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Lippi joue la carte Vermeil

France-Italie, même combat. Comme son dauphin, le vainqueur de l'édition 2006 débarque en AfSud par le portillon. La faute à la déconfiture de l'Euro 2008, au bide de la Coupe des Confédérations 2009 et à des candidats qu'on dit grabataires. Conséquence : les autres ne font plus de complexe. Le Paraguay en tête.

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Marcelo Lippi n'est pas du genre à se faire des cheveux blancs. Quand bien même il cèderait à l'hypocondrie ambiante au sujet de sa Squadra, il ne le pourrait pas. Il y a déjà bien longtemps que toutes ses racines sont grises. Le sélectionneur italien est un pragmatique, qui veut croire que l'histoire se répète. Quatre ans en arrière, la Nazionale débarquait en Allemagne avec de nombreuses casseroles (le Calciopoli, l'affaire des matchs truqués du championnat italien) et un certain pessimisme dans ses rangs. Un mois plus tard, elle repartait invaincue avec une quatrième étoile à son maillot.

De retour après un hiatus de deux ans, Lippi doit faire face aux mêmes critiques. Seulement, cette fois-ci, elles visent les personnes. Au Mondial 2006, les Azzurri débordaient de qualité. Cette année, il y a moins de talent. Et quand il y en a, il a pris quatre ans (Buffon, 32 ans, Camoranesi, 33 ans, Cannavarro, 36 ans, Gattuso, 32 ans, Pirlo, 31 ans, Zambrotta, 33 ans). Face aux blessures, pépins physiques et autres ennuis, Marcello Lippi est donc resté loyal à ses vétérans durant la campagne de qualification. Avec succès, zéro défaite et seulement sept buts encaissés en dix matchs. Les rares fois où il a tenté d'injecter du sang neuf, l'essai fut un four. A l'image de l'élimination en phase de poule lors de la Coupe des Confédérations 2009. Exit les Rossi et Santon, l'Italie de Lippi sera un conseil de vieux sages ou ne sera pas.

« Le whisky, c'est juste pour la finale »

Et sus aux gratte-papiers ! A 24 heures de l'entrée en piste de ses protégés et face à ce qui se fait de mieux en terme de presse sportive de l'autre côte du Mont Blanc, Lippi balaye les critiques comme le concierge les feuilles devant sa porte. Avec l'assurance et la sincérité (même Pinocchio paraît sincère après une conf' de presse de Domenech) de celui qui fait ça depuis toujours. Bien entendu, tout se passe droit dans les yeux : « Les deux derniers matchs amicaux font partie d'un parcours plus long et complexe. Une des choses que j'ai apprises lors du dernier Mondial, c'est que tout ce qui se passe avant ne compte pas. Nous, il y a quatre ans, nous n'avons pas eu la sensation d'être une grande équipe. Une équipe nait et grandit pendant le tournoi, match après match » . Et quand un journaliste lui tend la perche du cigare et du whisky après le match, il embraye du tac-au-tac : « Le whisky, c'est pour la finale » .

Pour cela, il faudra auparavant passer sur le corps de Roque Santa Cruz. Fiers-à-bras, les Sud-Américains n'éprouvent plus aucune forme d'infériorité face aux papys italiens. En témoigne la conférence de presse de l'attaquant de City avant-hier : « Nous voulons gagner contre l'Italie. Nous sommes une belle équipe et on veut faire quelque chose de grand à ce Mondial. Comment ça va finir contre la Squadra Azzurra ? 1-0 ou 2-0 pour nous » . Ou comment insinuer l'air de rien que ce n'est pas l'Italie qui est tombée dans le groupe le plus facile, mais bien ses adversaires qui ont hérité de la tête de série la plus prenable. D'autant que les hommes de Gerardo Martino se sont spécialisés dans la pêche au gros. En éliminatoires de la zone AmSud, le Brésil (0-1) et l'Argentine (0-2) se sont cassé les dents sur le bloc-équipe concocté par le disciple de Bielsa. Lippi ne pouvait rêver meilleur sparring-partner pour déterminer si sa Squadra descend en droite ligne de 2006 ou si elle appartient à la famille éloignée de 1986.

Maxime Marchon, à Cape Town

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