1. // CAN 2010
  2. // 3ème place
  3. // Nigeria-Algérie (1-0)

Les Super Eagles sur le podium

Les « petites finales » accouchent rarement de matchs extraordinaires. Ce fut encore le cas cet après-midi à Benghela. Petite victoire pour le Nigeria (1-0) et une médaille de bronze, la septième de son histoire récoltée à la CAN. Les Fennecs, diminués, ont déçu.

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Allons à l'essentiel. Le seul but du match, celui de la victoire nigériane. Un exploit individuel signé Obinna. D'une accélération aux 16 mètres, l'attaquant se faufile entre Bougherra et Zaoui et se présente seul face à Zemmamouche qu'il s'en va battre à 10 mètres d'une frappe croisée du plat du pied gauche, entre les jambes de l'infortuné portier algérien. On se doutait que dans ce match fermé, manquant de rythme, un exploit individuel ou bien un coup de pied arrêté décanteraient un match bien pauvret. On connaît la démobilisation habituelle qui suit des demi-finales de grandes compétitions : déception pour le Nigeria, qui avait salement malmené des Ghanéens tout heureux de s'imposer 1-0 sur une de leurs rares attaques. Idem pour les Fennecs, en pire : déception et frustrations, plus la fatigue d'avoir couru à 10 puis 9 pendant une bonne partie de leur match contre l'Egypte. Et ça n'a pas fait un pli : les Super Eagles étaient bien mieux en jambes que les Fennecs, bien plus en mouvement, plus disponibles l'un pour l'autre. Reste que le Nigeria n'a pas exactement dominé la rencontre, se montrant incisif sur des frappes beaucoup trop lointaines (Kanu, N'Sofor) pour inquiéter Zemmamouche. Côté algérien, pas mieux. Si les démarrages bien partis du milieu de terrain par les remuants Ziani et Meghni créaient des espaces intéressants dans un bloc nigérian situé bas, il aura manqué de densité offensive dans les 16 mètres adverses pour faire plier les Aigles. Du coup, les Fennecs ont abusé du jeu long vers un pauvre Ghezzal trop seul, bien contenu et souvent pris au hors-jeu. Une jolie volée de Meghni au-dessus de la barre, c'était trop peu (43ème). Voila pour la physionomie générale de la première mi-temps.



En seconde période, plus de mouvements des deux côtés. Mais avantage nigérian : coup-franc à trente mètres dans l'axe de Taiwo. Une frappe surpuissante, difficilement repoussée par Zemmamouche devant Obinna, tout seul, mais qui reprend acrobatiquement et avec maladresse du droit : sur la transversale (50ème) ! Premier avertissement sans frais pour l'Algérie, puis un deuxième : tir de Kanu pas assez appuyé plein axe face à une défense trop reculée (52ème). Vient enfin la 55ème minute fatidique qui profite à Obinna qui ouvre le score : 1-0, score final. Les Fennecs manqueront de jambes pour vraiment inquiéter les Super Aigles. Il leur faudra carrément attendre la 76ème minute pour obtenir un premier corner, preuve du manque de pression collective devant. La faute aussi à des remaniements imposés par les suspensions de Chaouchi, bien sûr mais surtout de Belhadj et de Halliche, qui auraient été précieux pour leur gros volume offensif. Leurs remplaçants respectifs, Baabouche et Zaoui, n'ayant pas l'abattage des deux titulaires habituels. Petit coup de chapeau à Raho, latéral droit, qui a bien remplacé l'habituel Yahia. Côté nigérian, on appréciera l'attaquant Uche, poison permanent et on saluera sans doute l'un des derniers ou le dernier match du vétéran Kanu. Enfin, on s'interrogera sur les entrées tardives des « stars » Obi Mikel (77ème) puis Odemwingie (80ème).



Le bilan des deux mondialistes ? Côté nigérian, on n'a pas été emballé par une équipe somme toute moyenne mais forte de son expérience continentale et de ses qualités compétitrices communes au Cameroun, au Ghana ou à l'Egypte. Bilan aussi mitigé pour l'Algérie : trois défaites (Malawi, Egypte et Nigeria), deux victoires (Mali et Côte d'Ivoire) et un nul (Angola). Si on a noté des progrès tactiques dans la maîtrise collective, dans la façon de bien prendre parfois le jeu à son compte, on déplorera quand même le manque d'efficacité des attaquants, Guezzal et Matmour n'ayant inscrit qu'un seul but en 6 rencontres... Côté psychologique, même constat mitigé : d'énormes ressources mentales pour revenir contre le Mali après le désastre du Malawi, une bonne gestion du match couperet contre l'Angola et un retour en grâce puissant contre les Ivoiriens. Mais d'un autre côté la perte de sang-froid aux moments décisifs contre l'Egypte (les expulsions de Belhadj et Chaouchi) leur indiquent les progrès à accomplir. En Coupe du Monde, chaque but comptera, chaque faute comptera, chaque relâchement comptera... Rendez-vous avec les Fennecs et les Super Eagles en juin. C'est dans trois mois. Comme ça file vite.

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