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Lettre à Pedro Miguel Pauleta

Hier Zlatan Ibrahimović a inscrit ses 109e et 110e buts sous les couleurs du Paris Saint-Germain. Suffisant pour effacer Pedro Miguel Pauleta des tablettes du club, pas de son cœur ni de sa mémoire. Hommage à un aigle qui a longtemps surnagé au milieu de joueurs banals.

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Cher Pedro,

Dimanche soir, un grand homme s'est permis le luxe de te déposséder de ton titre de meilleur buteur de l'histoire du Paris Saint-Germain. En marquant deux buts face à l'OM, il t'a aussi surpassé dans la hiérarchie des buteurs parisiens face à l'Olympique de Marseille. Le tout, en disputant 67 rencontres de moins que toi avec la tunique parisienne. Bravo à lui. N'empêche qu'il aurait pu faire preuve d'un peu plus de respect envers l'immense joueur que tu as été. Effacer ta marque d'un doublé sur penalty, c'est plutôt moche. Et symbolique. Zlatan Ibrahimović a toujours donné l'impression d'être au-dessus de l'institution Paris Saint-Germain, et la manière expéditive dont il a battu ce record a comme un arrière-goût de snobisme. Ce qui est chiant, c'est qu'on ne peut pas le lui reprocher. Le Suédois est tout simplement plus fort que toi, plus fort que le PSG, plus fort que la Ligue 1. Mais comme pour Raúl avec le Real Madrid, on ne peut pas s'empêcher de penser que le vrai numéro un, c'est toi. Pour ton humilité, pour ton respect pour l'écusson qui ornait ton maillot bleu et rouge et pour toutes les galères que tu as évitées à l'actuel leader de L1. Qui sait à quel échelon du football national Paris évoluerait aujourd'hui si tu n'étais pas passé par là. Sans Pauleta, il n'y aurait peut-être jamais eu d'Ibra.

Quand tu as signé dans la capitale, en 2003, tu connaissais la Ligue 1 et réciproquement. Double tenant du trophée de meilleur joueur UNFP, tu avais déjà l'habitude de martyriser les défenses françaises avec les Girondins de Bordeaux. Y compris celle de Paris. Dominique Casagrande doit d'ailleurs se souvenir de ce lob de 45 mètres comme d'hier. À l'inverse de beaucoup de recrues de l'époque, tu ne t'es pas dégonflé en débarquant au Parc. À ta façon, grâce à tes qualités, tu as su faire oublier le départ de l'immense Ronaldinho, avec qui tu aurais sans aucun doute formé l'un des plus grands duos de l'histoire du championnat de France. Au lieu de ça, tu t'es tapé Hugo Leal, Alioune Touré, Rudy Haddad (cœur sur lui aussi), Modeste M'Bami, Sergueï Semak, Stéphane Pichot, F. Dja Djédjé, pour ne citer que ceux-là. Bien sûr, tu as pu déguster les caviars de Sorín, Rothen et quelques autres, mais tu n'as jamais eu le privilège de goûter aux délices de Verratti ou Pastore, contrairement à cet homme venu du froid. Comme si ça ne suffisait pas, tu as été coaché par Guy Lacombe et Paul Le Guen. Dans de telles conditions, n'importe quel attaquant de ta trempe aurait fait un bras d'honneur au club et se serait barré chez l'hégémonique rival lyonnais, qui te faisait du pied à chaque mercato. Pas toi. Ton sens de l'honneur t'en empêchait. Ta confiance en toi, aussi. Tu étais conscient que, même sans être entouré de cracks, tu pouvais planter des pions par dizaines. Et tu avais raison. Tu savais si bien te placer, tu sentais tellement bien le jeu, que, même avec des quiches pour t'épauler, tu finissais toujours par marquer une vingtaine de buts par saison.


Pour autant, pouvait-on te qualifier de renard, Pedro Miguel ? Pas vraiment. Quel genre de renard ridiculiserait Fabien Barthez d'un angle impossible ou d'une frappe limpide en dehors de la surface ? Quel genre de renard marque des coups francs, slalome dans la surface, ou, tout simplement, court autant que tu ne le faisais ? Certes, tu n'avais pas la folie de Zlatan, ses acrobaties, ses dribbles ou sa puissance, mais ton arsenal était si étoffé qu'il te permettait de marquer toute sorte de buts. Surtout, tu savais te montrer décisif. En 2003-2004, tes 18 buts ont presque permis à Paris de détrôner le roi Lyon. Pour te consoler des échecs répétés en Ligue 1, tu as offert plusieurs succès en Coupe de France et Coupe de la Ligue à ta nouvelle maison. Celle pour qui tu as porté le brassard de capitaine, chanté, ri, pleuré… Les larmes que tu as versées le 10 mai 2008 à l'issue de ton dernier match au Parc des Princes sont autant ta 110e œuvre que la preuve de l'amour et du respect que tu portais à ce public avec lequel tu communiais à chaque but, avec qui tu prenais le temps d'échanger à chaque crise. Si l'idée de te siffler n'a jamais traversé l'esprit du plus ingrat de tes supporters, c'est que tu étais trop bon sur le terrain et trop humble en dehors pour le mériter. Pour cela et bien d'autres choses encore, qu'importe si Ibrahimović t'a détrôné, qu'importe si demain Cristiano Ronaldo débarque et marque encore plus que le Suédois et toi réunis, qu'importe si tu glisses dans la hiérarchie des buteurs du club au fur et à mesure que les années défileront, tu resteras à jamais le meilleur buteur du Paris Saint-Germain. « Tu ne seras jamais seul, car nous deux, c'est pour la vie. »

Par William Pereira
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