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Le foot et la guerre, je t'aime moi non plus !

On le sait depuis longtemps, l'armée se révéla un acteur non-négligeable dans la diffusion de la gymnastique, puis des sports, au début du siècle dernier. Toutefois, en ce qui concerne les disciplines dites athlétiques (en gros à vocation ludique), le poids de l'école et du paradigme pédagogique, puis du milieu associatif, l'emporta largement sur la durée. L'univers militaire n'en fut pas pour autant évacué du monde sportif, bien que marginalisé, ne serait-ce que parce que l'armée, contrairement à l'image que la « grande muette » aime à donner d'elle-même, n'est absolument pas isolé du reste de la société. Cette imprégnation mutuelle prend tout son sens et toute son ampleur lors des grandes « mobilisations générale » que constituent les guerres modernes (conscription, « brutalisation des masses » , etc.), notamment les deux épisodes mondiaux.

La revue « Inflexions » , publiée par l'Armée de Terre, y a donc consacré un numéro passionnant, issu d'un colloque en collaboration avec l'université de Rennes II, qui permet de balayer un large spectre de questions et de problématiques, comme la relation entre la préparation du soldat et l'évolution de l'éducation physique (doctrine et pratique), le rôle des forces armées dans le soutien au sport de haut-niveau, surtout quand il devint une grande cause nationale sous le gaullisme, ou encore le destin symptomatique d'Alain Mimoun (surtout en cette période de commémoration de la fin de la guerre d'Algérie). Mais pour ce qui nous intéresse plus précisément, signalons surtout le papier extrêmement instructif d'Arnaud Waquet décrivant dans le détail la propagation du foot dans les campagnes françaises au moment de la grande guerre et durant l'immédiate période qui suivit la fin du conflit, principalement au contact d'un contingent britannique déjà largement contaminé par le virus du ballon rond.

Continuons par ailleurs sur le même sujet avec la sortie aux éditions du « Pas de l'oiseau » d'un travail d'historien amateur, Michel Merckel, évoquant avec érudition l'étape méconnue et surprenante que constitua 14-18 dans l'accélération de l'essor et de l'organisation des sports en France, malgré des pertes importantes parmi les rangs des pionniers. Dans le cas du football, il s'agit évidemment de l'achèvement du processus d'autonomie (qui débouchera sur la FFFA, ancêtre de la FFF) par dessus les anciens clivages entre catholique et laïques (et en piétinant l'utopie olympique omnipsorts de Coubertin). Ce fut également, dès avant la fin du conflit, la naissance de la coupe de France, remportée par Pantin, et baptisée Charles Simon, un anciens des patros cléricaux basculé dans la religion prédominante du « cuir » , et tombé aux champs d'honneurs en 1915.

A lire :

- «  Le sport et la guerre  » , Inflexions n° 19 (La documentation française)

- « 14-18, le sport sort des tranchées : un héritage inattendu de la grande guerre  » Michel Merckel (Le pas de l'Oiseau)
NKM
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