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Lille ou la tentation du Lopez Football Group

Le rachat du LOSC va être officialisé dans la semaine. Mais ce pourrait n'être que le premier pas d'une ambition plus large, quelque part entre Red Bull et l'empire Pozzo de l'Udinese.

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LOSC Lille SA, Lille, France ; Victory Soccer Limited, Londres, Angleterre ; Chimera Consulting, Hong-Kong, Chine : la future chaîne de propriété du LOSC, officiellement patronnée par « Gerardo Lopez Fojaca » , fleure bon la mondialisation. Elle laisse planer un doute, aussi : le football victorieux, une chimère ? Peut-être. Mais ce n'est probablement pas dans cette lecture du mythe que Gérard Lopez a plongé son imagination au moment de nommer ses sociétés. Non, ce serait plutôt l'image du monstre à trois têtes – buste de lion, ventre de chèvre et queue de serpent – qui a pu lui inspirer la métaphore. Car, à l'heure de racheter les Dogues, la rumeur se fait insistante : Gérard Lopez ne veut pas seulement conquérir une ville ou un pays, il vise un empire dont les frontières iraient de l'Angleterre au Portugal, avec pour capitale Lille.

L'Interrail de Gérard Lopez


Souviens-toi l'été 2012. Encore patron de l'écurie Lotus F1 Team, Gérard Lopez annonce au Financial Times ses futures ambitions dans le ballon : 500 millions d'euros pour « investir dans des entreprises qui soutiennent et proposent des services aux clubs et acheter des clubs pour les rendre profitables. » Quatre ans et demi plus tard, Marc Ingla, son probable futur directeur général à Lille, complète sur RMC : « On a fait des choses ensemble dans le monde des technologies. On parlait tous les jours de foot, on avait toujours l’idée de faire des investissements différents dans le monde du foot, car on croit qu’il y a beaucoup de choses à faire. » Et de préciser sur le projet lillois en cours : « On veut investir, mais aussi dans d’autres actifs et des clubs associés, pour que le LOSC puisse en bénéficier. (...) On a eu des discussions avec Gil Vicente. C’est un club sympa. (...) On a parlé avec ce club, mais aussi avec d’autres, du Portugal, de l’Espagne, de la France, de la Belgique. C’est une stratégie possible. Il faut voir quel type de club. On va essayer. »

C'était le 17 décembre. La veille, le journal A Bola annonçait la reprise de Gil Vicente par Gérard Lopez, information démentie le lendemain par le président António Fiúza. Depuis, les discussions restent d'actualité avec l'actuel 17e de Liga 2 Cabovisão, entraîné en 2000-2001 et 2003-2004 par Luis Campos, conseiller de Gérard Lopez dans ses dossiers foot. Depuis, aussi, a surgi une nouvelle rumeur : celle menant à Hull City, la lanterne rouge de Premier League qui vient de nommer Marco Silva, un proche de Campos, au poste d'entraîneur. Sans oublier le Luxembourgeois CS Fola Esch, club de cœur de Lopez dont il est le boss depuis 2007. À terme, ce sont ainsi quatre pays qui pourraient être traversés par les ambitions du golden boy de la finance.

«  C'est devenu un métier que de posséder des joueurs, de les gérer, les vendre, les revendre  »


L'idée n'est pas nouvelle. Dans les années 90, ENIC, société d'investissement britannique, tente le coup avec Tottenham, le Slavia Prague, l'AEK Athènes ou encore les Glasgow Rangers. De l'inquiétude d'un conflit d'intérêts au niveau européen naît, en 1998, la règle de l'UEFA interdisant à deux clubs d'un propriétaire commun de disputer la même compétition européenne. Ce qui posera peut-être un dilemme aux Red Bull Salzbourg et Leipzig l'année prochaine. En attendant, le principe d'intégration de plusieurs clubs dans une seule famille reste autorisé, ainsi Red Bull donc, mais aussi le très international City Football Group ou encore l'exemple Pozzo, un temps propriétaire de l'Udinese, Watford et Grenade (ce dernier revendu en juin 2016 à un fonds d'investissement chinois).


Luc Dayan, passé par les présidences de Lille, Nantes, Strasbourg et Lens, a son idée sur l'origine du projet actuel. Pour lui, si l'arrêt Bosman « a donné une valeur à une structure de contrats à durée déterminée – et c'est devenu un métier que de posséder des joueurs, de les gérer, les vendre, les revendre » , c'est plutôt à l'interdiction de la tierce propriété que se situe le point de départ de l'histoire. « Les gens qui ont investi ou voulu investir dans des structures qui possèdent des joueurs, maintenant qu'elles sont interdites, se mettent dans l'achat de clubs, devine-t-il. Ensuite ils essaient de verrouiller deux ou trois clubs pour que les trajectoires des joueurs soient gérés par eux, avec une progressivité à la fois sportive et de rémunération. »

Alors, quand en décembre 2014, Gérard Lopez déclarait à L'Essentiel « notre engagement dans le football poursuit sa route avec Mangrove (Mangrove Capital Partners, fonds d'investissement lié à Lopez, ndlr). Nous avons pas mal de contrats d'agents et une douzaine de joueurs, dont le jeune milieu brésilien Gérson, courtisé par les plus grands clubs européens » , l'interdiction de la TPO un an plus tard par la FIFA est ce qui a conduit à une nouvelle stratégie de multi-acquisitions de clubs, à en croire celui qui a mené la privatisation du LOSC il y a dix-huit ans.

Incubateurs de joueurs 2.0


Voilà pour le timing. Et les motivations ? Elles sont économiques, évidemment. Dayan embraye : «  À partir du moment où vous investissez de l'argent, vous êtes en risque. Après, c'est comme des fonds d'investissement avec des start-up. Si on investit dans dix start-up et qu'il n'y en a que deux qui gagnent, les deux dernières rattrapent l'argent que vous avez mis dans les autres, parce que c'est des coefficients multiplicateurs très, très importants. C'est pareil avec les joueurs. » Un calcul maîtrisé par Lopez, qui a multiplié son investissement initial dans Skype par plus de cent en deux ans, entre 2003 et 2005, année de la revente du logiciel à eBay pour 3,2 milliards de dollars.

Ici, plus de clubs signifie plus de joueurs en incubation, ainsi qu'un meilleur suivi. Dayan détaille : « J'ai eu l'exemple Kondogbia à Lens. Il est revendu à Séville pour quatre millions, puis quinze ou vingt millions à Monaco, puis quarante millions à l'Inter. Si Lens avait maîtrisé la séquence postérieure, ils auraient fait une magnifique plus-value ! Mais il faut vraiment avoir une maîtrise totale de la propriété juridique du joueur pour que ça soit gérable et que vous en tiriez tous les bénéfices. » Autrement dit, faire progresser ses joueurs par palier, dans ses propres clubs.

« Économiquement, c'est cohérent, continue Dayan. Maintenant, est-ce que c'est l'esprit du foot, ça... » Et qui est-il, cet esprit du foot ? « Le foot reste un sport collectif. Quand on y a joué, on sait que plus on reste longtemps avec ses coéquipiers et son entraîneur, mieux on joue, en général. Là où ça reste stable, c'est au très, très haut niveau. Messi, Ronaldo, ça ne bouge plus, parce qu'il n'y a rien au-dessus. Regardez l'effectif du Real Madrid, il est très stable. » Pour les autres, il reste les mutations de joueurs pour espérer grandir jusqu'à, un jour, ne plus être dépendant de ces rentrées d'argent. Le LOSC n'en est pas encore là. Demain, peut-être. À moins d'être racheté par le Real.



Par Eric Carpentier
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