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Les ultras caennais disent stop

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Samedi soir, à Auxerre, lors de la rencontre opposant les Bourguignons au Stade Malherbe de Caen, la bâche de la principale association de supporters de Caen, le Malherbe Normandy Kop (MNK) était présente dans les travées du stade de l'Abbé Deschamps, ce qui n'est plus le cas, au stade d'Ornano, depuis le match contre Toulouse, le 10 septembre. Le MNK a décidé de cesser ses activités à domicile en raison des "politiques sécuritaires et mercantiles du club", annonce un communiqué du groupe. En d'autres termes: "Ça fait un moment que les relations se sont tendues avec le club. Dans un premier temps, on a rompu toute discussion avec les dirigeants et puis on a fait un point en interne sur la poursuite de nos activités et on a décidé d'arrêter d'animer la tribune Luc Borelli", explique Stéphane Guille-Villy, vice-président du MNK.

Entre autres difficultés, le groupe de supporters normand s'est vu retirer son local de stockage au stade, et interdire l'accès au stade d'Ornano avant les matchs pour les tifos. Mais surtout, ce qui est resté en travers de la gorge des ultras caennais c'est le match du maintien contre l'OM à la fin de la saison dernière.

"Le club voulait un stade en ébullition. On avait un accord avec les dirigeants pour allumer des fumigènes qui devaient ensuite être récupérés par les stadiers. Sauf qu'à la fin une personne du groupe a été interpellée par la gendarmerie en détention de fumigènes. Au tribunal, le club s'est porté partie civile et a demandé le maximum. Le supporter a pris 2 ans d'interdiction judiciaire de stade et 500 euros d'amende", fulmine Stéphane Guille-Villy.

Dans la ligne de mire du MNK, le nouveau directeur de la sécurité Kaddour Mokeddel: "Lui et son adjoint ont voulu nous canaliser et ont tout fait pour arriver au clash", accuse le vice-président du MNK qui pointe également le double discours du Stade Malherbe de Caen: "D'un côté, le club dit qu'on est un groupe exemplaire, reprend les photos de nos tifos pour leur campagne d'abonnements, et de l'autre le directeur de la sécurité fait tout pour nous mettre des batons dans les roues. Il a beau répéter partout dans les médias locaux que la porte est ouverte pour discuter mais le personnage est fermé", tranche Stéphane Guille-Villy. Joint à plusieurs reprises par So Foot, le Stade Malherbe de Caen et Kadour Mokeddel, n'ont pas donné suite à nos appels.

Les ultras caennais n'entendent néanmoins pas arrêter totalement de soutenir le Stade Malherbe: "On veut continuer à se battre, à supporter notre équipe donc on va continuer à encourager Caen à l'extérieur, d'autant qu'on est souvent mieux accueilli que dans notre propre stade. Et à domicilen, ils verront ce que ça fait un stade sans ambiance", avertit le vice-président du MNK, seul groupe de supporter du stade d'Ornano.

Et ce n'est pas la politique tarifaire qui va contribuer à compenser le manque d'animation dans l'enceinte normande. Pour la réception de Lille, classé match de gala, les places les moins chères en tribune populaire étaient à 18 euros. Un tarif accueilli par une banderole du MNK "18 euros... Et vous appelez ça populaire". Résultat: "On a même pas atteint les 15 000 spectateurs. Aujourd'hui, c'est 14 euros le tarif normal en virage, ce qui était auparavant le tarif d'un match de gala. Du coup, il y a 3 ans, le stade était toujours plein, on avait 15 000 abonnés et aujourd'hui il n'y en a plus que 10 000", regrette Stéphane Guille-Villy.

Sans le soutien de ses supporters les plus fervents contre Toulouse, le Stade Malherbe de Caen s'est incliné 1-0.

AC
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