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  3. // Lille-Nice

Les PPP flingueurs

Lille–Nice, c'est aussi la rencontre de deux villes empêtrées dans les affaires entourant leurs nouveaux stades. Alors que le président de la Métropole européenne de Lille vient d'être mis en examen pour « trafic d'influence passif et complicité de favoritisme » , on fait le point sur des dossiers qui fleurent bon la politique à papa.

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De la cabane à la corbeille ? La question mérite d'être posée pour Damien Castelain. Le président de la Métropole européenne de Lille, habitué de la tribune présidentielle du stade Pierre-Mauroy, pourrait choisir une soirée plus calme, pour une fois. Peut-être même ne regardera-t-il pas le match, dans ce stade dont on lui rebat les oreilles depuis quelques jours. Depuis lundi matin exactement, jour de son placement en garde à vue dans l'affaire du deal conclu entre la ville et Eiffage pour la construction d'un Pierre-Mauroy à toit rétractable et pelouse escamotable. Et dont on va lui parler longtemps encore, maintenant qu'il s'est vu signifier sa mise en examen, en compagnie d'Henri Segard, ancien vice-président de la MEL, et de deux anciens cadres d'Eiffage, pour « trafic d'influence passif et complicité de favoritisme » .

Pendant ce temps, à Nice, on va se pencher attentivement sur ce qui se passe au nord. Pour une éventuelle qualification directe en Ligue des champions, évidemment, mais également à propos des suites qui seront données au dossier du stade lillois. Car à Nice aussi, une enquête préliminaire est en cours, confiée au parquet national financier. Et si les cas sont quelque peu différents, ils pointent un même flou artistique, économique et politique autour des signatures de partenariats public-privé pour la construction de la dernière génération de stades français. Une publicité dont se serait bien passé le mécanisme contesté du PPP, dont l'équation est parfois résumée à la formule « dépenses publiques, bénéfices privés » .

Du Carlton aux paddocks


« La première des choses qu'on peut dire, c'est que ça vient confirmer ce qu'Eric Darques clame depuis de nombreuses années, à savoir qu'il y a eu un climat corruptif autour de l'attribution du Grand Stade à la société Eiffage » : Maître Breham est un homme satisfait à l'annonce des mises en examen lilloises. Avocat d'Eric Darques, un élu de la métropole fondateur du FRICC (pour Front républicain d'intervention contre la corruption), il se bat depuis 2012 pour faire avancer le dossier. Pendant trois ans, les plaintes pour faux et usage de faux se perdent, des prescriptions hors de propos sont invoquées, des juges d'instruction mutés. Puis, mi-2015, le juge Gentil reprend l'affaire. « Et là, les choses s'accélèrent très vite. Il lance des perquisitions, il obtient l'élargissement des qualifications juridiques à favoritisme, corruption et trafic d'influence, il met la MEL en examen en tant que personne morale... Et en creusant, ils s’aperçoivent que la société Eiffage aurait directement ou indirectement réglé un certain nombre de choses au bénéfice d'élus de la MEL. »

En fait, Eric Darques et les siens agitent depuis le début deux questions : pourquoi le projet d'Eiffage, plus cher que celui de Bouygues-Norpac, a-t-il été retenu ? Et comment un rapport technique a-t-il été modifié en quelques jours pour faire passer la note d'Eiffage au-dessus de celle attribuée à Bouygues-Norpac ? Dans l'œil du cyclone, Castelain et Segard, dont le groupe d'élus communautaires, Métropole Passions Communes, a fait basculer le vote en faveur d'Eiffage le 1er février 2008. Aujourd'hui, il est reproché aux deux élus d'avoir été invités par Eiffage au Grand Prix de Hongrie de Formule 1, en 2010. Des soupçons pèsent également sur la construction d'une terrasse chez Damien Castelain au frais d'Eiffage.

Quant à l'homme qui a mis les enquêteurs sur ces pistes, il n'est autre que David Roquet, condamné dans l'affaire du Carlton pour un délit financier commis au préjudice de son entreprise, ainsi qu'il l'expliquait au micro de France Inter en février 2015 : « Un jour, il (Fabrice Paszkowski, condamné sur le même motif, ndlr) me dit : "Tu n'es pas sans savoir que je connais DSK. De temps en temps, on fait quelques soirées avec lui. Je ne te cache pas que ça me coûte un peu d'argent. Toi, tu es chez Eiffage, tu as des budgets de frais. Pour un groupe comme Eiffage, ça ne serait pas inintéressant de rencontrer DSK." » David Roquet inscrivait les « prestations » dans la colonne « représentation » de ses notes de frais. Il écopera de six mois de prison avec sursis. Quelques mois plus tôt, son avocat, Maître Dupont-Moretti, tonnait : David Roquet « s'est expliqué, il a dit ce qu'il avait déjà écrit, à savoir qu'Eiffage était au courant, qu'il n'entend pas porter le chapeau tout seul, qu'il n'est pas l'inventeur (d'un) système » . La justice en a décidé autrement pour l'affaire du Carlton. Et dans celle du Grand Stade ?

Anticor en action


Mille kilomètres plus au sud, Jean-Christophe Picard, président d'Anticor (association « contre la corruption, pour l'éthique en politique » ), garde un œil intéressé sur le dossier nordiste. Car, jusqu'à récemment, les PPP n'étaient pas soumis aux mêmes règles que les marchés publics, donc pas forcément concernés par le délit de favoritisme. La décision lilloise pourrait faire jurisprudence. En attendant, il s'appuie sur le rapport de la Chambre régionale des comptes, un rapport « assez incroyable quand on connaît la retenue habituelle de ce type de document » . Et de détailler : « Elle a pointé du doigt des curiosités. Bouygues par exemple, qui était le groupement le moins cher, est devenu subitement le plus cher. Il y a des sous-sous-critères qui ont été inventés en cours de route. La notation était, je cite, "difficilement compréhensible en raison de l’absence de références chiffrées, de périmètres comparables, d’une utilisation des critères peu logique, ou encore de données apparemment aberrantes non corrigées". Les magistrats dénoncent, sur neuf pages, une "procédure de sélection imparfaite" ! » Et des indices suffisants pour saisir le parquet, qui a ouvert une enquête. De son côté, Anticor s'est porté partie civile dans une plainte pour favoritisme.

Enfin, des problèmes de prises illégales d'intérêt sont soulevés du côté de Nice. Il y a cet élu, ayant voté les délibérations d'attribution du PPP, par ailleurs président d'une caisse du Crédit agricole, partenaire financier de la société NES (pour Nice Eco Stadium) créée pour l'occasion du PPP. L'Humanité relevait également le parcours d'un ancien chef de cabinet de Christian Estrosi, passé conseiller spécial sur l’opération de la plaine du Var où a été construit le stade, avant d’être nommé, un mois après la mise en route du PPP, directeur général délégué du Stade de France, exploité à 77% par Vinci, constructeur de l'Allianz Riviera. Estrosi, dont les échanges avec les équipes de Cash Investigation ont été virulents, avait, lui, déposé une plainte en diffamation contre l'ex-présidente d'Anticor, Séverine Tessier, qui avait publiquement exprimé ses inquiétudes quant au financement de ce PPP (elle sera finalement relaxée en 2016). Depuis, c'est le silence radio. L'omerta ?

Faux, favoritismes, prises illégales d'intérêts... et ententes illicites ?


À ce stade, tous ces éléments – et il y en a d'autres encore – ne sont que des soupçons et les principaux protagonistes doivent évidemment bénéficier de la présomption d'innocence (au passage invention juridique puisque au contraire, pour qu'il y ait ouverture d'une enquête puis mise en examen, il faut plutôt qu'il y ait une présomption de culpabilité). Reste une impression générale d'opacité à une époque où la transparence est portée en étendard par la société civile. Opacité sur les liens qui unissent élus publics et décideurs économiques privés. Opacité, aussi, sur la façon dont se sont déroulés les différents appels d'offre entre géants du BTP. Et Maître Breham de résumer la situation : « Parce que c'était nouveau, parce que personne ne savait trop comment on faisait, que les procédures n'étaient pas tout à fait mises en place, des margoulins ont pu essayer d'en profiter. Il y a des problèmes similaires dans beaucoup d'autres stades. Comme par hasard, l'oligopole s'est partagé à peu près tous les grands stades construits en France (concernant les stades construits ou sérieusement rénovés en PPP pour l'Euro 2016 : Nice et Bordeaux ont choisi Vinci, associé à Fayat pour Bordeaux, Marseille a fait avec Bouygues, et Lille a préféré Eiffage). Et Bouygues qui aurait été la personne qui naturellement aurait pu déposer plainte, ne l'a pas fait ; est-ce qu'il y a eu des deals ? Ça, je ne peux pas vous répondre... »



Par Eric Carpentier
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Dans cet article

''est-ce qu'il y a eu des deals ? Ça, je ne peux pas vous répondre... ''

Moi je peux.
FourFourTwo Niveau : Loisir
Grosse découverte, la présomption d'innocence est une invention juridique !!! Incroyable !!
Bien sur que c'est une invention juridique, à quoi cela rime de le faire remarquer ?
D'ailleurs, l'auteur ne sait pas ce qu'est une présomption. L'ouverture d'une enquête et une mise en examen de dépendent pas d'une présomption de culpabilité. Le mis en examen n'est pas présumé coupable sinon ce serait à lui de prouver son innocence. En réalité, il est présumé innocent malgré des indices d'implication dans une infraction. C'est au parquet de prouver sa culpabilité, donc tout l'inverse d'une présomption de culpabilité.
"L'équation est parfois résumée à la formule « dépenses publiques, bénéfices privés".
On dit surtout: "PPP = Pertes Pour le Public, Profits Pour le Privé"
Oui enfin c'est pas une "invention juridique", c'est surtout une nécessité sociétale, sur la logique du "mieux vaut laisser un coupable libre que enfermer un innocent".
3 réponses à ce commentaire.
D'ailleurs y'a un reportage de cash investigation très intéressant disponible sur youtube autour du PPP du stade de Nice.
Encore une belle arnaque pour les citoyens ces PPP...
zinczinc78 Niveau : CFA
Note : -3
Les PPP ne sont pas forcément au détriment de l'état, mais tous ceux qui bossent dans le milieu du bâtiment te diront que Eiffage sont des enc*lés.

Bon je dis pas que Vinci et Ineo sont des gens honnêtes hein, mais eux au moins ils ne t'insultent pas quand ils te la mettent, ils le font avec le sourire.

Heureusement que le Grand Stade de Bordeaux est clean, lui xD

Ce commentaire a été modifié.
Cafu crème Niveau : Ligue 2
Note : 1
Sauf que le stade de Bordeaux je suis un peu déçu d'avoir payé le ppp via mes impôts pour m'apercevoir que le tour du stade est même pas fini.

Mais par temps de pluie c'est sympa de marcher dans une piscine olympique ou un marécage pour choper un tram.
A voir ce que tu entend par "Etat", moi j'y vois les impôts de tous les résidents français donc "nous" et c'est toujours a notre dépend, vu que les bénéfices vont directement dans la poche de (très) grosses entreprises qui ensuite n'ont guère de scrupule a planquer ces bénéfices sur des comptes hors-d'atteinte du fisc avec la complicité des élus dont ils financent les élections

Ps: ton avatar m'a filé la nausée en ce jour...
FoX_LorrY Niveau : DHR
Tu dois pas beaucoup bosser avec Bouygues alors... Niveau enculage ils se positionnent bien, et ils ont fait le plus beau casse de dépense publique avec Balard. Alors qu'ils étaient pas favoris au premier tour de négo et qu'ils étaient pas les moins chers.

Les exemples de PPP qui réussissent sont moins parlant que les échecs cuisants (hôpital sud francilien...), mais il est étrange de constater que lorsque sur une même période quand de très gros PPP sortent la répartition est très homogène entre les 3 majors. Bouygues a eu Balard quand Vinci a eu la LGV par exemple...

Et pour le stade de Bordeaux tout comme ton avatar je note que tu manies fort bien l'ironie. Il est tellement clean que le Conseil d'Etat a annulé le contrat pour irrégularité
zinczinc78 Niveau : CFA
Ah oui j'avais zappé Bouygues pardon.. Normal vu qu'on évite toujours de bosser avec eux dans la mesure du possible..
stade de bordeaux clean???
1.PPP annulé (pour fausses informations transmises au conseil municipal sur le financement)
http://urlz.fr/55wD
2.transfert de la "gestion" à la métropole (pour sous-estiation du cout de fonctionnement de cette horreur)
http://urlz.fr/55wC
3. couts masqués non intégrés
les accès (on a fait un stade au milieu de nulle part)
la gare de tram
le doublement de la rocade
tout ça pour des affluences de 5000 supporters???
ça fait cher le caprice...
et pendant ce temps, on a pas un radis pour des pistes d'athlé ou des piscines...
6 réponses à ce commentaire.
C'est evident que seules les entreprises de construction beneficient vraiment des PPP seulement c'est regulierement le seul moyen pour un club de se doter d'un nouveau stade.

Le foot francais n'est absolument pas attractif pour un quelconque investisseur "normal" par consequent n'attire, outre investisseurs "politiques", aucun investisseur capable de construire un stade en propre et/ou d'obtenir des prets bancaires car aucune banque ne pretera a hauteur de plusieurs centaines de millions d'euro a une entite "chroniquement" deficitaire ne presentant aucune garantie rapidement monetisable en cas de defaut.

Le serpent qui se mord la queue.
Tu as raison sur le fond du problème mais dans ce cas pourquoi ne pas faire payer la note total aux investisseurs alors que c'est l'état (nous)qui en supporte la plus grande charge?
Dans le coût d'un stade y'a aussi les infrastructures liées a celui-ci: dans le cas de bordeaux le prolongement d'une rame de tram (inutile si ce n'est pour le stade) et le coût faramineux que cela engendre, tout cela a la charge du contribuable bordelais ^^
Tu penses vraiment que M6 (et in fine son actionnaire) ont les moyens et/ou l'envie d'investir des centaines de millions d'euros dans ce qui n'est pas leur core business?

J'etais contre ce nouveau stade perso. Absolument aucun interet a ce stade du developpement du club et sans vision actionnariale long terme.
Quand je parle d'investisseurs Ari je parle de la boite de Btp qui en récupère l'exploitation, pas du proprio du club ^^
FoX_LorrY Niveau : DHR
Ari ton raisonnement est erroné, le PPP est une pure invention comptable française dont le but principal est que le pouvoir public puisse passer un projet en charges et non en dette. Les stades en PPP n'appartiendront jamais aux clubs et resteront in fine propriété de la ville, ou de tout autre pouvoir public à l'origine du projet.
Sauf que c'est pas considéré comme de la dette, donc tout va bien. Après dans le contrat le pouvoir public en question s'engage à payer le loyer sur plus de 25ans, et demande un loyer au club (cf. Marseille).

Donc en aucun cas le PPP est pour le club, il est avant tout pour le pouvoir public local qui veut se faire plaisir. L'exemple de Marseille est parlant, avec un contrat déjà signé avec Bouygues avant même que la ville se mette d'accord avec le club sur le loyer à verser.
Heuu c'est exactement ce que je dis. Seules les entreprises de construction s'y retrouvent. Le club se fait toujours baiser, le contribuable egalement (car on lui vend de l'emploi local ou des investissements dans des infrastructures souvent inutiles).
FoX_LorrY Niveau : DHR
J'ai bien lu ta première phrase, mais ton raisonnement laisse plutôt penser "club" que municipalité.
Or rien n'empêche la municipalité ou l'agglo de prendre un bon vieux prêt des familles, puisque dans tous les cas elle se porte garant du loyer sur 25 ans ou plus. Ça a été fait à Sainté ou Toulouse (certes c'était de la réno) qui étaient en loi MOP.
Sauf que c'est de la dette, et on en veut pas. Alors que le PPP c'est un loyer, donc pas de la dette. C'est stupide car on creuse le déficit mais pas la dette donc tout va bien.

C'est un fait que les clubs ne sont pas assez solides pour être garants bancaires sur un investissement aussi lourd, mais un raisonnement en coût global permet de voir rapidement le niveau d'arnaque, car non seulement le projet coûte plus cher mais il est surtout figé sur le temps du contrat.
Ce commentaire a été modifié.
Jeune quille Niveau : CFA
Note : 1
Le contribuable se fait baiser que le marché du stade soit en commande publique classique loi MOP ou en PPP. Incriminer ce dernier par principe sur le fait que son attribution prête à favoritisme ou parce qu'il est inutile est donc coûteux pour le contribuable est fallacieux, vu qu'un marché public peut très bien avoir les mêmes défauts.

Et Bouygues ne s'est pas porté partie civile dans l'attribution de ces marchés parce qu'ils ont eu Balard en compensation. La gestion de l'oligopole du BTP par les pouvoirs publics est effectivement une des nombreuses sources de corruption du captitalisme de connivence à la française.

On appelle ça "la stratégie industrielle de l'état".
Jeune quille Niveau : CFA
Asséner que le projet PPP coûte plus cher que la gestion en régie publique est idéologique.

De la même manière, penser qu'une régie publique est plus souple pour la maintenance de l'infrastructure est là encore totalement théorique.

Le vrai souci du PPP c'est qu'il incite des élus corrompus et clientélistes à cacher de la dette bien réelle hors bilan. Cavalerie budgétaire pour couper des rubans. L'état et les collectivités investisseurs, c'est le mal.
Jeune quille Niveau : CFA
Note : 1
La comparaison en coût complet des PPP et marchés classiques ne prend jamais en compte la perte de substance de l'actif avec maintenance en régie publique.

On rappelle qu'à la fin du PPP, l'ordonnateur prend possession d'un ouvrage "neuf". Maintenance préventive, curative, remise en état compris. A charge pour celui-ci de faire respecter les clauses. Ce qui est moins facile quand le prestataire t'a offert une terrasse.
FoX_LorrY Niveau : DHR
Quand tu dois faire 3 réunions et te parler par recommandés pour changer une porte on peut pas dire que les PPP soient un modèle de souplesse, quand t'es en MOP t'est propriétaire et tu fais ce que tu veux.
Ça veut pas dire que tous les PPP se passent mal au contraire, mais le coût global n'a strictement rien à voir pour plein de raisons. Le PPP impose par sa forme contractuelle de tout cadrer (sur Balard la présence d'hôtesse pour s'occuper des salles de réunion était cadré sur 28 ans...), et dès qu'on en sort c'est très vite complexe et coûteux.

Après niveau calendaire la signature du PPP de Lille c'est 2008, alors que Balard c'est 2011. Mais il y a 1 mois entre la signature de la LGV et de Balard par contre...
Jeune quille Niveau : CFA
Mea culpa pour la temporalité des contrats je m'emmêle un peu les pinceaux.

Tu soulèves effectivement un problème de fond plus intéressant dans la séparation entre maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'oeuvre dans les PPP sur certaines missions. L'exemple des changement d'ampoules sur Balard est édifiant, et il suffit de se remettre dans l'Hôpital Sud-francilien pour réaliser que cette séparation dans une infra hébergeant un service public est souvent inefficace de par les lourdeurs qu'elle génère.

Sur un stade, infrastructure dont la réalisation ne relève, selon moi, d'aucun service public (ou alors le service public du football ?), le PPP n'a pas vraiment de raison d'être intrinsèquement inefficace.

Le fond du problème pour les stades est la socialisation du risque commercial, que ce soit en PPP ou pas. Si l'équipe résidente s'effondre, c'est la collectivité qui se retrouve avec une infra inutile sur les bras, dette comprise.

Un autre commentaire parle de compétition entre territoires pour être plus attractifs. La CA du Mans est probablement ravie d'avoir fait construire un stade pour rien ; la concurrence n'empêche pas la bonne gestion. Et l'irresponsabilité pénale des gestionnaires publics n'incite guère à l'analyse des risques.
mouais, enfin, quand on regarde le coût de fabrication sur d'autres ouvrages, on a quand même du mal à te suivre.
Ex: LGV Est: 400 km de voies, 5 milliards de travaux, coût d'exploitation "tarif SNCF".
LGV Atlantique: 300 Km de voies, 6 milliards de travaux, plus une surcote d’exploitation (il faut payer en plus le concessionnaire)...
Donc double peine: les impôts le tarif lors des trajets...
Les PPP n'associent pas que les collectivités ou l'Etat et les entreprises de BTP, tu as aussi notamment des sociétés de gestion dans la boucle (Infravia, Cube, Antin IP...).
Par ailleurs, en France, les PPP sont un mécanisme récent (2004) au regard des précédents procédés de commande publique. Il est donc normal qu'il nécessitent un temps d'adaptation de la part d'institutions publiques qui les ont très vite pris à leur compte pour tout et n'importe quoi : Construction de casernes, de réseaux d'éclairage publics, de prisons.
Pour beaucoup d'élus, ces contrats étaient un moyen de se payer des infrastructures sans taper immédiatement dans les caisses et avec, après la construction, un exploitant qui allait optimiser la gestion. Malheureusement ça ne se passe pas comme ça. Les PPP peuvent être un très bon mécanisme, mais le rôle du contrat est fondateur, car il doit tout prévoir, dans le cas de l’hôpital Sud francilien par exemple, le contrat aurait du prévoir des éléments comme la température des chambres. En effet, l'exploitant privé, pour améliorer sa marge, laissait par exemple la température descendre autour des 14°c, ce qui n'est pas acceptable, mais "légal" au vu des conditions fixées par le contrat.
Bref, en France, le seul stade appartenant à un club est celui de Lyon, les clubs ne se payent pas de stade car ils n'ont en effet pas les moyens ou préfèrent laisser ces infrastructures entre les mains des collectivités, pour qui il s'agit d'éléments important dans leur attractivité (Eh oui, les territoires se livrent une guerre sans merci pour leur attractivité). Cependant, les derniers investisseurs (Lille, Marseille, Lyon...) dans le foot français montre qu'il s'agit d'une classe d'actif qui reste attractive, et pas seulement pour les investisseurs "politiques".
Tout ça pour dire que les PPP dans le cadre de stade devraient associer Constructeurs, collectivités et clubs dans le financement et la gestion pour rééquilibrer le rapport de force.

Au delà de ce long commentaire, je souhaite féliciter l'auteur de cet article que j'ai trouvé très intéressant.
Jeune quille Niveau : CFA
D'accord sur le partage des risques. Pour la bonne raison que le financement public du risque d'une activité privée est UN DETOURNEMENT DE FONDS. Favoritisme ou pas.
KyubiDesSurfaces Niveau : District
merci pour vos commentaires précis et bien écrits, ils me permettent d'en savoir plus sur ces PPP et confirment ce que je pense des élus.
15 réponses à ce commentaire.
" Incriminer ce dernier par principe sur le fait que son attribution prête à favoritisme ou parce qu'il est inutile est donc coûteux pour le contribuable est fallacieux, vu qu'un marché public peut très bien avoir les mêmes défauts. "
Sauf que de mon point de vue (de profane) les bénéfices repartent dans le public, l'exemple qui me viens en tête est celui des autoroutes qui construites aux frais de l'état rapportaient a l'état a travers les péages, pour ensuite être vendues au privé et voir les bénéfices dans les poches de celui-ci et le prix des péages s'envoler...
Jeune quille Niveau : CFA
La cession des sociétés concessionnaires des autoroutes est un scandale. Mais l'état aurait-il été capable de réaliser les bénéfices actuels par lui-même ?
Sans vouloir refaire l'histoire, les bénéfices de ces sociétés étaient bien moins importants avant leur privatisation. Leurs nouveaux actionnaires ont très rapidement :
- investi et rationalisé la gestion pour baisser les coûts de maintenance et d'entretien,
- actionné les leviers d'optimisation tarifaires que leurs laissaient les contrats existants (la bonne mais un peu scandaleuse technique du foisonnement).

Résultat des hausses tarifaire limitées au global mais avec un effet majeur sur le chiffre d'affaires, des économies de gestion et des bénéfices explosés.

Résultat on se dit après coup que l'état a fait très mauvaise affaire (cession qui valorisait les sociétés à 10 à 15 ans d'EBIT environ de mémoire, ce qui est peu pour une infra aussi peu risquée mais pas totalement déconnant dans l'absolu), mais c'est vrai uniquement si on prend le postulat que l'état aurait pu traire la concession aussi bien.

Comme le dit un des commentaires ci-dessus, le problème tient plus à l'incompétence (qui pose la question de la malhonnêteté à ce stade) de la commande publique que de la nature intrinsèquement faussée du contrat. Un mécanisme de baisse des tarif aurait du être intégré à ces concessions si la justification de la privatisation était la capacité supérieure du privé à baisser les coûts.

Même chose pour les PPP. Si on admet (c'est un postulat fort et discutable) que le privé est le plus souvent capable de réaliser la mission à moindre coût, alors une indexation à la baisse de la redevance (PPP) ou des tarifs (concession) devrait être acceptable pour faire bénéficier les clients des gains d'efficacité. Mais ça demande effectivement une volonté politique forte.
Jeune quille Niveau : CFA
Enfin, je parie qu'un état resté propriétaire des société concessionnaires aurait pu avoir l'idée de faire foisonner les tarifs sous couvert de lutte contre l'étalement urbain et la pollution automobile (ex : Mâcon - Lyon +5% par an sous couvert d'écologie, comme le tabac +30ct par an sous couvert de santé publique).

L'état fait souvent passer son intérêt bien compris sous couvert d'intérêt général.
FoX_LorrY Niveau : DHR
Tu fais le postulat que le privé gère forcément mieux que le public, ce qui n'est pas toujours vrai... Après pour les autoroutes la concession est un pur scandale à la base pour une raison très simple. La plupart des DSP est faite parce que l'acheteur réalise l'investissement, et le contrat de DSP lui permet de récupérer son investissement (la majorité de la part d'abonnement sur un réseau de chaleur par exemple).
Ce "R3" n'a quasiment pas lieu d'être pour les autoroutes puisque l'investissement est déjà réalisé par le contribuable, et une autoroute n'est pas une centrale à démenteler mais juste une portion à entretenir.

Donc forcément c'est pas un cadeau que fait l'état au départ, mais un manque à gagner énorme par la suite. Vinci a en tant que seul candidat récupéré le réseau ASF (le plus gros) pour 9 milliards, et en 2015 ils ont fait dessus près de 1.2 milliards (tout en offrant une baisse constante de personnel, autour de 5%). Il est normal que le modèle de concession dégage des marges aussi importantes, mais il était attendu que des investissements lourds soient fait au départ ce qui n'a pas franchement été le cas. Donc qu'ASF pèse pour près de 50% du bénéfice de Vinci est un peu problématique... Les lobbys nous disent que l'état n'a rien perdu, ce qui est un peu vrai. Mais il a préféré le pactole d'entrée au lieu d'assumer son rôle et d'encaisser les dividendes du système.
KyubiDesSurfaces Niveau : District
qu'est ce qu'un "DSP"?
FoX_LorrY Niveau : DHR
Délégation de Service Public. Ça existe depuis un moment en France et on le rencontre souvent sur les réseaux (eau potable, assainissement, chaleur...). La rémunération du privé peut dépendre dans certains cas du niveau de performance
@Jeune quille @FoX_LorrY

Merci pour ces précisions les mecs vous déchirez :)
chev
Je ne vais pas me faire le défenseur des concessionnaires autoroutiers, ils le font très bien tout seul, mais pour avoir bossé sur le refinancement de la dette de l'une d'elle il y a quelques années il ne faut pas oublier que:

-les autoroutes ont été financées par l'Etat avec de la dette (plus de 30 milliards d'euros) et que celle-ci a été transférée aux concessionnaires avec la privatisation (un bon moyen pour l'Etat de se désendetter). Ce qui fait que nos péages actuels servent toujours en grande partie à payer la construction de ces autoroutes (ça coûte cher les autoroutes)

-Si le risque opérationnel a sûrement été légèrement surestimé lors de la cession, sur ce type de concession c'est surtout le risque financier (crédit et de taux) qui est important. En 2011 au milieu de la crise financière, la grande banque fr pour qui je bossais a carrément claqué la porte à Eiffage sur le refinancement de quelques milliards de la dette de sa concession APRR (et pour faire ça à un client stratégique, on y réfléchit à deux fois). Eiffage à dû boucler son financement en faisant appel à des banques japonaises sinon c'était le défaut de paiement. Le vrai risque il est surtout là, et pas dans le traffic.
7 réponses à ce commentaire.
GLOBULES ROUGES ET BLANCS Niveau : DHR
Et dire que des prisons ont été construites en PPP et que cela va coûté une blinde d'ici 20 ans mais comme ce sont des taulard on s'en fou grave ..

Sinon pour en revenir à l’article on a donc des politiques corrompus des oligopoles qui font ce qu'ils veulent et in fine les citoyens qui se font b***** pour payer la facture.
Bref rien de nouveau sous le soleil français
Jeune quille Niveau : CFA
L'état est trop endetté pour assurer ses missions régaliennes, il contractualise donc avec le privé pour continuer à investir.

C'est de la cavalerie budgétaire, et ça finira très mal.

Mais votons Mélenchon ou Le Pen, malgré leur opposition évidente sur le plan idéologique ils ont compris comment faire chier de l'argent par une banque centrale, et pourront donc redistribuer les richesses, augmenter les retraites, le SMIC et les allocations familiales.
1 réponse à ce commentaire.
leg_human Niveau : DHR
Le FRICC fallait l'inventer quand même.
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