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Libertadores: les gros débutent doucement

Après une journée de compétition, difficile de dégager des vérités de cette Copa Libertadores 2012, mais quelques enseignements tout de même à l'heure du premier bilan. Le niveau global est très homogène, les favoris, encore en rodage, ont souffert lors de déplacements lointains, et les supposées petites équipes ne le sont plus vraiment. Les temps changent.

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Le match: The Strongest-Santos

Le vrai bon match de cette première levée, une partie intense, avec une dramaturgie puissante, les Boliviens rendant leur stade maboule à l'ultime seconde. Car au terme d'une partie de bon niveau, où tout allait très vite d'un camp à l'autre, The Strongest a prouvé face au tenant du titre que son nom ne mentait pas et qu'il serait compliqué de venir les chercher à la Paz.. En clair, les Tigres ont noyé le Peixe (2-1).

A l'image de Neymar, bon mais pas décisif, certainement inquiété par les viandards de la défense bolivienne qui lui susurraient à l'oreille le gimmick de Michel Telo, "Ai se eu te pego" (Ah si je t'attrappe en VF), les Meninos da Vila ont manqué de réalisme. Tout avait pourtant bien commencé pour les joueurs de Muricy Ramalho, en tête après 15 minutes de jeu, mais les locaux sont revenus dans une seconde période où Santos a manqué de fraîcheur et se sont imposés au forceps à la dernière minute.

Le courage, l'abnégation, deux mots pas vains dans la cloisonnée Bolivie. Car bien souvent, le seul moyen de passer pour les équipes de l'Altiplano, c'est d'asphyxier littéralement les adversaires à domicile. The Strongest, en faisant le plein sur son terrain perché, pourrait donc laisser un des deux gros (Santos et l'Inter) du groupe sur le carreau.

Autre match intéressant, Lanus-Flamengo (1-1). Les deux outsiders ont montré de belles choses dans une partie de bon niveau, globalement dominée par les Argentins. Ronaldinho, aux abonnés absents, n'a pas empêché les Cariocas de ramener un point précieux de Buenos Aires.

Ils ont déçu

En Copa Libertadores, les vérités d'une semaine ne sont pas forcément celles de la semaine suivante. Il faut donc se méfier des contre-performances inaugurales des favoris, pour la plupart encore en phase de reprise. Cependant les échecs des candidats à la victoire ne laissent pas de doute sur le resserrement du niveau global d'une compétition qui risque d’être un casse-tête pour les bookmakers.

Les gros ont démarré lentement et n'ont pas pu ramener grand-chose de leurs déplacements éreintants dans le Nord du continent à l'image de Boca ou des Corinthians, tenus en échec au Venezuela. Et que dire de Santos, asphyxié sur les hauts plateaux boliviens. Inquiétant aussi, la défaite de la U de Chile en Colombie sur la pelouse de l'Atletico Nacional, dans un groupe très homogène où l'autre favori présumé Penarol a perdu contre Godoy Cruz... Sans véritable avant-centre depuis le départ de Vargas, parti coiffer Edinson Cavani à Naples, et de Gustavo Canales en Chine, la U risque d'avoir du mal à s'extraire du vrai groupe de la mort de la compétition.

Chivas, la meilleure équipe mexicaine engagée, a également manqué ses débuts en concédant le nul à domicile face au Deportivo Quito. Sinon les deux équipes péruviennes engagées (l'Alianza Lima et Juan Aurich) se sont inclinées. Comme chaque année, les clubs incas risquent de sauter rapidement et dans l'indifférence générale. Tristesse.

Ils ont assuré

Seul favori présumé à avoir assumé son statut, l'Inter de Porto Alegre a tranquillement battu les Péruviens de Juan Aurich (2-0). L'équipe du Sud du Brésil et son armada argentine (D'Alessandro et Datolo en tête) se mettent dans les meilleures dispositions avant le déplacement à Santos le 7 mars prochain, pour le premier vrai "gros" choc du tournoi. Autant dire que si l'Inter gagne, la qualification sera déjà pratiquement in the pocket.

D'autres outsiders ont assuré à l'image de Velez, vainqueur 3-0 du Defensor Sporting en Uruguay ou de Fluminense qui s'est imposé sans convaincre face à l'Arsenal de Sarandi grâce à un but de Fred. Les Mexicains de Cruz Azul ont également gagné.

Plus étonnant, aucun des quatre représentants boliviens ou vénézuéliens, parents pauvres du football continental en lice, n'ont perdu. Ça devrait être pour la prochaine journée.

L'équipe: Libertad

Libertad était le club favori du dictateur Alfredo Stroessner, surnommé le tyrannosaure par l'écrivain Augusto Roa Bastos. Sans doute un pied-de-nez de l'histoire, alors que le club d'Asuncion a été fondé par des opposants au Parti Colorado, précisément celui sur lequel s'est appuyé le sympathique Stroessner pour tenir le pays par les burnes pendant 35 piges.

Quoi qu'il en soit les joueurs de la liberté font partie de l'équipe de ce début de tournoi. Dans une compétition au calendrier indéchiffrable en raison de l'ajustement nécessaire sur les championnats nationaux. Libertad a déjà disputé 2 matchs, et l'équipe paraguayenne s'en est plutôt bien sortie en tapant l'Alianza Lima à domicile et surtout en allant chercher le Nacional Montevideo de Marcelo Gallardo chez lui (1-2). Le club guarani, qui compte dans ses rangs une flopée d'internationaux, a une bonne tête de poil à gratter. Solide et redoutable de réalisme, il a en tout cas déjà pris une belle option sur la qualification avant la double confrontation face à Vasco de Gama.

Le joueur : Tabaré Viudez

Un retour en grâce. Parti trop tôt se brûler les ailes du côté du Milan AC, le jeune Tabaré était fini à même pas 20 ans. Avant de revenir la queue entre les jambes dans son pays et de signer avec bonheur au Nacional Montevideo où il a joué un rôle prépondérant dans l'obtention du titre de champion l'an dernier. Homme-clé du système Gallardo, Viudez surnommé El Demonio est le joueur frisson de ce début de Copa Libertadores. Ailier gauche ou attaquant déroutant, il a été à l'origine des deux buts de son équipe lors de la victoire face à Vasco de Gama, avant de briller également malgré la défaite face à Libertad. Si ses arabesques n'ont pas suffi face aux Guaranis, le joueur de poche (1m70) pourrait vite être appelé avec la Celeste et partir chercher fortune en Europe. Qu'il en profite, tout le monde n'a pas le droit à une seconde chance.

Par Arthur Jeanne
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