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  2. // Wigan/Liverpool (1-0)

Les Reds morts pour de bon ?

Battus à Wigan (0-1), les Reds affichent un niveau proche du néant à trois jours de leur rendez-vous à Lille en Europa Ligue. Revue de détail au sein d'un géant en perdition.

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C'est l'histoire d'une équipe qui formait un véritable bloc, quasi indestructible à défaut d'être brillante, et qui, sans que l'on sache exactement comment, s'est délitée au point qu'il n'en reste plus grand-chose. Toute ressemblance avec l'Equipe de France serait fortuite. Non, il s'agit bien de Liverpool, plus que jamais en détresse sur le plan du jeu même si d'un point de vue comptable les carottes ne sont pas tout à fait cuites pour la conquête de la quatrième place. Mais franchement, aujourd'hui, le club de la Mersey n'a pas vraiment la bobine d'un membre du Big Four. Et, au regard du non-match à Wigan, Lille, adversaire des Reds en huitième de finale d'Europa Ligue jeudi (19h), ferait presque figure de favori. On exagère ? Peut-être mais juste un peu. Au vrai, seuls le pedigree et le rapport très spécial à la Coupe d'Europe peuvent encore conférer un quelconque avantage à Liverpool. Car pour ce qui est du jeu à proprement parler, l'état de la formation de Rafael Benitez est proche du critique.

Gerrard ne répond plus

On le sait, Rafael Benitez n'aime pas parler de 4-5-1 mais plutôt d'un 4-2-3-1 censé libérer Steven Gerrard pour mieux l'amener dans la zone de vérité. L'an passé, la formule avait fait ses preuves, le skipper des Reds facturant un total record pour lui de 24 pions dans la saison. Mais cette année, Gerrard n'est plus là. Non, c'est son frère jumeau, celui qui a dû être recalé de l'Academy, qui œuvre à sa place. Plus sérieusement, le capitaine des Reds n'avance plus, rongé par les blessures et peut-être un peu, qui sait, par le poids des ans. A Wigan, Benitez l'a même positionné plus bas. Non pas pour muscler la récupération du ballon mais bel et bien pour permettre à Stevie de se libérer de la nasse, lui qui n'a plus actuellement la tonicité pour éliminer dans les trente derniers mètres, les plus denses. Pourtant, depuis quelques semaines, Gerrard montrait un léger mieux, à l'image de son but la semaine dernière face à Blackburn (2-1), initié aux quarante mètres et conclu grâce à une accélération dans la boîte : à la Gerrard quoi. Enfin, le vrai hein. Le plus désespérant, c'est que même dans cette position reculée, sans que le pressing de Wigan ait été particulièrement étouffant (celui de Lille promet d'être autrement plus corsé), le capitaine de l'Equipe d'Angleterre joue au petit trot, incapable de pousser et, pire, d'une maladresse infinie lundi dans ses passes les plus simples. Un handicap d'autant plus insurmontable que, devant, Fernando Torres est lui aussi très loin de la grande forme, après plus de deux mois d'absence. Dans ce contexte, le reste du secteur offensif peine à exister faute de vrais talents, malgré toute l'énergie du brave Dirk Kuyt, dans l'attente de l'explosion de plus en plus improbable de Ryan Babel.

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Mascherano arrière droit !

Alors évidemment, Benitez pourrait compter sur une défense de fer, longtemps une marque de fabrique de la Maison Rouge. D'ailleurs, le secteur était plutôt fiable ces derniers temps, pilier de la relativement bonne passe comptable (21 points sur 30 possibles avant le fiasco de Wigan). C'était oublier combien cette solidité devait aux performances de Pepe Reina, probablement le meilleur gardien de Premier League depuis le début de saison et au sujet duquel de plus en plus de voix s'élèvent en Espagne pour suggérer qu'il est sans doute actuellement supérieur à Iker Casillas. Mais aussi brillant soit-il, le portier ibérique ne peut pas tout écoper. Et les fuites sont nombreuses. A Wigan, le back-four bricolé avec les moyens du bord par Benitez n'a pas fait illusion. Sans surprise en réalité. Mascherano au poste d'arrière droit, faute d'alternative à la longue blessure de Glen Johnson, ça sentait mauvais dès le coup d'envoi. Et effectivement, l'Argentin, gratteur de ballons hors pair dans l'entrejeu, sans aucun repère derrière, s'est fait dévorer tout cru par la 16e attaque d'Angleterre. A tel point que Johnson, pas encore remis, a dû entrer à son secours et c'est vraisemblablement l'international anglais convalescent que le Losc trouvera sur sa route jeudi. Le reste de l'arrière-garde ? Un désastre, entre une charnière Carragher-Kyrgiakos plus suspecte tu meurs, et un latéral gauche, Insua pour ne pas le nommer, dont un Eden Hazard pourrait faire sa catin, dans les pas d'un Charles N'Zogbia qui s'est régalé face l'Argentin.

Oui, après la débâcle de Wigan, tous les signaux sont plus que jamais au rouge à Liverpool, où même le légendaire mental est désormais salement touché. Largué en championnat, éliminé de toutes les coupes nationales, le quintuple champion d'Europe jouera donc son va-tout face à Lille sur son terrain de jeu préféré, celui qui a fait sa légende. Et cette fois-là ressemble bien au dernier joker des Reds. Ça paraît bien court...

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