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Les travailleurs de l'ombre

Tandis que les piles électriques Léo Messi et Angel Di Maria se mesuraient sur la pelouse de Mestalla lors d'un des sommets le plus attendu de l'année, une Albiceleste bis ramait ferme à dix mille kilomètres de là sous une pluie battante pour tenter de chambouler les plans de Batista à un peu plus de deux mois de la Copa América.

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Entrer dans la cour des grands. Gagner son billet pour l'épreuve que tout un pays attend désespérément, avec une faim de trophée qui n'a plus été rassasiée depuis dix-huit ans. Tel était l'objectif de ces joueurs du Racing (Yacob, Pillud, Hauche) -qui renaissent en championnat cette saison-, de ceux de Boca Juniors (Chavez, Mouche, Viatri, Monzon) -qui cherchent une échappatoire à une énième saison de galère- et des autres joueurs de Primera convoqués par Sergio Batista pour ce nouveau rendez-vous de la réserve Albiceleste face à l'Equateur, dans le dernier virage précédant la Copa América. Une affluence minable, une tempête automnale et des adversaires pas venus là pour jouer les sparring-partners mais bel et bien pour jeter davantage de froid à une ambiance glaciale, voici le menu proposé hier soir à la sélection locale dans le stade José Maria Minella de Mar Del Plata, celui-là même qui vit la bande à Platini débarquer avec un maillot vert et blanc trop serré face à la Hongrie, lors du premier tour du Mundial 78.

A des années lumières de Real-Barça

Le thriller prend forme après vingt-six minutes de jeu avec un but de Michael Jackson Quiñonez, imité six minutes plus tard par l'opportuniste Claudio Yacob, à la réception d'un ballon repoussé par le portier Marcelo Elizaga (1-1). Comme ce week-end face à Independiente lors du bouillonnant clásico remporté (2-0) par le Racing dans son antre d'Avellaneda, Gabriel Hauche lobe astucieusement son compatriote naturalisé équatorien peu avant la pause, pour dessiner un laborieux 2-1 à la mi-temps. En milieu de deuxième période, Segundo Castillo fait valoir son prénom en inscrivant sur pénalty le second but tricolore, synonyme de nul. Un tango mi-figue mi-raisin (un pas en avant, un autre en arrière) qui ne fait guère avancer le business de Sergio Batista et ne perturbera pas son équipe type, lui qui aimerait bien que les locaux viennent chatouiller davantage les nababs européens. Côté satisfactions, Juan Pablo Carrizo a marqué des points, après la prestation en demi-teinte de Mariano Andujar face aux Etats-Unis le mois dernier, et pointe de nouveau le bout de son nez après un retour réussi à River Plate (deuxième du Tournoi de Clôture, à deux longueurs du leader Vélez Sarsfield), dans la roue de Sergio Romero, qui devrait naturellement retrouver sa place de titulaire lors des prochaines rencontres amicales de l'Argentine, face au Paraguay (25 mai) et au Nigéria (1er juin).

Titiller les « Européens »

Les latéraux Pillud et Rojas ont confirmé qu'ils avaient une carte à jouer face aux anciens Zanetti et Heinze. Bref, tout ne fut pas noir dans la nuit marplatense. Dans la foulée de cette partie insipide, Argentinos Juniors, vainqueur du dernier Tournoi de Clôture et club formateur de Batista, laissa filer la qualification au second tour de la Copa Libertadores au profit du Fluminense de l'ancien Lyonnais Fred, auteur de deux buts (4-2). Trop d'attente, trop de gâchis, en clubs comme en sélection : l'Argentine du football a vraiment besoin de cette Copa América 2011.

Florent Torchut

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