Lille en sous-marin

Cachés quelque part entre Paris, Montpellier et Marseille, les Lillois profitent de l’emballement médiatique post-classico pour continuer ce qu’ils font depuis le début de la saison : avancer sans faire de bruit. Pourtant, après quinze journées, les Lillois comptent trois points de plus que l’an passé, après autant de matches.

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Merci Paris, merci Marseille, et merci Montpellier. Ce qui est bien, avec la nouvelle Ligue 1, celle de l’ère Qatar Sports Investments, c’est que l’on peut être champion de France en titre, tenant du titre en Coupe de France, troisième de Ligue 1, potentiel huitième de finaliste de la Ligue des Champions, le tout, sans faire le moindre bruit. Il faut dire qu’au lendemain de la quinzième journée, il y a beaucoup plus d’informations susceptibles de truster les unes que le bon début de saison du LOSC. L’affaire Gignac éclabousse les Bouches-du-Rhône, l’avenir d’Antoine Kombouaré fait vibrer tous les employés de Pôle Emploi Ile-de-France, et le Montpellier Hérault est en passe de troquer sa fameuse étiquette d’équipe poil à gratter pour un label "Atout certifié qualité". Comme quoi, même au crépuscule d’une année formidable, il est possible de se réveiller, la saison suivante, sans que chaque pas sur un terrain raisonne à travers l’Hexagone. Et à ceux qui, comme beaucoup d’autres, se seraient mis le doigt dans l’œil au lendemain de l’officialisation de la mort mentale du Paris Saint-Germain, ce sont bien les Lillois qui rafleront la mise si personne ne se bouge.

Tapi dans l'ombre parisienne

Oui, l’Olympique de Marseille a largement battu le Paris Saint-Germain au stade Vélodrome dimanche soir (3-0). Ni une ni deux, la presse spécialisée, du plateau du Canal Football Club aux coulisses d’Infosport, vient de réaliser que peut-être, le Paris Saint-Germain de Leonardo ne sera pas champion. S’il est beaucoup trop tôt pour pouvoir affirmer cela, il est tout de même étonnant de ne pas voir Lille mentionné une seule fois lorsque ceux à qui profite ce résultat sont évoqués. « Oui, ce résultat peut lancer la saison de Marseille » , a hier affirmé le plateau des Spécialistes avant le sondage aux téléspectateurs: « Les joueurs de Montpellier constituent-ils un candidat crédible dans la conquête du titre? » . Pas une fois, donc, Lille n’a été désigné comme le grand gagnant de cette journée. Et pourtant. Si René Girard se prend (enfin) à rêver – à juste titre – d’une bonne place à la fin de la saison, les favoris logiques en cas de déchéance parisienne seraient les joueurs de Rudi Garcia. Pourquoi ? La réponse est simple. Lille joue bien. Ceux qui, attristés par le bilan comptable des Lillois en C1, ont regardé le LOSC à Moscou (2-0) le savent. Ceux qui ont vu Lyon prendre le bouillon le savent également. Pas nécessairement moins bonne que l’année passée, l’équipe de Rio Mavuba est encore la meilleure de notre championnat.

Mieux que la saison dernière au même moment

Gervinho s’éclate à Arsenal, Rami apprend l’espagnol et Cabaye rayonne à Newcastle. Basa est encore convalescent, Payet trouve tout juste ses marques, et Pedretti a encore du mal à s’imposer. Le bilan du mercato estival est plutôt douloureux, et il explique peut-être les quelques contre-performances lilloises depuis le début de la saison. Quelques, parce qu’au fond, elles ne sont pas nombreuses. En fait, en Ligue 1, le LOSC n’a perdu qu’une seule fois, lors de la deuxième journée, au Stadium Nord, face à Montpellier (0-1). Depuis, pas la moindre défaite. Quelques « mauvais résultats » face à Evian TG (0-0) ou encore Lorient (1-1) et un match raté, le déplacement à Valenciennes (0-0). Pour le reste, Lille, c’est sept victoires, sept matches nuls et une défaite en quinze matches. Soit l’équipe qui a perdu le moins dans l’Hexagone. 28 points au compteur, trois de mieux que l’an passé après le même nombre de parties disputées. 28 unités, ce n’est que deux de moins que Paris, et cinq de moins que Montpellier. Et en attendant le 17 décembre et le déplacement attendu au Parc des Princes, les hommes de Rudi Garcia iront à Ajaccio, puis recevront Dijon. Puis avant les vacances et le Papa Noël, ce sera Nice, à Lille. Un programme qui ressemble à un boulevard, avec une seule alerte bison futé au niveau de la sortie périphérique Porte d'Auteuil. Mais bon, peut-être qu’après une victoire au Parc des Princes, les Lillois pourront être considérés comme candidats à leur propre succession. Et pour cela, un nul ferait même l’affaire.

Par Swann Borsellino
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C'est exactement ce que je me disais ces derniers temps. Les seuls fois où l'on parle de Lille c'est pour la Ligue des champions. Et encore, c'est parce que l'OL et l'OM ont fait des erreurs. Mais au final, je me demande si ce n'est pas justement ce qu'il faut à Lille.
A côté de cela, j'étais justement étonné e bien de la réaction des Montpellierains qui n'hésitent pas à clamer leurs ambitions, contrairement à Lille l'année dernière qui nier l'évidence.
Lille a l'équipe la plus joueuse et la plus technique de Ligue 1, et quand on voit le banc ça donne quand même envie: Obraniak, Payet/J.Cole selon la forme, De Melo, Jelen, Gueye, Rozenhal, Balmont, Enyeama... ça paye pas de mine comme ça, mais c'est très bien huilé et du coup ça joue facile les premières places!
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