Lille court après le passé

Objectif doublé, acte 1. Après plus de cinquante années passées à courir derrière un titre, le LOSC est en passe de mettre un sacré coup derrière la tête des cadors du championnat de France. La capitale est la première à trembler.

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1955. La nouvelle star du burger chez l'Américain Mc Donalds n'a jamais eu autant de signification que dans le Nord de la France, en ce joli mois de mai. Sandwich qui tombe à pic, la coqueluche des afficionados de la junk-food se veut l'ambassadeur des années 50, les fameuses fifties auprès de l'ignorante jeunesse française. Du haut de ses 47 ans, Rudi Garcia, né en 1964 et enfant des Hendrix, Brel et autres Bob Dylan, se demande bien ce qui a pu se passer de si fort après la seconde guerre mondiale pour que les supporters du LOSC, même les moins aguerris, se rappellent de ces années comme des plus belles années de l'histoire de leur sport préféré. Il y a un peu plus d'un demi-siècle, le LOSC, champion de France en titre, remportait la Coupe de France. Les années cinquante, comme le football, n'ont jamais autant été à la mode à Lille.



Petit Lille deviendra grand



Femme politique efficace, maire amoureuse de sa ville, Martine Aubry a bien révisé l'histoire de son LOSC avant de s'offrir une petite sortie football sur les écrans de Grand Lille TV. Mieux conseillée que Roselyne Bachelot, la première secrétaire du Parti Socialiste y est donc allée de sa petite analyse sur le match de Coupe de France. Une prise de risque mesurée : «  Je ne critique pas les grandes équipes, l'OL, l'OM, le PSG, le Stade Rennais, on les cite toujours, mais j'aimerais bien que maintenant, on re-cite, comme dans les années 45-55, le LOSC. Avec la saison qu'il a réalisé cette année, le travail qui a été fait depuis Vahid Halilhodzic, puis Puel et maintenant Rudi Garcia, le LOSC est monté en puissance » . Une montée en puissance médiatique et populaire, qui amène la haute-sphère de la préfecture du Nord Pas-de-Calais à s'enthousiasmer soudainement pour équipe performante depuis déjà quelques temps. Anciens joueurs, entraîneurs, piliers de bar et politiques donc, tous montent au créneau pour soutenir le petit LOSC, en passe de redevenir le grand Lille, comme au début des années cinquante.



Joue la comme l'OM

Champion de France en 1946 et 1954, vainqueur de la Coupe de France en 1953 et 1955, le LOSC court après son glorieux passé. Plus que bien parti en Championnat, les Lillois espèrent un succès ce soir pour lancer la machine à trophée. Car si la Coupe de France venait à être soulevée par les petits bras de Rio Mavuba, plus qu'un simple titre, c'est un déclic que pourraient avoir remporté les hommes de Rudi Garcia. Une victoire en Coupe qui mettrait la mécanique en marche, un scénario qui a souri à l'Olympique de Marseille la saison passée et qui devrait sans doute inspirer les Lillois ce soir, tard, en cas de victoire. Si on entend déjà les détracteurs des joueurs du Nord parler de peur de ne rien gagner, de perte de confiance et donc du titre, il paraît assez évident qu'en cas de victoire ce soir, les Lillois feraient un grand pas vers le titre de Champion. « La coupe est une belle parenthèse, là, on ne pense plus du tout au championnat » confiait Rudi Garcia à L'Equipe. Gageons que dans la victoire comme dans la défaite, les Dogues auront la tête à Sochaux dès ce soir.

Swann Borsellino

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