France - Ligue 1 - LOSC
Lille dérive
Depuis quelques semaines, le champion de France dérouille. Mercato compliqué, défense à la rue, expression collective absente et éliminations en cascade. Et si Rudi Garcia était en train de perdre la main ?
Lille dérive
Sur les cinq derniers matches officiels du LOSC, les Dogues en ont perdu trois (Marseille et Bordeaux en Ligue 1, Valenciennes en Coupe de France). Ça fait beaucoup quand on espère tutoyer les sommets. Même si les Lillois sont toujours sur le podium, le match en retard de l'OM à Evian pourrait gicler les ouailles de Rudi Garcia de la troisième place. Et franchement, sur les dernières semaines, c'est presque logique. S'il fallait trouver un début de moins bien aux maux du LOSC, on pourrait pointer le curseur sur ce drôle de match de décembre, contre Nice (4-4, alors que les Nordistes menaient 4-3 à la 93e). Depuis, tout est parti de travers. A commencer par ce match de dimanche, contre Bordeaux. Une rencontre aussi spectaculaire que folle (victoire 5-4 des Girondins sur la pelouse lilloise, alors que les locaux étaient revenus à 4-4 après avoir été menés 4 buts à 1).
Un résultat qui a laissé des traces. Notamment dans l'esprit de Rudi Garcia qui s'est montré très dur envers ses joueurs en conférence de presse d'après-match. « C'était opération portes ouvertes dans ma défense. Dans ces conditions, un coach ne peut pas être content. De toute façon, pour prendre cinq buts sans que l'adversaire nous ait mis hors de position par la qualité de ses actions, c'est qu'il y a eu un gros problème chez nous. Il va falloir que tout le monde se reconcentre et élève son niveau. » Le ton est sec. Direct. Presque résigné.
Le bug Pedretti
Il faut dire que la défense lilloise est coutumière du fait. Déjà, au trophée des champions, Lille avait lâché par cinq fois contre l'OM (défaite 5-4). En plus du match niçois, c'est donc la troisième fois que les champions de France prennent l'eau défensivement. Pour comprendre ce qui cloche, il suffit de se pencher sur la case mercato. L'été dernier, Rami, Cabaye et Gervinho se sont fait la malle. Numériquement, Basa, Pedretti et Payet sont venus renforcer l'effectif. Sur le papier, les arrivants sont moins costauds que les partants. Surtout, la sérieuse blessure de Basa a ébranlé le socle défensif de Garcia. L'arrivée au mercato de Cetto ne change rien. Chedjou est seul. Contre Bordeaux, c'est Rozenhal qui officiait en défense centrale. Le Tchèque est trop lent, il met trop de temps à se retourner et n'a aucun impact physique. Tout l'inverse d'un Rami taillé comme un mec de l'UFC.
Au milieu, c'est Pedretti qui pose problème. On savait que le départ de Cabaye allait laisser des traces, mais pas à ce point. La Ped' n'arrive pas à trouver ses marques au sein du triangle qu'il doit former avec Mavuba et Balmont. L'homme à la même coupe de cheveux depuis une décennie ne trouve pas le rythme et joue les intermittents. Quant à Dimitri Payet, il est très loin d'un Gervinho, tant dans les stats (deux caramels, seulement), que dans l'implication collective. Globalement, Le collectif lillois tire la tronche. Et ça se voit. La bonne surprise que représente Joe Cole est un cache-misère. Volontairement, on ne parle pas de l'extra-terrestre Hazard, devenu LE patron lillois. Un boss qui partira sous d'autres cieux en juin. L'avenir s'écrira donc sans lui.
Les ratés Sow et Obraniak
Ce qui inquiète, c'est la manière dont Lille vient de gérer son mercato hivernal. D'habitude, les dirigeants nordistes géraient cet exercice avec subtilité, doigté et perspicacité. Là, on aurait dit un mec bourré tentant de s'intégrer dans son lit conjugal sans faire de bruit. Hésitant, grossier et maladroit. Alors que les dirigeants lillois martelaient que le départ de Ludovic Obraniak était lié à son remplaçant, le gaucher polonais a finalement rallié Bordeaux sans personne pour le remplacer. Dimanche, le néo-Bordelais a d'ailleurs planté un doublé contre ses anciens potes. D'un certain côté, le transfert d'Obraniak – qui cherchait du temps de jeu – est compréhensible. Celui qui l'est moins, c'est celui de Moussa Sow.
Meilleur buteur de Ligue 1 l'an dernier, le Sénégalais a pris la route d'Istanbul pour 13 millions d'euros. Hormis la bonne affaire financière (Sow était arrivé gratuitement en provenance de Rennes), on ne comprend pas la logique sportive. Surtout, les déclarations de Sow ont jeté le trouble sur la manière dont le club gère ses joueurs. « Avant la trêve, je ne me voyais pas partir. (...) Je pense que les supporters se demandent aussi pourquoi je pars, sachant que le club a des ambitions et que je pouvais encore apporter. Je veux qu’ils sachent que je n’avais pas envie de partir », lâchait le joueur dans les colonnes de L'Équipe fin janvier. Ce à quoi Lille a gentiment répondu que « le club n’a en aucun cas engagé de démarches visant à transférer le joueur avant que l’entourage du joueur et le club turc eux-mêmes ne l’informent d’un accord trouvé entre les deux parties et de leurs volontés d’obtenir du LOSC le transfert de Moussa Sow. L’origine et la raison du départ de Moussa Sow ne sont donc pas à mettre en relation à une action ou à une volonté du LOSC ». Ambiance scandale, danses de vandales.
Même si le recrutement de Nolan Roux peut s'avérer payant sur le moyen terme, la logique collective laisse dubitative. A l'heure actuelle, Lille n'a plus que le championnat pour exister. A priori, la troisième place demeure le seul objectif réalisable. Pour ce faire, il faudra se débarrasser de Rennes, Lyon, Saint-Étienne et de Marseille. Les ouailles de Rudi Garcia en sont-elles capables ? Sur ce que l'on voit actuellement, non. Il y a peu, on présentait Lille comme le modèle français à suivre. Un centre d'entrainement ultra moderne, une philosophie de jeu, un centre de formation, un futur grand stade et une certaine santé financière. En fin de saison, si Lille n'accroche pas la Ligue des Champions, on parlera d'un pas en arrière. Ou plus simplement, d'un échec. Et là, il faudra reconstruire sans les Hazard, Cole ou Chedjou, pour ne citer qu'eux.
Un résultat qui a laissé des traces. Notamment dans l'esprit de Rudi Garcia qui s'est montré très dur envers ses joueurs en conférence de presse d'après-match. « C'était opération portes ouvertes dans ma défense. Dans ces conditions, un coach ne peut pas être content. De toute façon, pour prendre cinq buts sans que l'adversaire nous ait mis hors de position par la qualité de ses actions, c'est qu'il y a eu un gros problème chez nous. Il va falloir que tout le monde se reconcentre et élève son niveau. » Le ton est sec. Direct. Presque résigné.
Le bug Pedretti
Au milieu, c'est Pedretti qui pose problème. On savait que le départ de Cabaye allait laisser des traces, mais pas à ce point. La Ped' n'arrive pas à trouver ses marques au sein du triangle qu'il doit former avec Mavuba et Balmont. L'homme à la même coupe de cheveux depuis une décennie ne trouve pas le rythme et joue les intermittents. Quant à Dimitri Payet, il est très loin d'un Gervinho, tant dans les stats (deux caramels, seulement), que dans l'implication collective. Globalement, Le collectif lillois tire la tronche. Et ça se voit. La bonne surprise que représente Joe Cole est un cache-misère. Volontairement, on ne parle pas de l'extra-terrestre Hazard, devenu LE patron lillois. Un boss qui partira sous d'autres cieux en juin. L'avenir s'écrira donc sans lui.
Les ratés Sow et Obraniak
Ce qui inquiète, c'est la manière dont Lille vient de gérer son mercato hivernal. D'habitude, les dirigeants nordistes géraient cet exercice avec subtilité, doigté et perspicacité. Là, on aurait dit un mec bourré tentant de s'intégrer dans son lit conjugal sans faire de bruit. Hésitant, grossier et maladroit. Alors que les dirigeants lillois martelaient que le départ de Ludovic Obraniak était lié à son remplaçant, le gaucher polonais a finalement rallié Bordeaux sans personne pour le remplacer. Dimanche, le néo-Bordelais a d'ailleurs planté un doublé contre ses anciens potes. D'un certain côté, le transfert d'Obraniak – qui cherchait du temps de jeu – est compréhensible. Celui qui l'est moins, c'est celui de Moussa Sow.
Meilleur buteur de Ligue 1 l'an dernier, le Sénégalais a pris la route d'Istanbul pour 13 millions d'euros. Hormis la bonne affaire financière (Sow était arrivé gratuitement en provenance de Rennes), on ne comprend pas la logique sportive. Surtout, les déclarations de Sow ont jeté le trouble sur la manière dont le club gère ses joueurs. « Avant la trêve, je ne me voyais pas partir. (...) Je pense que les supporters se demandent aussi pourquoi je pars, sachant que le club a des ambitions et que je pouvais encore apporter. Je veux qu’ils sachent que je n’avais pas envie de partir », lâchait le joueur dans les colonnes de L'Équipe fin janvier. Ce à quoi Lille a gentiment répondu que « le club n’a en aucun cas engagé de démarches visant à transférer le joueur avant que l’entourage du joueur et le club turc eux-mêmes ne l’informent d’un accord trouvé entre les deux parties et de leurs volontés d’obtenir du LOSC le transfert de Moussa Sow. L’origine et la raison du départ de Moussa Sow ne sont donc pas à mettre en relation à une action ou à une volonté du LOSC ». Ambiance scandale, danses de vandales.
Même si le recrutement de Nolan Roux peut s'avérer payant sur le moyen terme, la logique collective laisse dubitative. A l'heure actuelle, Lille n'a plus que le championnat pour exister. A priori, la troisième place demeure le seul objectif réalisable. Pour ce faire, il faudra se débarrasser de Rennes, Lyon, Saint-Étienne et de Marseille. Les ouailles de Rudi Garcia en sont-elles capables ? Sur ce que l'on voit actuellement, non. Il y a peu, on présentait Lille comme le modèle français à suivre. Un centre d'entrainement ultra moderne, une philosophie de jeu, un centre de formation, un futur grand stade et une certaine santé financière. En fin de saison, si Lille n'accroche pas la Ligue des Champions, on parlera d'un pas en arrière. Ou plus simplement, d'un échec. Et là, il faudra reconstruire sans les Hazard, Cole ou Chedjou, pour ne citer qu'eux.
Par Mathieu Faure





"une grosse décennie et une présence européenne"
tu plaisantes là j'espère?!
c'est quoi la grosse décennie "notamment sur la scène européenne" de Bordeaux?
Le quart franco-français après avoir sorti l'Olympiakos?!
Excuse moi mais j'appelle pas ça de la grosse décennie.
Autant Lyon je veux bien : les mecs ont des superbes matchs référence en LDC et des qualifs sur 12 ans, autant Bordeaux (comme Marseille du reste) n'a pas grand chose à faire valoir.
Et puis je parlais surtout du championnat domestique, hein.
m6 part du groupe LVMH? Tu m'en apprendras tous les jours tiens donc...L'actionnaire principal de m6 est Bertelsmann (groupe RTL), je ne sais pas où tu es allé pêcher cette info.
Ensuite je me permets de te rappeler la différence entre un actionnaire et un mécène. Un actionnaire investit de façon raisonnée, participe au développement du club (cf: achat de Gourcuff, déficit comblé l'an dernier, investissement massif dans le nouveau stade) tandis que le mécène claque son blé sans rien attendre en retour. Comme je te l'ai dit précédemment, m6 est un groupe côté qui, en fin d'année, doit des comptes à ses actionnaires et ne peut se permettre d'investir à fonds perdus dans le ballon. Cela est complétement différent pour l'OM dont l'actionnaire majoritaire est MLD en tant que personne physique via une holding dédiée Eric Soccer (de mémoire), les investissements faits dans l'OM étant parfaitement indépendants de ceux du groupe Louis-Dreyfus (même chose pour Pinault à Rennes). Un peu de culture éco ne ferait pas de mal avant d'intervenir sur des sujets aussi sensibles.
ce n'est pas comme si on n'était pas habitué à ce genre de pleurnicherie du côté du stadium nord, après tout !
Quand je parle de grosse décennie sur la scène européenne, je te parle d'une présence quasi ininterrompue en Europe entre 1996 et 2010, ce que peu de clubs (à part Lyon et peut être l'OM) peuvent se targuer.
Pour le 1/4 en ayant éliminé l'Olympiakos, on aurait certainement joué un adversaire plus huppé si on avait pas fini premiers de poule haut la main en prenant 16 points sur 18 possibles dans un groupe incluant la Juve et le Bayern, excusez du peu.
Mais j'avoue que pour m'être rendu au match, je me suis intéressé aux déplacements de Pedretti. Et force est de constater qu'il y a une erreur de casting. Pedretti restait sur de belles saisons à Auxerre, où il avait pour principale qualité son jeu long précis.Dans le système Jean Fernandez, avec Jelen qui prenait la prodondeur cela fonctionnait assez bien. Or, les équipes adverses ont rarement joué haut contre Lille et son jeu devenait inutile.
Contre Bordeaux Dimanche, il disparait de longs instants sur les phases de jeu, ne se projette pas vers l'avant histoire de créer un surnombre.
Dans le système lillois, La ped is dead...
Vous confondez un truc: avoir une grande gueule, c' est pas avoir de l' ambition.
- côté mercato, ils ont laissé filer Sow car il demandait qu'ils doublent son salaire et qu'à la fin de l'année il ne restait plus qu'un an de contrat. Donc 13M c'était inespéré. Après, qu'il raconte qu'il voulait pas partir ça me fait doucement rire... Pour Obraniak, le club a fait l'erreur de respecter sa demande de partir pour plus de temps de jeu car il avait un comportement exemplaire (notamment l'année dernière). Quand on a Cole et Payet c'est difficile de faire jouer Obraniak. Il est bon mais il n'est pas toujours du niveau de ce WE. Il a dit lui même que ses agents avaient dit au club qu'ils feraient tout leur possible pour qu'il ne joue pas contre Lille... Mais il considère que lui ne s'est pas engagé.
- côté résultat, je suis OK sur les match de Nice, de Lyon, de Marseille. Mais pour ce WE, Lille a surtout eu un Rozenhal complètement à la rue (pourquoi Cetto n'était pas titulaire?!?). Après j'ai trouvé que l'équipe a été énorme pour remonter à 4-4. Et au final comme ils ont voulu absolument chercher les 3 points ils ont tout perdu. En même temps je préfère supporter une équipe qui joue.
Au final, on passe notre temps à se plaindre que la L1 c'est de la m... et qu'il n'y a jamais de but que l'on a que des 1-0 ou des 0-0. Et quand une équipe joue (trop?) l'attaque on la considère comme étant une équipe en perte de
vitesse.
Juste une dernière chose, il ne faut oublier que Lille a un match en retard aussi. L'auteur de l'article semble l'oublier quad il dit : "Même si les Lillois sont toujours sur le podium, le match en retard de l'OM à Evian pourrait gicler les ouailles de Rudi Garcia de la troisième place."