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Lille, mathématiques appliqués

-10°, deux matches, six points, huitième de finale. Beaucoup de chiffres, d’idées, d’envies, de doutes, pour un calcul assez simple : pour être sûrs de se qualifier, les Lillois doivent prendre six points en deux matches. L’opération commence ce soir, à Moscou, face au CSKA.

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Cinquième journée de Ligue des Champions. L’occasion, comme souvent, de sortir crayons, feuilles de brouillon, et calculatrices, pour prévoir l’inattendu et rêver de l’impossible. Car autant aller droit au but : ce n’est pas manquer de respect aux Lillois que de dire que le calcul mental en phase de poule n’est pas le lot des grandes équipes, des piliers du comptoir de la Champions League. Bayern, Inter Milan, Real Madrid, Barcelone, n’ont pas besoin d’additionner d’hypothétiques points pour envisager un huitième de finale. Rien de honteux pour Lille en somme, quand l’on sait que Manchester City, machine de guerre en Premier League, doit encore faire ses preuves en C1, en battant le Napoli au San Paolo ce soir. Mardi, l’occasion quand même, d’un petit cours de maths à la Chti.

Pour les joueurs de Rudi Garcia, la donne est assez simple : deux victoires lors des deux derniers matches de la phase de poule les propulseraient en huitième de finale, au goalaverage particulier, dans le cas où l’un de leurs deux concurrents, Trabzonspor, et l’adversaire du soir, le CSKA Moscou, parviendrait à battre l’Inter Milan Pour les amateurs de sensations fortes, le LOSC pourrait également se qualifier en faisant un nul 3-3 ce soir, en gagnant face à Trabzonspor, et en croisant les doigts autant qu’ils serrent les fesses. Bref, pour envisager sereinement une qualif', les coéquipiers de Rio Mavuba ont tout intérêt à rendre une copie propre dès ce soir, sur la pelouse synthétique du CSKA. Et gare aux étourderies.

Peut mieux faire

Dans ce groupe B à sa portée, Lille fait office du type intelligent, un peu arrogant, qui se contente d’un petit douze sur vingt plutôt que d’un seize. Comme souvent, quand les gros contrôles arrivent, l’élève sûr de lui, à cause de son laxisme et son inattention, finit avec moins de la moyenne, pendant que les besogneux chopent une note au-delà de leurs espérances. Deux fois depuis le début de la campagne, les potes d’Eden Hazard ont bafouillé une récitation qu’ils connaissaient pourtant par cœur. Deux fois, les ouailles de Garcia avaient la partie en main, et se sont lamentablement écroulés pour transformer six points en deux. Plus qu’un match à enjeux, ce déplacement à Moscou est une revanche.

Pour leur grand baptême européen en qualité de champions de France, les Lillois, chez eux, à Villeneuve d’Ascq, mènent 2-0 par Sow et Pedretti, avant que Seydou Doumbia ne plante un doublé en toute fin de match. Même merde à Trabzonspor, lors d’un déplacement pourtant compliqué en Turquie, les Dogues ouvrent le score par Sow, mais craquent dans le dernier quart d’heure et concèdent le nul. Au fond, même le match face à l’Inter Milan a laissé des regrets aux Lillois. Car à y regarder de plus près, avec cet Inter-là, le LOSC est intrinsèquement la meilleure équipe de ce groupe, dans le jeu qu’elle est capable de proposer en tout cas. Oui, mais l’Europe, c’est l’Europe. Lors des rencontres au parfum de C1 disputées en Ligue 1, Lille a tout écrasé. On se souvient notamment de la démonstration de force des Lillois face à l’OL. Un vulgaire BAC blanc.

Sortir sans regrets

A trop perdre de points, les Lillois se sont mis la pression. Et peut-être qu’ils avaient besoin de ça. Besoin de jouer un match couperet, où il est interdit de tergiverser, de réfléchir, et où le don de soi est le seul mot d’ordre. Sur la pelouse du stade Loujniki, des couilles, il va falloir en avoir. Bien cachées, car la température prévue oscille entre -5° et -10°, mais bien là. Outre l’épreuve physique, les Lillois passent aussi une épreuve mentale. Eux, qui n’ont pas gagné le moindre match lors de leurs quatre dernières sorties, ne sont arrivés à Moscou qu’hier, à 22 heures, la faute au brouillard, alors qu’ils avaient fait en sorte d’affronter Toulouse vendredi pour être peinard.

De plus, il faudra certainement faire sans Marko Basa et Benoît Pedretti, tous deux blessés. Pas questions d’en faire une excuse pour Aurélien Chedjou, ultra-motivé dans les colonnes de L’Equipe : « Ce sont des impondérables qu’on ne maîtrise malheureusement pas. Ca chance nos plans, ce n’est pas l’idéal, mais notre motivation, elle, est intacte. On veut sortir de ce match sans regrets » . Les regrets, les Lillois en ont déjà. A eux de s’offrir une ultime séance de calculs. Dans quinze jours.

Par Swann Borsellino
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