1. //
  2. //
  3. // SCO Angers-AS Monaco

Les trois mousquetaires de l'ASM

João Moutinho, Thomas Lemar et Bernardo Silva, le renouveau de l’AS Monaco passe par ses trois milieux de terrain de poche. 1,70m de moyenne, mais de la caresse, du dribble et de la vista. Ou comment Monaco s’est reconstruit avec trois demi-portions.

Modififié
113 1
  • João Moutinho, le poumon


    Pendant longtemps, l’ancien milieu du FC Porto était au cœur des débats à chaque sortie sous le maillot de l’AS Monaco. On s’est même demandé à quoi il pouvait servir... Rarement décisif, parfois invisible, le numéro 8 donnait l’impression de se faire chier sur le Rocher. Le déclic a lieu le soir de son plus mauvais match avec l’AS Monaco. Hasard ou pas, c’est face au Benfica, à Lisbonne, dans la ville qui l’a vu éclore au football, qu’il touche le fond un soir de défaite en Ligue des champions en novembre 2014 (0-1). Au Portugal, il est méconnaissable. L’électrochoc se produit à ce moment-là. Derrière, il va ressusciter pour (re)devenir le Moutinho du FC Porto. Le mec pour lequel l’ASM s’est délestée de 25 millions d’euros en 2013. Très bon durant l’année 2014, le petit milieu avait démarré la saison actuelle sur un gros rythme : pressing, orientation, fluidité, il était au départ de toutes les séquences monégasques. Et quand il s’est blessé à la cheville avant la double confrontation contre Valence en août, Monaco a vacillé. Tout sauf un hasard. Même si ses statistiques ne démontrent pas son importance (1 but, 1 passe en 16 matchs de Ligue 1), Monaco n’a pas le même visage avec ou sans son numéro 8. Alors que Ranieri n’a jamais réussi à l’installer confortablement dans son 4-3-3, Jardim lui a trouvé un poste idoine pour briller dans son 4-2-3-1. Depuis le miracle de l’Emirates face à Arsenal - où il avait été étincelant -, Moutinho joue numéro 10 reculé. Et ça change tout. Plutôt discret dans le vestiaire et en froid avec la presse, l’international portugais traverse sa saison sans aimanter la lumière, alors que tous les ballons passent par lui. Sous-médiatisé, sous-estimé, sauf dans son équipe. Et c’est bien ça le plus important.

  • Bernardo Silva, Golden moustache


    Inconnu il y a encore 18 mois, Bernardo Silva a longtemps été le seul frisson qui parcourait les corps au Louis-II. Tricard au Benfica, le gaucher a fait des débuts tonitruants contre Leverkusen en Ligue des champions. Ce soir-là, son entrée a fait tellement mal aux Allemands que tout le monde s’était demandé d’où pouvait sortir ce phénomène à moustache. Après un exercice 2014/2015 brillant (9 buts en Ligue 1), Silva a eu toutes les peines du monde à retrouver la cadence cette saison. 57 matchs disputés l’an dernier entre Monaco et sa sélection, avec en prime une finale lors de l’Euro U21, et voilà Silva qui rentre en Principauté sur les rotules. Entre blessures et manque d’essence dans le réservoir, Silva traverse la phase aller comme un intermittent. Un match dans le onze, un autre sur le banc. Une routine s’installe. Jardim met du temps à retaper son gaucher à la moustache soyeuse. Mais celui qui a récupéré le numéro 10 de Berbatov va enfin retrouver la cadence après des mois de bégaiements. Axial de formation, Jardim adore faire jouer son gaucher sur un côté, c’est là qu’il le trouve le plus dangereux. Pour l’instant, sa ligne de stats est honnête sans être folle (4 buts, 1 passe en 21 matchs), mais on sent qu’il a enfin du gaz. Comment le coach a fait pour remettre son compatriote sur le droit chemin ? « C’est mon job » , rigole Jardim quand on lui pose la question.

  • Thomas Lemar, la gauche frisson


    Une puce. Toute frêle. Parfois, on a du mal à l’apercevoir entre Raggi et Subašić. Thomas Lemar, c’est un petit bonhomme tout jeune. Et puis quand il se met en route sur le pré... on savoure. Ses diagonales du pied gauche, souvent de l’extérieur un peu fouetté, sont à déposer à l’UNESCO. Débarqué cet été de Caen, où il était remplaçant, le gaucher a mis deux mois avant de pointer le bout de son nez. Abonné au banc, il fait sa première apparition à Toulouse courant août. Sur son premier ballon, il fait un tour de magie et égalise du gauche. Derrière, Jardim lui file les clés du camion, au point qu’il devient le patron des phases arrêtées à la place de João Moutinho. Capable de jouer sur les côtés ou dans le cœur du jeu, le numéro 27 envoie des accélérations balle au pied et des caviars du gauche avec l’insolence d’un génie. Côté chiffres, ça donne 4 buts et 2 passes en 14 matchs avec une vilaine blessure à la cheville au cœur de l’automne, quand il commençait à être bien chaud. Surnommé le « Robben noir » lorsqu’il avait fait du dernier Tournoi de Toulon sa chose, Lemar est venu à Monaco pour jouer, franchir un palier et se frotter à l’exigence du plus haut niveau. Dans les arcanes du club, on sait déjà que l’investissement initial (4 millions d’euros) sera très largement remboursé. À Monaco, on a compris que lorsque les trois « petits » sont alignés au coup d’envoi, on peut voyager en première classe.

    Par Mathieu Faure
    Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
  • Modifié

    Dans cet article

    "Sous-médiatisé, sous-estimé, sauf dans son équipe. Et c’est bien ça, le plus important."
    Tout est dit.
    Partenaires
    Olive & Tom Logo FOOT.fr
    Article suivant
    Bourreaux de singes
    113 1