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Létang salé

Nommé président du Stade rennais il y a un peu plus d'un mois, Olivier Létang n'a depuis connu qu'une défaite – à Strasbourg mi-novembre – et vécu une qualification en Coupe de la Ligue face à l'OM cette semaine. Mais qui se cache derrière l'ancien directeur sportif du PSG qui retrouve son ex samedi au Roazhon Park ?

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Il a le visage du protecteur, de celui qui refuse qu'on utilise son sport comme un vulgaire jouet de Noël et qui connaît l'équilibre fragile sur lequel le foot est posé. Ce dernier pourrait s'écrouler, ou du moins basculer. Quelques semaines plus tôt, Christian Gourcuff – alors que les suiveurs du Stade rennais pointaient le manque de communication du club après la fracture en pleine course de la deuxième recrue la plus chère de son histoire, Ismaïla Sarr – avait insisté sur l'aspect sacré de son milieu : « On fait du foot, et le foot, ce n'est pas la guerre. » Là, c'est le terrain, et le combat de Gourcuff est ailleurs. Interrogé en pleine tempête fin octobre, soit pourtant après deux victoires consécutives en Ligue 1 face à Lille (1-0) et à Dijon en Coupe de la Ligue (2-1), le coach breton avait alors élevé le curseur : « Les clubs sont des sociétés. Ça dépasse le cadre du foot. C'est comme des multinationales qui gèrent la production de lait à Carhaix avec des Chinois qui sont propriétaires. L'agriculteur qui vend du lait à Carhaix ne se préoccupe pas de savoir si on gère son avenir à Shanghai. » Partant, Christian Gourcuff avait repris ses outils, l'espoir qu'on le laisse pousser jusqu'à ses limites « le projet de jeu, de club » aux chevilles, chose pour laquelle il avait accepté de revenir à Rennes, quinze ans après avoir déjà vu ses ficelles coupées dans un mix de bordel et de flou.


Preuve : à son arrivée lors de l'été 2016, l'entraîneur avait appuyé sa vision en distribuant à tous les étages du club un document d'une trentaine de pages dans lequel il définissait clairement ce qu'il entendait mettre en place. On peut alors y lire que « l'identité de jeu repose sur des options de jeu bien définies, stables dans la durée, et tous les clubs qui ont marqué l'histoire, au-delà des résultats, l'ont fait par cette identité de jeu : l'Ajax, l'AC Milan, le Barça » . L'idée est alors de laisser une trace derrière lui, un héritage, des fondations sur lesquelles son éventuel successeur pourrait un jour s'appuyer, le plus tard si possible. Au moment de la reprise estivale, René Ruello, président phare du projet Gourcuff, avait ainsi souligné que « l'impatience dans le football fait faire des bêtises » . Pourquoi s'inquiéter ?

Exécution publique


Puis, un soir de Ligue 1 comme l'exécution publique d'un chantier en cours : le 3 novembre dernier, dans la foulée d'une victoire aussi précieuse que difficile à se dessiner face à Bordeaux (1-0) au Roazhon Park, René Ruello débarque face à la presse, parle du « délire médiatique hallucinant de la mi-octobre » et annonce son choix de « quitter [ses] fonctions à la présidence du club, malgré le soutien et les assurances de [son] actionnariat » . Dans un dernier souffle, l'homme espère que son successeur aura « la sagesse, la patience et l'intelligence de poursuivre, avec Christian Gourcuff, le travail qu'il a commencé » . Virage, direction la conférence d'après-match où le foot n'est plus là, évaporé. Olivier Létang, l'ex-directeur sportif du PSG, vient de prendre les commandes du vaisseau breton. Gourcuff : « On fait les choses à l'envers. Je ne le connais pas... Maintenant, ça m'étonnerait que quelqu'un soit parachuté pour ce qu'on voulait faire. (...) Ce que je sais, c'est que j'avais un président – et je connais un peu le monde du foot, et il y a beaucoup de m'as-tu-vu dans le foot –, qui était cultivé, qui connaissait le foot, parce que c'était un ancien joueur, qui avait de la personnalité. Cherchez dans le foot les personnes qui ont toutes ces qualités-là, vous n'en trouverez pas beaucoup. » Quatre jours plus tard, le conseil d'administration du Stade rennais valide l'arrivée de la nouvelle direction, Gourcuff sera écarté le lendemain, Sabri Lamouchi nommé à sa place, et, au centre de tout ça, une question comme un problème moderne : pourquoi ? « Dès le départ, il y a eu une interrogation : avec qui peut-on développer ce projet ? Il y avait la possibilité de le faire avec Christian Gourcuff. (...) Et la décision a été prise dans la dernière semaine, à partir du moment où je n'ai pas senti Christian, dans ses déclarations, en capacité d'être à 200% derrière le projet que je souhaitais développer » , justifiait Létang dans les colonnes de L'Équipe récemment, comme pour valider le changement de monde.

Les souvenirs et le « multiposte »


Avec Létang, Rennes doit basculer, être « rapidement opérationnel » , « vivre et donner de l'émotion » , et devenir « un club qui pourrait jouer l'Europe régulièrement » tout en rêvant d'un « parcours à la niçoise » . Chouette pour la façade, surtout avec un « expert des dossiers » . Et les souvenirs reviennent, les commentaires passés avec, au moment où François Pinault entend « ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire de son club » alors que l'arrivée de Létang a, avant tout, été gérée par son fils, François-Henri, lors d'une rencontre à Londres mi-octobre. Au fond, personne ne connaît vraiment la vérité, « si ce n'est le père et le fils » , confie une source proche du club qui évoque « une ambiance tendue, d'incertitude » dans les couloirs du Stade rennais. En réalité, le choix de Létang aurait été arrêté le 2 octobre dernier, quelques jours après une défaite contre Caen (0-1), lors de l'anniversaire de Christophe Chenut, ancien président du Stade de Reims, depuis entré au CA du Stade rennais et notamment aperçu lors du tirage au sort des 32es de finale de la Coupe de France. Mais qui est vraiment Létang ? Drôle d'impression au moment d'interroger certains entraîneurs qui ont travaillé sous ses ordres, notamment à Reims. « Je n'ai plus envie d'avoir de souvenirs de lui » , confie l'un d'entre eux, là où, en 2012, Luis Fernandez avait évoqué un homme aux « dents très longues » .


Reims, le point zéro, là où Olivier Létang a bouclé sa carrière de joueur en s'occupant progressivement des comptes du club, où il devient directeur administratif et financier, avant de devenir directeur général du club en 2006 après avoir obtenu des diplômes – le MBA Executive de l'ESSEC, un autre en Allemagne. Un club, aussi, où l'homme était « multiposte » selon Jean-Pierre Caillot, président depuis 2004, et où Létang aura, il faut le reconnaître, laissé derrière lui des bilans comptables plutôt sérieux. Des affaires, forcément : un comportement « indécent » auprès des supporters, une bourde sur les prêts en 2008 – Reims avait alors recruté Leyti N'Diaye sans s'apercevoir qu'il avait déjà dépassé le quota de joueurs prêtés –, mais aussi le choix de filer la commercialisation du club à la régie publicitaire Sportys, dont le responsable sera, quelques mois plus tard, condamné pour abus de bien sociaux et abus de confiance. Sportivement, le club touchera le fond en tombant en National, en 2009, « ce qui ne serait jamais arrivé sans Létang » , comme l'expliquait un ancien proche du club il y a quelques années à France Football. À l'époque, Salim Arrache ne disait pas autre chose : « Un bon directeur sportif... et là, tout ira bien... » Ambiance.

Le parking, Coman et Interpol


En septembre 2012, Létang grimpe. Direction le PSG, où Leonardo l'installe directeur sportif adjoint, rôle où Létang doit notamment gérer la vie du Camp des Loges et l'affaire du parking, Zlatan Ibrahimović se garant en permanence sur les places réservées au staff du club. Un an plus tard, Leonardo démissionne, le statut d'Olivier Létang ne bouge pas, son rôle s'épaissit avant d'être finalement nommé officiellement directeur sportif en octobre 2016 après l'arrivée de Patrick Kluivert, épisode qui a flingué l'ego du premier au point qu'il aurait proposé ses services, par vengeance, à l'AS Monaco. Kluivert dans ses pantoufles, Létang voit son rôle rogné, les deux hommes ne partageant pas non plus la même vision du job. Autre épisode où Létang a particulièrement été impliqué : le cas Coman. « Sur ce cas, il y a eu plusieurs sons de cloche, coupe le conseiller du joueur, François Gil. Mais Olivier n'a jamais pris le dossier par-dessus la jambe. Il nous disait d'être patient, que le club voulait conserver Kingsley, qu'il allait jouer, mais Laurent Blanc était dans un projet bien précis, avec un cadre bien précis, où, pour les jeunes, c'était vraiment difficile de percer. Jusqu'au dernier moment, il a essayé de faire fléchir la famille et le joueur. Puis, il y a eu Presnel où Olivier a été la bonne, et la seule personne, qui a cru au premier contrat pro, ce qui n'était pas forcément le cas partout en interne. Il a même signalé le joueur à la DTN à l'époque où il était approché par le Congo. C'est Létang qui a déclenché quelque chose avec Presnel, pour le PSG et pour les Bleus. »


En interne, le cas Létang divise, pour une raison simple, imagée par Didier Roustan il y a quelques mois au moment de son départ du club : «  On a perdu gorge profonde. Olivier Létang était quand même l'informateur. Je ne parle pas du film porno ou du mec du FBI... Pour les journalistes, c'était quand même une mine d'or, c'est emmerdant. » Plusieurs scènes racontent un Létang costumé, évoquant Jorge Mendes comme « un ami » , jouant avec la presse pour faire passer son message et n'hésitant pas à mettre un coup de pression par derrière quand ça ne lui convenait pas. Durant son règne, le PSG aurait également eu plusieurs problèmes avec ses prestataires, le club cumulant les impayés selon les informations de Libération. Parti du club parisien en avril dernier, Olivier Létang avait décidé de rejoindre la société Sports Invest UK – une société d'agents de joueurs – où il était devenu directeur général sous les ordres de... Kia Joorabchian et Giuliano Bertolucci, pour « connaître tous les aspects du football » . Le même Kia Joorabchian contre qui Interpol avait émis il y a plusieurs années un mandat d'arrêt international. Le même Kia Joorabchian qui a fait émerger la tierce-propriété dans le foot et qui aura géré le transfert de Tévez et Mascherano en 2006. Le même Kia Joorabchian qui n'a pas de licence d'agent, plusieurs identités et qui possède aujourd'hui un gros réseau sur le marché chinois... auquel le Stade rennais ne serait pas insensible pour une future revente du club. On parle bien d'un changement de monde, Gourcuff n'avait pas tort. Létang, lui, assure être obsédé par « l'envie de gagner » . Reste à en connaître le prix.



Par Maxime Brigand
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