1. //
  2. // Supporters

Les supporters sont-ils l'âme d'un club ?

La saison se termine et elle fut plutôt sage côté tribunes. De fait, insidieusement, entre la nouvelle attitude des pouvoirs publics, la loi Loppsi II, le « succès » du plan Leproux et la perspective « sécurisé » des futurs grands stades de l'Euro 2016, les supporters « à l'ancienne » (quel que soit leur age) sont peut-être en train de vivre la fin d'un cycle. Et de basculer du sacré au profane. Explication de texte.

Modififié
12 23
Ce matin, l'Équipe a publié le point de vue croisé de quatre présidents, et non des moindres, en l'occurrence Robin Leproux (PSG), Jean-Michel Aulas (OL), Jean-Claude Dassier (OM) et Michel Seydoux (LOSC). Si des divergences peuvent apparaître, minimes en fait, il existe néanmoins un point précis sur lequel ils s'avèrent en plein accord : sois supporter et tais-toi. Au-delà de l'habituelle, et compréhensible, distinction entre les “violents” et les “pacifiques”, les quatre fantastiques du foot français, qui s'imaginent déjà apparemment en Big Four tricolore, n'ont pas de mots assez durs pour remettre leurs “clients” à leur place, leur expliquant par ailleurs que « la politique gouvernementale avait changé et qu'on ne rigolait plus » (Dassier). Et à l'audacieuse question d'un journaliste qui soulignait que les supporters pensent souvent “qu'ils incarnent le club”, Michel Seydoux – qui préfère le terme de « fan » – balance très énervé : « Mais non, mais non, c'est vous (les médias) qui le considérez à leur place ! Les patrons, c'est nous. Pas les supporters » . Pour abrupte que soit la réponse, socialement blasphématoire mais pécuniairement fondée, le problème mérite d'être posé.

Les ultras ne cessent en général de répéter qu'ils incarnent “l'âme du club”. Un ambition spirituelle qui les épuise et les ruine. Ce discours possède désormais d'autant plus de portée que ces dernières années, la valse des présidents, des propriétaires et des joueurs s'est accélérée, transférant quasi-exclusivement la charge émotionnelle (le fameux amour du maillot) vers les tribunes. D'où la tentation d'affirmer au bout du compte d'en être les seuls dépositaires. En face, les nouveaux présidents (comme il y eut un New labour) se concentrent de plus en plus sur leur rôle de gestionnaires d'entreprises dont la clientèle se dégote d'abord devant le petit écran (les droits télé sont leur source première de revenus). Ils s'occupent ensuite des supporters comme un patron de bar doit gérer les mecs bourrés de fin de soirée, indispensables pour foutre l'ambiance, tenir le zinc et remplir le tiroir-caisse la journée, puis juste infernaux quand ils finissent par se croire chez eux dans le lieu qu'il squattent certes à longueur de temps*.

Dans leur comptabilité, “l'âme” se réduit à un produit marketing, l'histoire à un palmarès et l'ambiance à un fond sonore pour la retransmission sur Canal Plus. Les supporters réclament du rêve et le droit de s'identifier à un club (qu'ils continuent encore d'imaginer en variation PME de l'association des débuts) dont la dimension financière ne prend jamais l'ascendant, dans leur esprit, sur son enracinement - souvent le stade appartient encore par ailleurs à la ville - et leur ferveur. Pour nos quatre mousquetaires tricolores, on a déjà changé d'époque et il serait temps de s'en rendre compte. Ce n'est même pas syndicat contre patronat. Les supporters signent juste pour un abonnement, comme chez SFR ou Orange. Il faut respecter les conditions de vente, point barre.

En face, le malentendu en est conforté. Les supporters s'accrochent à une vision romantique du foot français tout en lui demandant d'exploser les scores comme sur Playstation 3. Le supporter défend un club (et dans le cas du PSG, il fut longtemps le seul), le président doit rendre une équipe performante. Et le drame réside surtout dans le fait que les dirigeants, qui ne cessent d'affirmer qu'ils fournissent d'abord un spectacle, n'ont toujours pas compris le B-A-BA du succès de la culture “mainstream” de divertissement* pour le rendre crédible. Au risque sinon de se suicider économiquement et de tuer le ballon aux œufs d'or.

Nicolas Kssis-Martov

* Au passage relire les très belles pages sur ce paradoxe du « droit à la propriété vs. le droit à l'ébriété » sous la plume d'Alexis Violet, ex-compagnon trotskiste des Lettristes et autres Situationnistes, notamment dans « Le temps gage » .

* cf. le livre de Frédéric Martel

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

C'est exactement ça, à Strasbourg on a eu l'exemple le plus grave cette année. Moi, je ne comprend plus trop l'intérêt des championnats, et encore la ligue 1 n'est pas le pire. On nous prend pour des buses, c'est clair. Soit vous avez un président qui n'a pas un rond et donc un club qui ne jouera même plus les coupes pour assurer le maintient, tout en sachant que si à la mi-saison l'équipe tourne, y'a le mercato d'hiver pour la plomber. Soit vous avez un gros c.on ou un groupe d'actionnaires juste là pour le fric et du coup le public du stade est là pour décorer.

Ou encore, on peut avoir le pire de tout, un bon gros milliardaire qui va s'amuser comme un gosse sur sa console et qui de toute façon n'en a rien a battre du public qui ne pourra plus payer les places. Bref, choisissez votre camps camarades.

En ce qui me concerne, j'ai fait une croix sur la ligue des champignons, c'est toujours pareil, et je plains ceux qui n'ont pas eu le plaisir de savoir ce que c'était d'avoir la Coupe des Champions, la Coupe des Vainqueur de Coupes et l'ancienne coupe UEFA. C'était vraiment bon avant Bosman, les championnats étaient plus disputés, chaque pays avait son style de jeu, les coupes d'Europes étaient béton, tu pouvais voir Liverpool, l'Inter ou l'Etoile rouge de Belgrade à la Meinau (et ouais c'était bon). Puis tout ça a volé en éclats, et les milliardaire sont arrivés pour définitivement pourrir ce qu'il restait.

M'enfin c'est toujours pareil, ceux qui habitent à Grenoble et qui supporte Manchester (va savoir pourquoi) trouveront toujours ça super, de toutes manières il n'iront pas au stade, ils préfèreront toujours poser leur gros cul dans un canapé IKEA que d'aller au stade de leur ville profiter d'une vraie ambiance foot.
Voila pourquoi je ne regarde que le foot sud am maintenant. La copa libertadores a gardé tout son charme d'antan, avec chaque pays qui a sa façon de jouer, ses deplacements les plus épiques au monde comme à Potosi, et des supporters qui possèdent encore l'ame du club et qui font basculer des rencontres à eux seuls !!! ;)
@Matt78400 : Je t'invite à aller regarder un peu ce que sont les Barras Bravas, cela fait parfois froid dans le dos...
Aujourd hui on a clairement un choix a faire entre se vendre au foot business et avoir une equipe competitve et plaisante a voir jouer ou faire de la resistance et accepter d avoir une equipe mediocre qui nous fera bader les 3/4 du temps.

Parceque Matt78400 c est sur que la Libertadores c est cheap, les supporters foutent un bordel monstre, quand une equipe argentine est eliminee le match fini par une bonne bagarre generale entre joueurs etc.
Mais le niveau est pathetique, quand je vois Peñarol en finale alors que je suis meme pas sur qu ils ont le niveau de la Ligue 2 et meme Santos qui a 3 vrais bons joueurs (Ganso, Danilo et Neymar quand il se rappelle qu il n est pas a la piscine).
Franchement le foot SudAm c est romantique mais le niveau est devenu tellement faible !
@Nasazzi et Matt78400:

Pour en savoir plus sur le phenomene des Barras Bravas je vous conseille le documentaire chilien Raza Brava (sur la Garra Blanca de Colo Colo) et sur Youtube vous devriez pouvoir trouver la serie de reportage Pasión Latina (il me semble que c etait Fox Sport), a chaque episode le journaliste s immerge dans une Barra Brava d un pays d Amsud. Celui sur la Colombie est hallucinant, avec des gamins de 13 ans completement drogues sautant et chantant torse nu en tribune.
l'article est intéressant et permet un début de réflexion sur le futur de la condition de supporter en France... Dommage de ne pas avoir exposé les contraintes que va créer l'application de Loppsi II par contre.

et sinon, ça fait plaisir de lire un article et des coms dont l'objet principal n'est pas de comparer les tailles de sgueg entre supporter catalan et madrilènes de France, ou de s'insulter...
@pimousse

Certes le championnat argentin est de niveau moins élevé que celui des championnats européens.
Mais les matches argentins avec leur publics bouillonants , leur jeunes joueurs talentueux , et de vieux artistes beudonnants sont 15 fos plus attrayants que (par ex) notre L1 où on s'emmerde sec tous les week end dans des stades vétustes et à moitié vides.
Parce qu'en France, même avec nos coureurs de 100 m bodybuildés qui nous servent de joueurs, on est incapable de dépasser les 1/4 de finale en champions!
Alors quite à faire nimporte quoi en champions , je préferai un championnat d'un niveau plus faible , mais où l'on prendrait du plaisir chaque dimanche!

Aprés c 'est que mon avis....
Bah pour les barras bravas, pour avoir fait plusieurs stades uruguayens et argentins, c'est comme partout, faut connaître les codes. En Europe, tu vas pas aller dans un virage nazillard si t'es basané. Pareil là bas, tu vas pas aller en popular si tu sais pas comment ça fonctionne. En latérales, on trouve des enfants en bas âge et mêmes des mamies si si!

Moi aussi je lâche de plus en plus la LdC, ça devient trop de la NBA, pas moyen de s'identifier à un club. Je préfère suivre mon Peñarol car même si le niveau des championnats baissent (ça fait 40 ans que c'est comme ça) la passion reste. La télé ou la victoire du Barça en LdC ne peut égaler la sensation d'aller au stade et de voir gagner ton équipe de coeur.
Pour le dilemme français, je dirais tu vas plus aller au stade parce que ton équipe perd, tu va plus aller au stade parce que ton équipe ne te représente plus.
@ perú:

Mouais, Aujourd hui les jeunes joueurs talentueux ils restent a peine 1 an en argentine, a 18-19 ils sont deja en Europe, les public sont tellement bouillonants qu il y a au moins un mort lies au football tout les 3 mois en Argentine.

Apres, parler de stade vetuste et a moitie vides quand tu compares Amsud et France, euh comment dire, beaucoup de stades SudAm sont une blague et en terme de remplissage a part en Argentine et au Bresil les stades sont presque vide, principalement parceque les gens ont peur d y aller. Mais si tu me dis que le Comando Svr ou la Trinchera Norte sont des anges et qu ils n empechent personne d aller au stade, je vais essayer de te croire.
@nicococo67 : ta dernière phrase résume en grande partie le problème des Francais ( et le coup du canapé IKEA m'a bien fait sourire, société de mouton quand tu nous tiens )
support your local team !
huhuhu marrant comment un problème de L1 découle sur un débat Am Sud. Pimousse, le fait est que tu généralises beaucoup, on peut pas comparer les barras colombiennes, péruviennes ou argentines, dans le sens où se sont des groupes qui vivent dans sociétés avec un degré de violence, corruption, clientélisme différents. Sans parler que le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay ont plus de passé footballistique.
Après je pige pas ton beef avec le football d'Am Sud, si le niveau est merdique, on a plus le droit de s'intéresser à ce football? On doit aussi supporter Barça, Manchester ou Milan?
Puis l'Am sud n'est pas le seul à souffrir du foot bizness, il y a assez d'exemples en Europe, mais au moins l'amour du maillot a encore un sens.
C'est sûr qu'il ya quand même trop de morts autour du foot vers là bas .Nottament ces derniers temps.
Mais quand même t'as raison Pulpito , on y sent beaucoup plus des supporters qui représentent l'âme de leur club , de leur quartier...
Il n'ya qu à écouter les paroles des chants de supporters où le thème de l 'amour pour leur équipe est permanent!
Dans ce cas là oui, on peut parler d'ame d'un club ...pas chez nous!
@pulpito:

Non t as toujours le droit de t interesser au football SudAm, moi je continue a le suivre meme si le niveau n a rien a voir avec celui d il y a 10 ans. Ce qui me fait rire c est que beaucoup se plaignent du niveau de la Ligue 1 et idealisent le football SudAm.

Le probleme c est que le supporter francais est un supporter schysophrene, pour parler de mon club le PSG, une semaine tu vois une banderole "non au foot Business", la semaine suivante tu vois "Une grande equipe a Paris". Pour avoir fait ma these de finance sur l economie du football, je peux te dire qu aujourd hui que les 2 ne sont pas conpatible et comme je le dis plus haut, on a clairement un choix a faire entre se vendre au foot business et avoir une equipe competitve et plaisante a voir jouer ou faire de la resistance et accepter d avoir une equipe mediocre qui nous fera bader les 3/4 du temps.

Moi ca fait 3 ans que je vis en Amerique du Sud et c est sur que ca fait plaisir pour un amoureux du football comme moi de voir autant de passion autour de ce sport.
Mais il vaut voir qu au bout d un moment quand tu vois le rythme et le niveau technique de la Champions et que tu enchaines par un match de Libertadores tu soupires.
Et quelque soit l histoire footballistique du pays ou le degres de violence de sa societe, le foot sudamericain a un tres grave probleme de violence, dans tout ses pays sans exeptions et personne ne fait rien. Et je ne pense pas que les Barras bravas meme si leur ferveur et engouement est remarquable soient un exemple pour les supporter francais.

PS: Tu peux apprecier un match du Barca, de Manchester ou Milan sans en etre supporter, par contre pour voir jouer 90 min Peñarol, Colo Colo ou meme River aujourd hui faut vraiment etre un fanatique.
Ba justement quand tu aimes le foot sud am tu es fanatique !
Je prefère ça que de voir des magnifiques tactiques avec des joueurs super physique et se faire chier 90 min avec des buts sur coup de pied arreté ... ou alors le Barça avec 120% de possession de balle qui casse le rythme ...

Enfin bon moi je m'eclate devant ce foot, et encore plus quand je bouge voir un match avec les hinchas argentins, que se soit la selection ou Boca.
@ Matt78400:

C est cool que tu t eclates a BsAs et je suis sur que tu ne critiques pas les buts sur coup de pied arrete quand c est Roman qui les tire lol.

Moi aussi j adore Boca et la folie qui l entoure. Il y a 2 ans a un entrainement de l equipe j ai parle avec un mec qui m a raconte qu il avait fait 1.000 Km juste pour venir voir l entrainement et qu il repartait le lendemain. J ai hallucine.

Mais c est dernier temps c est plutot la desilución qu autre chose. Le club n est pas au top ni avec ses resultats ni son niveau de jeu (je crois que le River-Boca (1-0) de l an dernier est le pire match que j ai vu dans ma vie) et si la Bombonera est un lieu sur (bah oui la principale rentree d argent des groupes de supporters c est la revente de place au touriste donc on va pas les faire fuir) l ambiance autour du foot reste assez detestable: J ai un collegue chilien qui en vacances a Buenos Aires est alle a la Bombonera au retour dans le taxi, un bus de supp de Chacarita c est arrete a cote au feu rouge. Ils ont du grille le feu pour pas se faire lynche juste parcequ il avait un maillot de Boca.
OK avec toi Pimousse. Mais bon, contre la puissance du pognon, on peut pas faire grand chose. Ce qui fait maintenir l'interêt pour le foot sudam c'est son authenticité (il y a moins le côté mercenariat des joueurs, ni le spectateur/consommateur..). En AmSud, le foot se vit, en Europe il se regarde.
Malheureusement, le football de haut niveau risque d'être seulement réservé à 15/20 clubs européens. J'ai vu que même en Angleterre, des types qui supportaient des petits clubs, retournaient leur veste pour aller vers des gros clubs.

Mais je t'avoue qu'une bonne "apretada de la barra" ça fairait pas de mal en Europe, car il y a des claques qui se perdent(knysa style).huhuhu
Tout a fait d accord avec le cote authentique du foot SudAm pulpito. L ideal serait de reflechir un peu pour trouver une solution a mi chemin entre L AmSud et l Europe: Un foot pour passione, avec de l ambiance en tribune et du haut niveau sur le terrain, sans exces de violence et sans transformer le stade en DisneyLand !

J imagine la reaction des argentins si leur equipe c etait comporte comme les bleus au mondial, serieusement je pense qu ils seraient aller les chercher dans le bus, les armes a la main.
Deja pourquoi parler de niveau ? C'est pas le même style de jeu déjà, ensuite quand il y a des matchs entre club sud am et européens ils sont jamais ridicule, au contraire sa gagne souvent coté latino.

Et puis voila, quand tu vas au stade en europe franchement autant rester devant sa télé, au moins tu vois mieux ...
Là je me fais l'Emirates cup en juillet pour voir Boca, je sens que je vais etre dégouté de l'ambiance, j'espere que la12 enverra un petit contingent comme à l'Audi Cup où on c'était bien éclaté !!! :D
Le style de jeu a rien a voir avec le niveau. Tu peux jouer avec n importequ elle tactique, n importequel type de pressing si tes joueurs ne savent pas faire un controle et une passe, ca sert a rien.
La base du football ca reste le niveau technique de tes joueurs.
Et franchement ici les passes foireuses et les controles a 3 metres c est la norme, pas l exeption.
Apres je suis d accord que le style en AmSud est plus offensif, on prend plus de risque, on calcule moins. Et pour le spectateur ca peut etre agreable.

Le mythe du les clubs latinos gagne souvent contre les europeens c etait vrai y a 30 ans. Depuis 1990, les europeens ont gagnes 14 Coupe Intercontinentale et Mundialito contre 8 pour l Amerique Latine.

Et franchement j espere que pour l Emirates Boca montrera autre chose que lors de sa tournee en Nouvelle Zelande avec le Bichi Borghi.
Et pour la 12 t en fait pas, ils ont reussi a aller gratos en Afique du Sud en menacant la Fede (voyage dans l avion des joueurs inclus), ca sera pas difficile pour eux de se faire payer le voyage a Londres.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
12 23