Lille-Lyon, choc post-traumatique

Après les désillusions de la Ligue des champions cette semaine, Lille et Lyon se retrouvent dans le sommet de la 11e journée. Reste à savoir qui est le moins marqué par l’échec subi…

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Le football regorge de certains paradoxes qui défient jusqu’à quelques lois mathématiques. Ainsi, prenez une équipe A et une équipe B. La première a été battue de justesse (0-1) ; la seconde a été roustée (0-4) et encore, aurait pu se faire démâter davantage encore. Question : laquelle a pris le plus gros coup sur la carafe ? Bizarrement, la réponse n’a rien de si évident. Car en y regardant attentivement, il y a quelques piécettes à parier que l’Olympique Lyonnais n’est pas si choqué que ça par le passage d’un train merengue sur sa face mercredi soir du côté de Santiago Bernabeu. On ne va pas se mentir, les Gones savaient qu’ils allaient à la casserole. Depuis l’an dernier, ils ont pris conscience que les années fastes quand ils avaient les moyens de se payer la Maison Blanche telle une vulgaire « Marie couche-toi là » sont définitivement révolues. Et ce qui était vrai au grand complet l’an passé l’était doublement avec une escouade amputée et limitée. Ils auraient pu mettre davantage d’engagement à défaut de talent ? Peut-être, c’est vrai. Mais allez savoir si, en fait, l’OL n’avait pas déjà la tête au choc de dimanche. Le vrai choc à bien y regarder parce que jouable celui-là. Sans doute pour ça que personne n’a trouvé les Lyonnais réellement ravagés par la fessée publique encaissée en Espagne. C’était dans l’ordre des choses et probablement qu’une défaite (pas la raclée hein) était prévue, du moins largement envisagée, dans le tableau de marche rhodanien. Eventuellement, un nul sera une bonne opération lors de la seconde manche avant de tout mettre dans le sprint final face à l’Ajax Amsterdam. Oui, le vrai rendez-vous de la semaine est bel et bien ce déplacement à Lille.

Les certitudes lilloises malgré tout…

Le Losc, lui, sort aussi d’une défaite lourde de sens. Et on se dit que les Dogues le ruminent encore ce revers face à l’Inter Milan (0-1). C’est qu’on en avait presque fait les favoris des Nordistes de ce rendez-vous avec ce qui est pourtant l’avant-dernier champion d’Europe. Mais depuis le sacre de 2010, cet Inter s’était tellement enlisé alors que Lille était sacré l’an passé qu’on avait placé le champion de France en titre en position de force. Cet échec est d’autant plus rageant que dans le jeu, Lille a été tout près de faire plier les Nerazzurri. Le genre de match que l’on joue et rejoue mille et une fois dans sa tête les jours suivants. C’est peut-être aussi là qu’on va voir à la fois si le Losc est un grand club et si Rudi Garcia est un grand coach. Car c’est dans cette capacité à rebondir, à oublier ou du moins à faire le vide, qu’Eden Hazard et ses potes peuvent espérer faire plier Lyon. A eux de faire leur choix entre le verre à moitié plein et celui à moitié vide. Oui Lille a raté une immense occasion en C1 ; mais oui, aussi, Lille continue d’avoir des certitudes sur sa qualité de jeu, quand l’OL cherche encore un match référence face à un gros calibre cette saison, défait lors de leurs deux tests probants, Paris et le Real. Mais là encore, reste à savoir si les doutes lyonnais lus par le pragmatisme d’un Rémi Garde ne sont finalement pas plus bénéfiques que les certitudes lilloises pas toujours payantes. Vaste débat dont quelques réponses tomberont ce soir.

Tout le monde l’a vu, cette semaine désastreuse pour les clubs hexagonaux en Coupe d’Europe a confirmé l’idée d’une France en seconde division continentale. Mais ce soir, à Villeneuve d’Ascq, Lille et Lyon ont une formidable occasion de se refaire et de prouver que, eux, font bien partie de l’élite de la Ligue 1.



Par Dave Appadoo
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