Moyen-Orient. L'idéal pour causer Émirats, mercato hivernal, chute du prix du baril et transformation du football chinois.

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Comment est né Elite Career Management ?
C’est avant tout une histoire entre deux potes passionnés de football ! Nous sommes amis avec Philippe-Alexandre Alain depuis notre époque bordelaise et nous avons toujours eu ce fort engouement et cette quasi euphorie autour du ballon. En 2013, on a décidé de se lancer et de devenir agents. Nous avions déjà pas mal de relations avec de nombreux joueurs en France et à l’étranger. Après trois ans de dur travail, on bénéficie d’un bon réseau en Europe et aux Émirats. Par ailleurs, Elite Career Management n’est pas seulement axé sur la partie transferts. Nous essayons de proposer une solution complète d’accompagnement pour les joueurs : propositions d’investissements financiers, gestion d’image, administratif et même de la conciergerie.

Avez-vous réussi à vous faire une place dans le milieu ?
Concernant la partie transferts, nous sommes encore des petits challengers par rapport à des agents qui sont dans le milieu depuis quinze ou vingt ans.
« Il faut savoir ne pas être trop gourmands et surtout privilégier la meilleure solution pour toutes les parties, agents et joueurs. »
Mais c’est sans doute cela qui nous permet d’apporter cette flexibilité qui plaît tant à nos clients. Et ça nous a plutôt été bénéfique, puisque les joueurs aiment notre fraîcheur et notre politique orientée sur leur développement personnel et professionnel. Nous savons aussi nous associer avec certains agents, qui parfois ont un club, et nous le joueur. Ou vice versa. Il faut savoir ne pas être trop gourmands et surtout privilégier la meilleure solution pour toutes les parties, agents et joueurs.

Pourquoi avoir choisi Dubaï comme base ?
C’est vraiment une ville incroyable pour développer notre réseau. Personnellement, je suis implanté à Dubaï depuis plusieurs années et cela fait maintenant trois ans que nous travaillons sur la région du Moyen-Orient, principalement les Émirats arabes unis et le Qatar. Nous sommes au carrefour de plusieurs civilisations, plusieurs continents et sommes amenés à rencontrer tellement de clubs en visite, et donc de joueurs, que nous n’aurions pas pu imaginer un meilleur endroit que Dubaï pour nous installer.


Justement, qui avez-vous fait venir dans les Émirats ?
Nous avons actuellement deux signatures à notre actif, mais nous sommes sous un NDA (Non Disclosure Agreement) et ne pouvons en parler. On peut en revanche vous dire quels dossiers n’ont malheureusement pas aboutis : Túlio de Melo, Audel, Makoun, Cáceres, Saba, Inez, Ciani.

Vous disiez être mandatés par des joueurs ou des clubs. Concrètement, comment cela fonctionne ? Un joueur souhaite rejoindre les Émirats, son agent vous contacte et vous lui trouvez un club ?
Tous les cas sont différents. Notre nom circule régulièrement entre les joueurs, car ils savent que nous sommes bien établis aux Émirats et dans la région. Nous avons souvent des joueurs qui nous contactent pour leur trouver un challenge sportif intéressant. Le meilleur cas de figure est d’avoir le joueur et le club.
« Le marché s’est complètement libéralisé ces dernières années, et du coup, les joueurs ne veulent plus être liés à une seule personne. »
Dans ce cas-là, c’est simple, le joueur nous signe un mandat pour le championnat ou le club donné et nous entamons les négociations. Cependant, de nos jours, il y a peu de joueurs qui travaillent via un seul agent, du coup il est parfois difficile d’avoir les mandats ou l’exclusivité pour s’assurer que nous sommes les seuls à parler au nom d’un joueur dans un championnat. Vous n'imaginez pas le nombre de fois où des clubs m’ont dit : « Déjà trois personnes m’ont proposé ce joueur-là.  » Alors que les joueurs t’assurent être le seul avec qui ils travaillent ! Le marché s’est complètement libéralisé ces dernières années, et du coup, les joueurs ne veulent plus être liés à une seule personne. Ils s’imaginent que travailler avec un seul agent peut risquer de leur fermer des portes. Comme ils disent : « Le premier à me ramener un truc, c’est le premier qui croque. » Bien entendu, sur le papier, ce genre de stratégie est complètement contre-productive.

Et lorsque la demande vient du club ?
Parfois, il nous arrive d’avoir une demande d’un club pour un poste spécifique, mais nous n’avons pas le joueur avec le profil recherché. On partage alors cette demande avec certains agents avec qui nous avons un relationnel et un accord pour signer un joueur sous contrat/mandat avec eux dans le club qui nous a mandatés. Mieux vaut faire 50% de quelque chose que 0% de rien du tout. C’est notre politique. Aujourd’hui, quasiment tous les agents doivent s’associer pour satisfaire les demandes d’un club, sauf si on s’appelle Mendes ou Raiola bien sûr.


Quel profil de joueurs intéresse les clubs des Émirats ? Ces dernières années, de nombreux joueurs en fin de carrière en Ligue 1 (ou ailleurs) rejoignaient Dubaï ou le Qatar.
Tout d’abord, il faut préciser qu’aux Émirats les clubs n'ont droit qu'à trois joueurs étrangers plus un joueur asiatique. Cela réduit déjà pas mal le marché et les postes à prendre. Concernant les demandes, ce sont principalement des besoins pour des joueurs offensifs sud-américains ou africains. Il est vrai que les Émirats et le Qatar ont souvent recruté des joueurs en fin de carrière et d’anciens grands noms du football. Ces championnats ont longtemps été vus comme un endroit où on passe une saison ou deux avec un gros chèque à la clef, avant de prendre sa retraite. C'est moins le cas aujourd'hui. Les clubs pensent davantage au long terme, ils essayent de recruter des joueurs étrangers plus jeunes, pour deux ou trois saisons, voire plus. Asamoah Gyan, par exemple, est ici depuis plusieurs années. Il fait partie des rares joueurs à avoir su gérer sa carrière aux Émirats de la meilleure façon. Il y a aussi l’Argentin Sebastián Tagliabué, à Al Wahda depuis 2013, moins connu du grand public, mais qui marche plutôt bien ici.

Plusieurs grands noms du football vivent à Dubaï (Maradona, Edgar Davids, Ramón Díaz, etc). Y a-t-il un petit milieu des expatriés du football ?
Il est vrai que Dubaï est la ville d’accueil de nombreux grands noms du football, et de sportifs en général. Honnêtement, le cadre de vie y est fantastique neuf mois sur douze. L’autre grande force de Dubaï, c’est la tranquillité dont jouissent les sportifs ici. Ils n'ont pas cette pression des médias et des observateurs. Tu peux être dans les galeries marchandes ou à la plage et croiser Maradona ou Zidane en famille. Dubaï ouvre les portes au networking et au copinage avec de nombreux sportifs et agents.

La plupart des joueurs passés par les clubs des Émirats racontent la même chose : le niveau y était très faible et les stades vides. Toutes les arrivées de grands joueurs et entraîneurs européens et sud-américains n'ont pas contribué à améliorer le niveau et susciter l'intérêt des locaux ?
C'est vrai que le niveau du championnat local est largement inférieur à l'Europe ou à l'Amérique du Sud.
« Il n’y a pas vraiment cette coutume d’aller au stade, d’avoir des groupes de supporters dans les tribunes comme on peut l’avoir en France et en Europe. Ici, ça marche beaucoup plus au pay-per-view, chacun achète son abonnement et regarde les matchs dans son salon. »
Cela est principalement dû au fait que la Fédération de football des Émirats protège fortement les joueurs locaux. À vrai dire, ils n’ont pas le choix. Tu as neuf millions d’habitants aux Émirats, et seulement 1,5 million sont émiratis. Le marché local est donc très limité. Si tu ouvres totalement le marché aux étrangers, tu n’auras quasiment aucun joueur émirati dans la ligue et aucun moyen de développer ton équipe nationale. Finalement, avec seulement quatre étrangers par équipe, tu ne peux pas faire de miracles. Au mercato, les clubs recherchent donc plutôt des mecs qui peuvent te claquer deux ou trois buts par match qu’un défenseur pas trop mauvais, assez facilement trouvable localement. Concernant l'ambiance, il n’y a pas vraiment cette coutume d’aller au stade, d’avoir des groupes de supporters dans les tribunes comme on peut l’avoir en France et en Europe. Ici, ça marche beaucoup plus au pay-per-view, chacun achète son abonnement et regarde les matchs dans son salon ou au café avec une shisha. Mais il y a du changement ces dernières années et les gens sortent de plus en plus. Les Émiratis sont de vrais fans de leur club et de foot en général, ils suivent tous les matchs et sont très fiers de leurs joueurs.


Les clubs sont-ils les « joujous » des cheikhs ? Existe-t-il une lutte de pouvoir entre eux ?
Je ne dirais pas les joujous, car à long terme, je pense que les Émirats et le Qatar veulent développer un vrai projet. Mais la vérité, c'est que la plupart des clubs marchent à perte. Il y a beaucoup d’argent investi, mais peu de retombées : ventes de maillot, billetterie, droits TV...

Vous parliez d'un marché congestionné. Comment cela s'explique-t-il ?
Le nombre limité de joueurs étrangers n’aide clairement pas. Mais il y a aussi le grand nombre d’agents travaillant sur ce marché, notamment des Sud-Américains, et le fait que les clubs demandent de plus en plus des joueurs libres, sans indemnités de transfert. Les clubs investissent de moins en moins : sur 14 équipes dans la ligue, seuls Al Ain, Al Ahli et Al Jazira ont encore de gros budgets salariaux. Il reste le marché des joueurs locaux, également accessible, mais mis à part une vingtaine de joueurs, il n’y a pas grand-chose à faire, d'autant que la plupart sont liés à des agents locaux. On travaille quand même avec deux jeunes joueurs en Youth U19 League : Abdel Hamid, d'Al Wasl, et Ahmed Mohammed, d'Al Ahli. On essaye de créer notre réseau à partir des académies. L'idée serait de représenter un jour de grands joueurs émiratis, comme Omar Abdulrahman ou Ahmed Khalil, qui sont de véritables stars ici et en Asie.

La « mode » des Émirats est-elle passée ? Aujourd'hui, les nouveaux marchés semblent être plutôt l'Inde et la Chine.
Je dirais que les Émirats font des choix plus raisonnés de nos jours au vu de la situation économique actuelle de la région.
« Encore beaucoup de joueurs pensent que venir aux Émirats signifie signer un contrat énorme avec 20 millions nets par an, mais ce n’est pas le cas. »
Les clubs n'engendrent pas d’argent, donc les fonds viennent principalement d’investissements directs. La chute du prix du baril n’incite pas à dépenser à outrance comme c’était le cas auparavant. La ligue des Émirats essaye de plus en plus de se rapprocher des standards européens en essayant de contrôler les clubs et les dépenses. Encore beaucoup de joueurs pensent que venir aux Émirats signifie signer un contrat énorme avec 20 millions nets par an, mais ce n’est pas le cas. De mémoire, rares sont les joueurs ayant touché plus de 7 millions par an aux Émirats. Un des avantages des Émirats reste toutefois l'absence d'impôts, qui permet parfois de rivaliser avec certaines offres étrangères. La Chine, elle, a un projet radicalement opposé à celui des Émirats. Elle souhaite, un peu à l’image de la MLS, devenir un championnat compétitif et non plus une destination exotique. Pour cela, ils se doivent d’attirer des joueurs en forme et qui ont la cote afin de casser cette image de cimetière de grands joueurs.


Quels joueurs de Ligue 1 pourrait-on voir rejoindre les Émirats cette année ?
Il y a déjà un ancien joueur de L1 qui a rejoint Baniyas il y a quelques jours, Harry Novillo, et certains déjà en place depuis un certain temps comme Gyan, Barrada, Ekoko ou Maiga. Certainement d’autres vont suivre... on l’espère en tout cas. Certains entraîneurs français sont aussi la cible de nombreux clubs du championnat et certaines surprises sont à venir, mais, logiquement, je ne peux pas vous en dire plus pour le moment.

-- Le site d'Elite Career Management

Propos recueillis par Léo Ruiz
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