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Lillo : « Je ne reconnais plus Karim Benzema »

Proche de Guardiola, admirateur de Bielsa et Iniesta, Juanma Lillo aurait pu être curé ou prof de yoga. Mais il aime beaucoup trop le football pour penser à autre chose qu’au ballon rond et faire un autre boulot qu’entraîneur. Depuis son kit mains libres, il nous explique la vie, la France, le foot et les melons. Un délice.

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Juanma tu as vu tous les matchs de l’équipe de France pendant l’Euro. Qu’as-tu noté comme évolution ?
Ce que j’ai vu depuis le début de l’Euro, c’est ce désir d’avoir le ballon. Il n’y a pas tant d’équipes que ça qui ont cette envie. Avec l’Espagne et l’Allemagne, la France est l'une des équipes dont on sait que le ballon peut à n’importe quel moment arriver de forme avantageuse vers les positions plus avancées. On sent que quelque chose peut se passer. Le problème, c’est que M’Vila ou Diarra sont difficiles à trouver pour sortir le ballon et eux-mêmes ne sont pas à l’aise dans cette mission.

Alou Diarra joue très bas dans les phases de transition…
Ce sont des joueurs qui ont été éduqués et construits de manière séparée de l’équipe, comme divorcés de la réalité. J’ai l’impression qu’on leur a appris qu’ils sont les seuls responsables de la défense de l’équipe. Du coup, ce type de joueur a tendance à surinterpréter ce rôle. Une de ces exagérations, c’est paradoxalement leur inefficacité défensive. La véritable défense, c’est le placement de tous les milieux de terrain. Ce sont eux qui apportent le soutien nécessaire.

Il y a Cabaye pour ce rôle-là…
Je ne suis personne pour dire qui doit jouer ou pas, mais ces deux joueurs (Diarra et M'Vila) semblent parler une langue différente du reste de l’équipe. L’homogénéité est quelque chose de très important pour la cohésion d’une équipe. Diarra et M'Vila ne semblent pas faits du même matériau que les autres joueurs de l’équipe. C’est un peu comme à l’époque de Zidane où on avait l’impression qu’il ne pouvait s’exprimer qu’à côté de Vieira et Makélélé, alors que c’est le contraire qui s’est passé. C’est Makélélé et Vieira qui ressemblaient à quelque chose grâce à Zidane à leurs côtés.

Le match de la Suède a coupé une dynamique plutôt optimiste…
23 matchs sans défaite et recommencer à perdre juste avant de jouer les quarts de finale de l’Euro, c’est une très bonne nouvelle pour la France. La défaite remet les sens en alerte et les relations au cœur des discussions. C’est un peu comme un petit couple parfait qui va bien, qui n’a jamais rien à se reprocher. C’est très bien d’avoir perdu contre la Suède, car la défaite ne vous a pas privés de la qualification et, en plus, elle vous a ouvert les oreilles et les yeux. Pour la France, c’est une très, très bonne nouvelle. Et puis attention, en face, il y avait Zlatan, un type majestueux…

Les Français disent que physiquement, ils n’ont pas été à la hauteur.
Moi, je n’écoute pas les gens qui t’expliquent les choses a posteriori. Je ne crois pas à la relation cause-effet. Nous savons comment les choses se passent, mais nous ne savons pas réellement pourquoi. Dans le foot comme dans la vie, personne ne sait vraiment pourquoi les choses se passent. Les Suédois n’ont jamais été débordés et ils ont marqué très tôt. Il n’y a pas d’autre lecture possible.

Il y avait quand même un problème de transmission clair. Ribéry, Benzema, Nasri, Ben Arfa ont du mal à jouer ensemble…
Le véritable multiplicateur du talent des autres, c’est Nasri. C’est lui le joueur qui te la donne à une touche si tu préfères 1 touche, à 2 touches si tu préfères 2 touches, qui conduit le ballon quand il le faut, qui s’arrête, se retourne. C’est lui qui donne les opportunités aux autres. Ceux qui l’entourent sont plus discontinus dans leurs apparitions. Ce sont des joueurs qui terminent le jeu plutôt qu’ils ne le construisent. Tu sais, moi, j’adore Benzema. Quand il est arrivé en Espagne, il ne jouait plus au foot, il jouait à mettre des buts. Maintenant, il fait la même chose avec l’équipe de France. Il joue à mettre des buts au lieu de jouer au foot. Son jeu, c’est s’associer. Il n’a jamais eu aucune difficulté à faire la passe à un coéquipier mieux placé. Je ne sais pas ce qu’on lui a dit en équipe de France, mais ces derniers temps, je le vois s’obstiner à sortir de sa situation individuelle par une frappe. Il fait toujours le même enchaînement crochet extérieur et frappe au poteau opposé alors qu’il a des coéquipiers à côté. Lui qui faisait beaucoup de mouvements au bénéfice des autres ne fait plus que des mouvements pour lui-même. Je ne reconnais plus Karim Benzema.

Laurent Blanc dit s’inspirer de l’Espagne pour concevoir son équipe. Mais pour ce match contre l’Espagne, il parle de la Croatie…
Je ne sais comment on fait cela. Moi, ce que j’attends de ce match, c’est de voir sur un même terrain quelques-uns des meilleurs joueurs européens. L’Espagne, quand elle a le ballon, elle sait jouer comme personne. C’est pour cela qu’elle est championne d’Europe et championne du monde. Personne ne pourra lutter contre ça.

« Les matchs, c’est comme les melons. Tant que tu ne l’as pas ouvert, tu ne sais ce qu’il y a dedans. »

Mais, contre la Croatie, l’Espagne a balbutié son propre football.
Ce qu’il s’est passé dans ce match, c’est que Xavi Hernández a dû venir chercher le ballon derrière Alonso et Busquets. Du coup, pour trouver des passes dans le dos de la défense adverse quand, autour de toi, il y a Alonso, Sergio (Busquets) ou même Andrés (Iniesta), c’est difficile. Normalement dans un bon jour, ils font ça, mais sur le côté apparaissent Jordi Alba, Torres ou Cesc. Les autres ne sont pas des joueurs qui vont naturellement vers le but. Ils ont plus tendance à aller vers le jeu que vers le but. Et si ceux-là s’imposent trop, tu finis par jouer devant ton propre gardien. La France a aussi cette capacité à tenir le ballon. La différence avec la Croatie, c’est que si, en plus, ceux de devant démarrent… Attention, il peut vraiment se passer des trucs.

Pour jouer l’Espagne, il y a deux positions : attendre et contenir ou presser haut et garder le ballon. Qu’est-ce qu’il faut faire pour battre l’Espagne ?
Tu crois franchement que vous avez le choix ? L’Espagne a connu des moments difficiles contre l’Italie car, pour une question de choix de placement sur le terrain, elle a laissé libre les trois centraux, dont De Rossi. Et à force de rapprocher les lignes, les centraux espagnols se sont retrouvés à jouer des deux contre deux dans leur propre camp entre les centraux et Balotelli et Cassano. Mais ça, ce n’est pas normal. Ce qui est normal, c’est que la France va vouloir le ballon et l’Espagne aussi. Comment tu vas lui enlever le ballon, à l’Espagne ? Comment on le fait ça, « enlever le ballon » ? Ce qu’il faut faire, c’est essayer de l’avoir et penser à construire, au lieu d’essayer d’enlever le ballon.

Oui, mais si tu presses très haut, comme l’Italie, tu as des chances de récupérer des ballons et de te créer des occasions…
Allez-y, faites ça, en un une-deux dans ton dos et deux touches de balle, ils se retrouveront devant ton gardien. Aller chercher l’Espagne en pressant haut ? C’est du suicide. L’Italie l’a fait et personne ne dit rien parce qu’au final, ça fait 1-1. Mais si Torres est en forme, il leur en met trois.

Alors comment il faut jouer contre l’Espagne ?
À ta façon, avec tes qualités et avec tes joueurs. L’Italie a joué avec ses joueurs. La France ne joue pas avec des joueurs italiens ou croates que je sache. Un peu comme les médecins parfois te disent qu’il faut savoir écouter ton corps, la France doit jouer en sachant écouter ce qu’il se passe pendant le match. Un type comme Iniesta, c’est quelqu’un qui sait écouter un match. Sa fréquence est toujours la bonne. Il n’est jamais en Grandes Ondes quand il faut être en FM et jamais il n’est en FM quand il faut être en Grandes Ondes. C’est beaucoup plus important de savoir écouter que de faire des plans sur un tableau noir. Sur un tableau noir, tout le monde gagne.

En parlant de vestiaire, il y a une histoire d’engueulade entre les joueurs de l’équipe de France. Il y a un secret pour gérer les egos ?
Personne ne sait vraiment ce qu’il s’est passé et ça leur appartient. Nous n’avons pas à donner notre avis sur ce genre de choses. Même s’il arrive que des choses sortent, il faut toujours les démentir. Je ne peux pas comprendre qu’on puisse parler de ça, alors que vous êtes dans l’antichambre de pouvoir jouer une demi-finale de Championnat d’Europe. En plus, les choses qui se sont passées sont très fréquentes dans les vestiaires et arrivent dans toutes les équipes du monde. La différence, c’est qu’on ne le sait pas. Je ne sais pas pourquoi, chez vous, on donne autant de résonance à ça, surtout après avoir connu des épisodes dramatiques comme lors de la dernière Coupe du monde. Gérer les egos ? C’est compliqué, car il faut se poser aussi la question de l’ego de celui qui est censé les gérer.

Quel match tu vois pour samedi ?
Les matchs, c’est comme les melons. Tant que tu ne l’as pas ouvert, tu ne sais ce qu’il y a dedans. Je préfère faire comme tout le monde, faire le prophète du passé et attendre pour donner mon avis.

Il y a des melons qui sentent meilleurs que d’autres…
(Il rit) L’Espagne ne va pas gagner 4-0, c’est tout ce que je peux te dire.

Propos recueillis par Thibaud Leplat
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