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Liverpool, l'heure de la revanche ?

Après deux saisons sans relief, les Reds de Liverpool ont mis le paquet depuis six mois pour espérer revenir dans le Big Four. Suffisant pour se mêler à la course au titre ?

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C'est un vrai révélateur du changement d'époque qui s'opère sur les bords de la Mersey. Steven Gerrard va rater le début de saison des Reds et c'est tout juste si l'info n'a pas été traitée comme une simple brève, quand en d'autres temps, le peuple rouge aurait installé un timer géant pour tenir le décompte du temps qui le sépare des retrouvailles avec l'indéfectible héros du club. Révélateur en effet... mais de quoi ? Car comme d'habitude, il y a deux façons de voir les choses : la pessimiste et l'optimiste. D'abord, la plus résignée des deux. Si l'absence du skipper légendaire de Liverpool ne fait pas plus de bruit que ça, c'est que chacun sait que le club recordman déchu du nombre de titres nationaux (18 contre 19 désormais à Manchester United) va encore passer la saison à regarder de très loin la baston pour la couronne du royaume. Et puis il y a l'autre façon d'apprécier ce calme relatif : Liverpool s'est suffisamment renforcé pour ne plus dépendre exclusivement de la bonne santé de son leader historique. C'est une possibilité qui se tient. Mais une possibilité seulement...


La fin du meilleur milieu d'Europe


C'est fou comme le temps passe quand même. En 2009, Liverpool avait flirté avec le titre qu'il avait fini par rater d'un cheveu face à l'indécrottable Manchester. Damned United ! Oui, il y a deux ans à peine, les Reds semblaient plus proches que jamais de la fin d'une pénitence domestique qui dure depuis 1990. Et puis, Xabi Alonso a foutu le camp. Puis ce fut au tour de Javier Mascherano. Ou quand Liverpool perd ce qui fut probablement le meilleur duo d'Europe en milieu de terrain. Résultat : la Maison Rouge ne s'est pas contentée pas de reculer, elle a basculé d'un coup d'un seul dans l'anonymat dévolu aux places situées hors du Big Four, longtemps une seconde maison pour les Reds.

Sixième en 2010, septième l'an passé, Liverpool a rarement semblé aussi mal en point et cette courbe est allée jusqu'à être épousée par celles de Steven Gerrard et de Fernando Torres. De 2007 à 2009, Liverpool a été quasi invincible quand ses deux stars étaient présentes sur le pré au coup d'envoi (plus de 90% de victoires). Et là encore, une drôle de chimie maléfique s'est opérée. Gerrard a commencé à se traîner quand l'Espagnol est devenu carrément muet, lui qui lors de ses trois premières saisons présentait le ratio but/match disputé le plus élevé de l'histoire de la Premier League, devant Thierry Henry en personne, la référence absolue en Angleterre. Franchement, en décembre dernier, les Reds semblaient avoir touché le fond. Alors qu'en fait, l'opération redressement était déjà en lancée.


Dalglish déterminant


Car quelques semaines plus tôt, s'était jouée en coulisses une bataille décisive pour l'avenir du club : le rachat du club par John W. Henry en lieu et place des deux escrocs notoires que sont Hicks et Gillett (les deux gus n'avaient rien trouvé de mieux à faire que de contacter des emprunts sur le dos du club pour rembourser leur rachat). Henry, un type qui a non seulement du cash (il a épongé l'ardoise en arrivant) mais aussi une vraie connaissance du sport, lui qui a emmené Boston au titre MLB (deux fois) qui échappait pourtant aux Red Socks depuis plus de quatre-vingts piges. L'air de rien, sans que cela ne soit flagrant d'entrée, Liverpool avait changé d'ère. Car après les fêtes, une figure historique de la baraque était rappelée à la rescousse : Kenny Dalglish himself. Le dernier manager à avoir guidé les Reds au titre de champion.

Dans la foulée du King, deux recrues pour réveiller l'attaque désormais orpheline de Torres : Luis Suarez et Andy Carroll. Le premier pour 25 plaques, le second pour... 42 patates ! Evidemment, beaucoup ont haussé les sourcils quand certains ne se sont pas carrément gaussés de cette fortune placée sur un authentique bourrin. Pas faux, sauf que Liverpool a mis la gomme sur l'ex-buteur de Newcastle en tablant sur le fait qu'il était le complément idéal pour la finesse d'un Suarez. Nuance... Résultat : un net redressement pour finir à un septième rang plus conforme au standing local. Et sans Carroll s'il vous plaît, blessé quasiment toute la seconde partie de saison.

Une méthode originale

Alors quoi ? Que peut bien espérer Liverpool cette saison ? Le club a encore investi pas loin de cinquante barres sur Doni et surtout un trio Henderson, Downing, Adam qui participent de deux idées chères à Dalglish. Tout d'abord reprendre le contrôle du jeu au milieu de terrain, un secteur trop souvent dépendant de Gerrard ces dernières saisons, avec à la fois une maîtrise technique, de la vitesse et de la combativité, un domaine où les Reds n'ont pas toujours été à la hauteur de leur légende ces derniers temps. L'autre sens de ces recrues de l'entrejeu réside dans leur passeport : ils sont tous trois britanniques. Et Dalglish, qui n'a pas oublié ses classiques de l'âge d'or du club, sait bien que Liverpool a régulièrement tiré sa force de son identité, british plus qu'anglaise pour être tout à fait précis. Or, c'est un fait, depuis quinze ans, entre la colonie française de Gérard Houllier au début des années 2000 et la horde de latinos recrutée par Rafael Benitez ensuite, Liverpool a pas mal perdu de cette âme insulaire qui lui permettait d'aller au mastic en plus d'afficher une maîtrise de haut vol. Et du coup, on en arriverait presque à se demander si doucement, le club de la Mersey n'est pas en train de retrouver la recette du cocktail (technique continentale et engagement britannique) qui fit sa gloire.

Pour l'heure, le secteur défensif paraît encore trop fragile (tant sur les flancs que dans l'axe) pour pouvoir lutter pour le titre. Mais suffisant peut-être pour réintégrer le sacro-saint top quatre, essentiel pour redevenir attractif. Et à bien y regarder, le modus operandi est original. D'ordinaire, on bâtit de la base arrière pour finir par le secteur offensif. Du côté de Melwood, visiblement on a d'abord défini l'association de devant avant construire le milieu pour probablement finir la charpente arrière. C'est audacieux et même un poil risqué. Mais ce contrepied rappelle que Liverpool fut un lieu avant-gardiste. C'était alors la belle époque.

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