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Les quatre chantiers de la Juventus

Battue en Serie A par les deux clubs de Milan, à la peine contre Lyon en Ligue des champions, la Juventus semble moins forte que l'année dernière dans les grands rendez-vous. Malgré son statut de leader en Serie A et sa position confortable en C1, la Vieille Dame doit changer des choses si elle veut de nouveau faire peur.

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Retrouver la sérénité défensive


En 3-5-2 ou en 4-3-3, la Vieille Dame a pris l'habitude ces dernières saisons d'adopter un jeu basé sur le contre et l'exploitation des failles adverses. Pour cela, quoi de mieux que de laisser le ballon et d'attendre la moindre erreur pour planter une banderille ? Cette tactique est devenue la marque de fabrique de la Juve, au point d'insinuer chez la plupart de ses adversaires un sentiment terrible pour toute équipe : la crainte. La crainte de se faire punir à la moindre perte de balle, au premier mauvais replacement défensif, à n'importe quelle minute. C'est pourquoi la grande majorité préfère ne jamais se jeter à fond en attaque. Les rares à s'être aventurés à des offensives engagées depuis 2014 en sont ressortis avec les fesses rougies, butant sur une défense de fer et immédiatement sanctionnés : la Roma, Naples, le Borussia Dortmund ou encore le Real Madrid.


Seulement, cette année, les choses ont changé. Depuis septembre, trois équipes ont joué sans complexe contre la Juventus : l'Inter et l'AC Milan ont gagné, tandis que l'Olympique lyonnais a arraché un point. La raison ? Sous pression, la Juventus prend des buts. Ce qui est nouveau. Sur coups de pied arrêtés, elle semble souvent en danger. Contrée, elle peine à fermer l'axe. Évidemment, les Bianconeri n'ont encaissé que neuf buts depuis le début de la saison, toutes compétitions confondues, ce qui les place sur la 4e marche européenne dans le domaine derrière l'Atlético (7), le Bayern Munich et Tottenham (8), alors que Chiellini a été souvent absent. Mais plus généralement, l'équipe d'Allegri ne dégage plus la même sérénité défensive et paraît moins insubmersible. La preuve après la réception de Lyon et dans la bouche du Mister : « On a été trop en danger et il y a eu plusieurs occasions que nous n'aurions pas dû concéder.  » Des mots très rares du côté de Turin, où ce ne sont pas les hommes qui font défaut, mais l'état d'esprit et l'image renvoyée. Des ingrédients censés couler dans les veines de n'importe quelle Vieille Bonne Femme qui se respecte.

Mettre à l'aise Pjanić


C'est la grosse déception de ce début de saison dans le Piémont. Alors que son transfert pour 32 millions d'euros en provenance de l'AS Roma ressemblait bien à un des plus jolis coups du mercato, Miralem Pjanić est en train de faire douter les Juventini. Devant la défense ou un cran au-dessus, le Bosnien s'avère invisible et jamais à son aise, quoi qu'en disent ses deux buts et trois passes décisives en huit matchs de Serie A. Derrière les attaquants et débarrassé des tâches défensives, il est à peine plus convaincant. Pire, il semble à contretemps de ses partenaires et à la peine physiquement. Cette intégration plus que poussive n'a été facilitée ni par les départs de Pogba et Pereyra ni par les blessures de Marchisio et de Sturaro.

De fait, l'ex-Lyonnais a tout de suite dû assumer une place de titulaire à côté de Khedira, sur le retour, et de Lemina, encore tendre, ou d'Hernanes, pas toujours rassurant. Résultat : son influence sur le jeu est quasi nulle, et ses statistiques sont en berne par rapport à l'année dernière : une moyenne de 59 passes avec la Juventus contre 73 avec la Roma et de 77 ballons touchés contre 94 en 2015-2016. Malgré tout, ces chiffres ne sont pas catastrophiques, et Pjanić n'est arrivé qu'en août. Avec un peu de temps, Khedira au top de sa forme et Marchisio enfin de retour, le Bosnien pourrait enfin asseoir sa place dans le collectif turinois et retrouver son jeu léché vu pendant cinq saisons chez les Giallorossi.

Renouveler l'animation offensive


Si la défense et Pjanić semblent un ton en dessous de l'année dernière, le principal problème de cette Juventus 2016-2017 réside dans son utilisation du ballon. Ce qui faisait sa force les saisons précédentes, les contres et le jeu rapide, est devenu son point faible. Les passes sont plus prévisibles et les remontées de ballon moins foudroyantes. Le côté droit, entre Dani Alves, moyen, et Lichsteiner sur le déclin, n'offre plus autant de possibilités, et les longs ballons de Bonucci (forfait pour le match à Vérone) ne peuvent pas résoudre tous les problèmes. Enfin, un vrai gouffre s'est créé entre les milieux et les attaquants, ce qui empêche toute fluidité dans le jeu. Tout cela, Higuaín ne peut que le constater. Malgré son coût de 94 millions d'euros, il ne peut pas se démultiplier et remonter les ballons tout en étant frais et dispo pour la finition. Une situation pénible et qui l'est encore plus avec la blessure de Dybala, seul joueur créateur et capable de fulgurances dans les trente derniers mètres. Pourtant, son retour mi-novembre ne changera pas tout.


Conscient de cette situation, Massimiliano Allegri a timidement tenté d'aligner un 4-4-2 contre l'Udinese courant octobre. Depuis, il n'a plus jamais réessayé. Il le sait : à force de s'être enfermée dans son schéma subir-contrer, la Juventus est devenue plus prévisible et moins tueuse. Deux solutions s'offrent donc à lui : re-perfectionner ses filières traditionnelles offensives, au point d'en faire à nouveau une arme impitoyable, ou tout remettre à plat. Vu son effectif et le calendrier, pas sûr qu'Allegri aura le temps de tâtonner et de refondre les habitudes de la Vieille Dame.

Dégainer de nouvelles têtes


C'est LE point qui fâche les supporters de la Juventus. Depuis l'arrivée d'Allegri à la tête du club, les blessures s'enchaînent et le banc n'est pas assez utilisé. Rien que cette année, Marchisio, Sturaro, Chiellini, Bonucci, Khedira, Dybala, Lichsteiner, Rugani et Pjaca se sont blessés au moins une fois, tandis que certains ont rechuté à peine revenus de l'infirmerie. Frustrant. Du coup, difficile de faire jouer tous ses titulaires en puissance en même temps et de favoriser une harmonie sur le terrain. Face à ce problème, la direction brandit le mercato hivernal, avec un milieu espéré en la personne de Witsel et peut-être un attaquant de soutien. Si le recrutement du milieu belge permettrait à la Juventus d'avoir une plus grande profondeur d'effectif dans l'entrejeu, il convient de se demander si l'achat d'un milieu offensif capable d'évoluer derrière les deux attaquants ne serait pas préférable, puisque seuls Pjanić et dans une moindre mesure Dybala peuvent tenir ce rôle.

Quant à l'utilisation des joueurs à la disposition d'Allegri, elle est une vraie source de questions qui fâchent. Pourquoi Rugani, meilleur espoir défensif italien, ne joue-t-il pas plus souvent ? Quand Cuadrado, peut-être le meilleur turinois depuis le début de l'année, enchaînera-t-il les matchs en tant que titulaire ? Moise Kean, joyau du centre de formation, aura-t-il sa chance pour faire souffler Mandžukić et Higuaín ? À toutes ces interrogations, Allegri ne répondra pas. Lui se souvient que l'année dernière, à la même période, sa Juventus soulevait bien plus de questions et pointait à la 12e place de Serie A avec douze points au compteur, contre une première place avec vingt-sept unités aujourd'hui. Alors avec intelligence et patience, il va prendre les points, un par un. Les analyser, les travailler et les surmonter. Comme il l'a déjà fait.

Par Nicolas Basse
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Dans cet article

Malgré tous ces problèmes, la Juve a tout de même de fortes chances d'être championne de série A à la fin de l'année. Bien dommage que le championnat italien ne soit pas plus relevé.

Et puis l'equipe va trouver son équilibre au cours de la saison, cela permettra de faire tourner l'effectif avec plus de sérénité que maintenant.

Tous les ans je me dis que d'autres équipes vont tenir le rythme, mais ça semble compromis
J'ai du mal à voir en quoi le championnat n'est pas assez relevé sachant que le podium l'an dernier était composé d'équipes ayant atteint la barre des 80 points.

C'est la Juve qui fait des saisons hors normes. C'était relevé par Buffon mais à un certain moment les petits arrêteront d'écarter les fesses tous les dimanche.

De la même manière qu'il ne fallait pas enterrer la Juve en début de saison l'an dernier, n'enterrez pas les autres trop vite sur celle ci. Il y a beaucoup d'equipes ayant des arguments pour faire un gros championnat et faire perdre des points à la Vieille Dame.
Quand je dis que le championnat n'est pas très relevé, je parle en comparaison avec les années 2000, où on voyait un beau jeu, un très haut niveau, une vraie représentation européenne
Pourquoi mettre -1 quand on essaie de discuter ?
Il me semble pas avoir mis de -1, si non pas volontaire !
J'ai corrigé.
Ya une vague d'adolescents attardés et de crétins qui semble pulluler ici maintenant et met -1 à tous les commentaires qu'ils n'aiment pas. Faut corriger quand on le peut.
Merci l'ami tu es bien urbain, je trouve ces -1 ridicules quand les discussions se passent bien.

Au final je suis assez d'accord avec ta définition du championnat relevé/ disputé.

Qui sait l'uefa reussira à mettre tout le monde d'accord avec une super ligue européenne façon ligue Master.
Ca va être super compliqué à mettre en place ça... J'ai vu que le projet de ligue atlantique était ressorti des placards !
Ne confondez pas "championnat relevé et disputé" avec "championnat de haut niveau". Ce n'est pas forcément synonyme.
C'est quoi un championnat de haut niveau?

La liga, bundesliga et la l1 sont dans la même configuration que la Serie A avec un club qui eclate les autres. Ne parlons pas de la Pl c'est risible. Il ne viendrait à l'idée de personne de dire que ces championnats sont petes.

En dehors de la liga qui performe tous les ans sur tous les fronts europeens pour tous les autres ça varie au gré des bonnes années/cycles des meilleurs du championnat.

La Serie A était et reste un championnat releve et competitif même en dehors de la Juve. A cet instant la Roma et le Toro font partie des dix meilleures attaques d'Europe entre autres avec une qualité de jeu et une philosophie qui peut rendre jaloux.
Note : 1
Championnat de haut niveau => un championnat dont les équipes qualifiées en coupe d'europe vont loin.
Championnat relevé => championnat dont le titre est disputé entre plusieus équipes qui se tirent la bourre.

Et évidemment, ces notions ne sont pas collées à un championnat ad vitam eternam. La PL était le meilleur championnat il y a 10 ans, il est auj un championnat disputé mais pas du tout compétitif. La Liga est aujourd'hui les deux. Elle n'était "que" compétitive il y a 3 ans.
La L1 est cette saison à priori (et je dis bien à priori, on fera les comptes à la fin) disputé mais pas de haut niveau quand tu vois que seul le PSG (voire Monaco) performent, alors que Nice pourtant leader est quasiment éliminé de l'Europa League et Lyon quasiment éliminé aussi de la CL.
9 réponses à ce commentaire.
Le mercato de cet été m'a déçu. Ce n'était pas un mercato "Juventus", comme les précédentes années, intelligent, bien ciblé et raisonnable. Higuain et ses 94M€, Alvès à 34 ans, Rugani recruté sans possibilité de jouer ... c'est bien quand tu veux ronronner, pas quand tu veux progresser et atteindre le top niveau.
Rado & milinko Niveau : District
Il n'y a aucun motif d'inquiétude pour cette juve, on a l'habitude de voir des équipes très dominatrices dans leurs championnats et compétitives en Europe faires des premières partie de saison pas très convaincantes avec quelques points perdu par ci par là et monter en puissance en seconde partie de saison quand les grands matchs arrivent. C'est arrivé au réal ça arrive à la juve aujourd'hui.
Georgesleserpent 2.0 Niveau : Ligue 2
Perso, j'aimerais vraiment bien savoir ce qui peut bien avoir fait dire aux gens (et à vous, en l'espèce, sofoot) que Pjanic était l'un des meilleurs coups du mercato.
Je le suis avec attention depuis qu'il est arrivé à la Roma, soit depuis 5 ans, et j'ai jamais pensé qu'il pourrait devenir un top player.
Pjanic, à la Juve, ça doit être un remplaçant.
Parce que, ok, il est élégant, il est technique, mais j'ai envie de dire que ce sont des caractéristiques secondaires pour un milieu de la Juve.
Il doit avant tout se battre, avoir un gros volume de jeu, jouer avec envie et audace. Et Pjanic est à des années lumières de remplir ces conditions. Il a beau sortir un beau geste de temps à autres (et encore, j'ai jamais trouvé qu'il était un virtuose technique, faut pas déconner, bon technicien mais ça s'arrête là), il a pas la caisse et le mental pour peser sur le jeu de la Juve.

En tout cas, vu le niveau qu'avait Pogba l'année dernière, penser que Pjanic pourrait le remplacer était une aberration sans nom.
Bien sur, tout arrive, peut être que je me plante, et qu'avec le retour du Marquis Pjanic va se réveiller, mais j'y crois pas du tout, le problème semble profond chez ce type.
Et on en revient à ce que je hurle depuis cet été, et je rejoins là dessus @Toof, le mercato de la Juve aurait pu être très bon, si et seulement si ils avaient pris un gros milieu pour remplacer Pogba; et quand je dis gros, je parle pas d'un type qui a vaguement été bon avec la Roma, je parle d'un top joueur, et la Juve avait largement les liquidités pour acheter un tel joueur, par exemple Gundogan.

Au lieu de ça, ils ont fait la connerie d'acheter Higuain, connerie à double titre:
Déjà, parce qu'ils ont dépensé un fric fou dans cette histoire ce qui les a empêchés d'investir sur un gros milieu.
Ensuite, parce qu'avec Higuain, paradoxalement, même si c'est un joueur que j'adore, la ligne offensive de la Juve régresse. Higuain est très bon, mais c'est un joueur qui a besoin d'une adaptation et qui a besoin d'être chouchouté; ça ne sera pas le cas à la Juve. En outre, en LDC, l'important est l'efficacité, l'agressivité et le volume de jeu, soit trois qualités qui font défaut à Higuain. Or, Manduzkic présente toutes ces caractéristiques, la Juve perd donc au change entre Mandzukic et Higuain, même si j'estime dans l'absolu que le second est meilleur que le premier cité.

On se retrouve donc dans une situation où le top player du milieu s'appelle Pjanic et où l'attaquant titulaire est un type qui correspond pas au club, pendant qu'un autre qui est parfait pour la Juve pourrit sur le banc et perd peu à peu confiance.
Bref, tout ça pour dire qu'il va falloir se réveiller très rapidement, parce que la situation est pour l'instant pas géniale.
Ceci dit, j'aime à penser que les choses s'amélioreront progressivement avec le retour de Marchisio, qui est plus que jamais le patron de l'équipe, défense mise à part.
J'ai toujours trouvé Pjanic fort mais je dois probablement être biaisé. Il ne sera jamais un top player mais jjuste en dessous. Après je pense aussi qu'à la Juve, il a besoin d'un peu de temps. Tous les meneurs ont eu besoin de temps en arrivant dans ce club.
Mais de là à dire qu'il sera un joueur clé, il y a une marge.

Accessoirement, je pense aussi que la Juve a besoin d'un nouveau cycle de joueurs.
Pour un supporter du Milan ac,t'aimes bien quand même la Juve hein!
T'en parles souvent à des termes très élogieux et tu ne leur souhaite que du bien
Georgesleserpent 2.0 Niveau : Ligue 2
Bah ouais, c'est un club italien, forcément je leur veux du bien, c'est le seul club italien qui est au niveau européen.
Mais ne t'y plante pas, je déteste ce club, mais par défaut je n'ai pas d'autre possibilité que de croire en eux.
3 réponses à ce commentaire.
Cafu cremes Niveau : CFA2
La légende urbaine Pjanic meneur de jeu est tout de même cocasse.

Dans ses bons jours c'est un 8 avec peu d'activité défensive et qui se sert essentiellement du boulot des autres pour briller et faire ses stats. Il n' a pas le caractère, l'influence, la vision du jeu ni la protection de balle d'un très bon meneur. Un meneur sent le jeu 3 ou 4 secondes avant que ça se passe et crée le décalage la ou il n'y a rien jusqu'à la passe. Pjanic n'est pas capable de ça encore moins dans une animation offensive qui se cherche et est contrainte au turnover.

Dans ses mauvais jours soit 1 fois sur 2 c'est un milieu sans activité, intensité et qui ne fait qu'attendre l'occaz pour sauver son match.

Certains comme @tottichianti disent qu'il court plus etc, la vérité c'est qu'il court plus pour pas grand chose.

Un bon remplaçant pour la Juve mais il n'a certainement pas les épaules pour apporter équilibre offensif et défensif comme Marchisio.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
Georges et Cafu, merci de confirmer le fond de ma pensée à propos de Pjanic. Je ne sais pas ce qui a pu pousser So Foot et d'autres observateurs à se dire que Pjanic à 32 millions, c'était "l'un des plus jolis coups du mercato". Pour l'avoir suivi quelques saisons à la Roma, c'est un joueur qui n'a jamais eu une grosse régularité ni un énorme volume de jeu, sans parler d'un mental que je qualifierais de plutôt moyen. Alors certes, il a une bonne technique (sans être extraordinaire non plus) et c'est un excellent tireur de coup-franc (sa plus grosse qualité, ça je le concède sans pb) mais il n'a pas vraiment les épaules pour être le patron du milieu juventino ni pour évoluer dans un rôle de trequartista.
Mais le truc qui m'inquiète, ce n'est pas que la presse ait pu croire cela, c'est plus que le staff turinois (qui est quand même censé s'y connaître bcp mieux que nous en foot) ait pu penser ça...
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