1. // Sauvetage des mineurs chiliens

Lobos, le mineur footballeur

Enfermé avec 32 autres personnes depuis cet été dans une mine au nord de San José, Franklin Lobos devrait revenir à l'air libre dans les heures qui viennent. Sa libération est aussi celle d'un ex-footballeur professionnel, ami personnel de Zamorano.

Modififié
0 0
« Merci à tout le monde, merci à tous les supporters. J'espère, si Dieu le veut, sortir bientôt. Je remercie également Ivan Zamorano pour son soutien, cela m'a donné beaucoup de courage pour surmonter cette épreuve » . Franklin Lobos, l'homme qui s'exprimait ainsi fin août, est à deux doigts de vivre la fin de son calvaire. Enfermé depuis plus de deux mois en compagnie de 32 autres mineurs dans la mine de cuivre et d'or de San Jose, au nord du Chili, l'ancien ailier de Cobresal et ami personnel de Zamorano sera bientôt délivré. Depuis 5h ce matin, les autorités chiliennes ont en effet déjà fait sortir huit de ses compagnons d'infortune : Florencio Avalos, Mario Sepulveda. Juan Illanes, Carlos Mamani, Jimmy Sanchez, Osman Arya, José Oyeda Vidal et Mario Gomez.

Lorsque Franklin Lobos verra la lumière du jour à son tour, il y a fort à parier qu'il sera encore plus applaudi que les autres. Car Franklin Lobos n'est pas un employé de l'industrie minière comme un autre : ex-footballeur professionnel, le chilien est resté célèbre dans son pays sous le sobriquet de « Mortier Magique » . Un hommage à son extraordinaire propension à marquer sur coup de pied arrêté – il a planté une centaine de buts en 15 ans de carrière. « Il frappait les coups francs avec la cheville, ce qui donnait au ballon un effet particulier. Je n'ai jamais vu cela chez aucun autre footballeur » , se rappelle ainsi Ivan Zamorano. Hélas, Lobos a raté le train de la renommée. Parce qu'il n'a jamais joué dans un grand club de Santiago, répétait-il souvent.

Reconverti taxi puis chauffeur à la mine de San Jose – un job qu'il effectuait pour 1000 dollars mensuels –, Franklin Lobos symbolise la trajectoire de nombreux autres footballeurs, originaires comme lui de la région minière du Chili. « Aller à la mine, c'est une possibilité de travail supplémentaire, surtout pour les footballeurs des équipes du nord, car c'est là-bas que l'on trouve la zone minière du pays. Il ne faut pas oublier que le joueur arrive sur le marché du travail à 33 ans en moyenne et n'a pas de CV. J'imagine que bosser à la mine doit faire un choc, mais un footballeur s'adapte à tout » , explique Carlos Soto, le président du syndicat des joueurs chiliens.

Alors que Franklin Lobos s'apprête à sortir, Juan Manuel Silva, le directeur sportif de son ancien club de Cobresal, réfléchit à la possibilité de remplacer le nom du stade du club, actuellement baptisé Le Cuivre, par le nom du nouveau héros. Réaction de l'intéressé : « Je suis de ceux qui pensent que les hommages doivent avoir lieu lorsque les gens sont vivants » .

Retrouvez toute l'histoire de Franklin Lobos dans le numéro 81 de So Foot, actuellement en kiosques.

SR

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
Article suivant
Ce n'était pas du Lux
0 0