1. // Europa League – Liverpool/Lille (3-0)

Les Reds l'ont mis dans Losc

Pas de miracle pour le Losc, battu à la régulière par Liverpool (0-3). Les Anglais n'ont même pas eu besoin dans leur génie pour boucler l'affaire, juste de laisser Gerrard et Torres faire le métier. La différence finalement entre un grand d'Europe, même souffreteux, et une excellente équipe de Ligue 1.

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C'est officiel : la Ligue 1 retrouve son rang. Avec la disparition de Marseille et Lille avant les quarts de finale, c'est une forme de retour à la normale. Et finalement, on n'est quand même pas loin de se dire que le vrai révélateur de l'Europe cette saison est, une fois n'est pas coutume, cette bonne vieille C3 et non la Ligue des Champions qui se laisse nonchalamment pénétrer par deux clubs hexagonaux à une heure où d'ordinaire ils devraient déjà être couchés. Autant l'OM à la trappe, cela relève d'une certaine logique car la combinaison entre l'artillerie offensive de Benfica et la fragilité naturelle de Marseille pouvait faire du grabuge. Autant, tous ceux qui avaient assisté au match aller entre Lille et Liverpool faisaient presque des Dogues les favoris de ce match retour.

Un prono osé et même un peu imprudent pour qui avait zieuté la petite démonstration des Reds face à Portsmouth lundi (4-1) et oublié une autre donnée majeure : Anfield. Car les Lillois ont débarqué sur les bords de la Mersey très intrigués par ce lieu si fantasmé dans les conversations nordistes avant le voyage. Ou quand ce Liverpool mité redevient un mythe... Et si c'est dans cet avant-match que le Losc avait perdu la bataille ?

Hazard rate le coche

Babel incisif à gauche, fixe, lance Lucas qui multiplie les feintes de cour de récré avant d'être fauché par Rami : peno transformé à contre-pied par Gerrard pour son 300e match en tant que capitaine (8e, 1-0). En moins de dix minutes, Liverpool défait ce que Lille a sué pendant une heure vingt à l'aller. Damned ! Moins d'une minute plus tard, Torres au poteau de corner colle un petit pont à Emerson avant d'éliminer Beria et d'adresser une frappe légèrement déviée. Une entame d'enfer pour les Reds. Le truc cool avec un score aller de 1-0, c'est qu'il existe trois configurations où le Losc peut se contenter de marquer un seul pion : à 0-0 évidemment, à 1-0 et à 2-0. En clair, mathématiquement, il n'y avait pas encore le feu pour les Nordistes qui à ce point du match peuvent même encaisser un second but avec l'espoir qu'un seul pion les enverrait en quarts. Ça c'est pour la théorie.

En pratique, ça donne plutôt des Anglais gonflés à bloc par leur égalisation sur l'ensemble du huitième et qui récitent leur ancienne partoche trop souvent oubliée cette saison : soit un milieu de terrain sous contrôle, un bloc-équipe resserré au possible et un jeu entre les lignes malin. Et en bonus track, un Torres tout proche de son meilleur niveau, trop rapide, trop fluide pour Rami. Plus surprenant, les rushs plein de jus et de justesse de Lucas Leiva, pas souvent à son avantage cette saison. Mais en face, Lille, dominé dans les grandes largeurs, dispose d'un fuoriclasse. Eden Hazard (qui d'autre ?) s'infiltre plein axe entre Johnson et Carragher avant de piquer un petit ballon dévié par Pepe Reina... de la tête (33e). Si Lille retrouve quelques couleurs après l'inspiration de son prodige belge, Liverpool semble en contrôle et plus concerné qu'à l'aller. Landreau est même tout heureux de voir les têtes d'Agger (38e) et de Torres (40e) filer à un souffle de ses montants. Oui, au moment de rentrer au vestiaire, les Dogues tirent la langue mais sont encore en vie.

Torres fait l'amour à Rami

Mais dès la reprise, Liverpool passe la seconde. Long ballon dans l'axe, Rami hésite, se fait piéger par le rebond et dans son dos Torres prend la gonfle et va glisser un petit piqué des familles dans le petit filet (48e, 2-0). Le Losc est désormais éliminé mais, une fois encore, un but lillois mettrait Liverpool dans le rouge. Le hic, c'est que ce score oblige désormais les hommes de Rudy Garcia à se livrer franchement. Avec tous les risques de contres anglais que cette configuration comporte... Sur un de ces lancements rapides tant redoutés, Gerrard se décale parfaitement à droite pour adresser un centre hyper vicieux vers Torres intercepté de la semelle par Rami (55e). Un El Nino tout feu tout flamme et réellement flippant à chaque prise de balle. Adil Rami se disait impatient de voir le phénomène madrilène de près. Il a vu.

Au vrai, seuls les coups de pied arrêtés semblent à même de tirer le Losc d'affaire. Comme sur ce coup-franc dans la boîte d'Obraniak pour la reprise “sauve qui peut” d'Aubameyang hélas non cadrée (72e). Bizarrement, cette alerte met Liverpool sur les talons : un entrejeu à l'abandon, une défense désormais adossée à Reina et une attaque livrée aux seules prouesses de Torres. Vous avez dit convalescents ces Reds ? Oui mais pas loin du rétablissement car dans les dix dernières minutes, Liverpool pousse de nouveau comme un sourd : ici deux frappes de Kuyt bien déviées par Landreau (81e,82e), là un cafouillage dans la surface lilloise. Avant le coup de grâce par les deux stars du club de la Mersey : cadrage-débor' de Gerrard, frappe de mule repoussée par Landreau sur... Torres (90e, 3-0). L'Espagnol mérite bien la standing ovation du kop, comme un merci. Comme un immense soulagement : Liverpool n'est pas mort. Lille, lui, est bel et bien éliminé.

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