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Les U20 donnent l'exemple

Alors que la Seleção est en plein doute, les moins de 20 ans se sont hissés en finale du mondial colombien avec beaucoup de talent et une vraie identité de jeu.

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Quarts de finale au couteau, fin des prolongations... Dimanche dernier contre l'Espagne, on aurait pu croire que les jeunes brésiliens allaient se repasser en boucle les images de leurs aînés en foirant lamentablement quatre pénos contre le Paraguay et sortir par la petite porte de la Copa América. Mais contrairement à Elano, Thiago Silva, André Santos et Fred, la classe biberon n'a pas gambergé. Casemiro, Danilo, Henrique et Dudu ont envoyé de bonnes grosses mines à mi-hauteur et le gardien Gabriel a fait le reste. Les Espagnols, champions d'Europe en U19 et U21, peuvent aller se rhabiller. Les protégés du coach Ney Franco, eux, se sont hissés en finale mercredi en battant le Mexique en demies, grâce à deux buts inscrits en fin de match par Henrique, attaquant racé du São Paulo FC, meilleur buteur de la compet' avec cinq pions dans la musette.


Ce soir, ils retrouvent l'équipe du Portugal, pour un revival de la finale de 1991. Pas un super souvenir pour les Brésiliens. Il y a 20 ans, Figo, Rui Costa, João Pinto et compagnie l'ont fait à l'envers à la bande à Roberto Carlos et Elber (oui, oui, l'ancien Lyonnais) en les battant aux pénos en plein stade da Luz de Lisbonne. C'était en 1991, l'année de naissance de la plupart des participants de la finale de ce soir, au stade El Campin de Bogota.



Oscar le Maestro, Casemiro le taulier



Malgré leur jeune âge, certains sont déjà titulaires dans leurs clubs. C'est le cas d'Oscar, milieu créateur l'Internacional de Porto Alegre, un peu frêle, mais pas maladroit balle au pied. Un numéro 10 à l'ancienne, un peu moins zidanesque que Paulo Henrique Ganso, mais avec une bonne vision de jeu. Dans le rôle du relayeur/destructeur, Casemiro, pièce incontournable de l'effectif du São Paulo FC. Un vrai monstre physique, doué d'une technique plus que correcte et qui sait se muer en buteur décisif quand il faut placer sa tête au bon moment.



Pour semer la panique sur le couloir droit, Danilo, un autre pur talent qui prend un malin plaisir à brûler toute les étapes. Formé au modeste l'América de Minas Gerais, il débarque à Santos à 19 ans et s'intègre parfaitement dans un effectif dans lequel Neymar, Ganso et compagnie, qui jouent pourtant ensemble depuis qu'ils sont ados. Il est décisif lors du titre des Meninos da Vila en Libertadores, marquant même un but en finale contre le Peñarol. Porto a déjà mis son grappin dessus et Mano Menezes vient juste de le convoquer avec les A pour le match amical contre le Ghana le 5 septembre prochain. Au sein d'un effectif d'une telle richesse, même Philippe Coutinho n'est pas totalement indiscutable. La perle de l'Inter Milan était pourtant censé être la grande star de l'équipe en l'absence de Neymar et Lucas, sacrés avec les U20 lors du tournoi Amsud' en janvier mais sélectionnés exclusivement avec les grands depuis.



Une version plus « light » en deuxième période



Pratiquement à chaque match, Ney Franco l'a fait sortir en milieu de deuxième mi-temps au profit de Dudu, petite bombe aux jambes de feu chargé de dynamiter les défenses adverses, rincées à force de se farcir l'impact physique des attaquants titulaires, plus costauds, mais moins mobiles. C'est le cas de l'armoire à glace Willian José, qui cède régulièrement sa place en cours de match au feu-follet Negueba, attaquant de Flamengo, maigrichon mais fin dribbleur et super sprinteur.



La stratégie a payé jusqu'à présent : grâce le renfort de la cavalerie légère, les Brésiliens ont eu raison de toutes les défenses, au point de devenir la meilleure attaque du tournoi avec 15 pions inscrits. Ils espèrent bien faire sauter le verrou portugais, qui n'a pas encore sauté depuis le début de ce mondial. Quoi qu'il arrive, à défaut de constituer l'équipe-type de la coupe du monde de 2014, que Mano Menezes a bien du mal à bâtir, ces jeunes forment la base idéale pour les JO de Londres. Sachant que la médaille d'or olympique est le seul titre qui manque au Brésil, c'est déjà pas mal.



Louis Génot, à Rio de Janeiro

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