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Les poupées russes

Comme toute Coupe du monde qui se respecte, celle qui se tiendra en Russie l'été prochain n'échappe pas aux controverses. Ainsi, plusieurs sources attestent de la présence d'ouvriers nord-coréens sur les chantiers des stades, qui travailleraient dans des conditions extrêmes et inhumaines.

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Chantier + Russie + FIFA. Le délit de sale gueule est une vilaine pratique, mais avec une telle équation, impossible de ne pas céder à la tentation. Car une Coupe du monde organisée au pays des tsars avec des stades à construire, c'est l'assurance de se retrouver face à des situations qui fileraient un infarctus à n'importe quel inspecteur du travail. Et à un peu plus d'un an du coup d'envoi du Mondial et alors que la Coupe des confédérations bat son plein dans l'indifférence générale, ça n'a pas manqué : il y a deux semaines, le Guardian puis l'ONG Human Rights Watch jetaient leur pavé dans la Volga en publiant une enquête et un rapport de plusieurs dizaines de pages pour s'insurger contre la façon dont les ouvriers étaient traités. Journées à rallonge, travail par -25 degrés, salaires bidons... Bref, toute la panoplie de l'exploitation, le tout sous les yeux complaisamment fermés de la FIFA. Mais en plus de ces cas à rendre dingo un député de la France insoumise, le rapport de Human Rights Watch s'alarmait de la présence de plusieurs milliers d'ouvriers nord-coréens sur les chantiers, encore moins bien traités que les autres et qui vivraient dans la peur en étant obligés de reverser une partie de leur salaire au régime. Pire, l'un d'entre eux serait récemment décédé d'une crise cardiaque qui serait liée à une charge de travail surhumaine. Remco Breuker, professeur d'études coréennes à l'université de Leiden aux Pays-Bas, confirme : « Ils travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, certains sont morts en travaillant. C'est quelque chose qu'on ne peut pas tolérer, mais la FIFA ne dira jamais rien, c'est comme ça qu'ils fonctionnent. C'est le cadre parfait pour faire travailler des Nord-coréens. »

Gagnant-gagnant


La présence d'ouvriers nord-coréens sur les chantiers de la Coupe du monde 2018 n'est pas une rumeur, c'est un fait. Rien d'illégal ou de clandestin à cela puisque la Corée du Nord et la Russie entretiennent des liens diplomatiques solides depuis l'URSS, époque à laquelle sont nées les procédures permettant à Pyongyang d'envoyer ses travailleurs en Russie. « Les ouvriers qui travaillent actuellement dans l'ancien bloc soviétique, c'est une pratique très ancienne » , soutient Juliette Morillot, spécialiste de la péninsule coréenne et auteur du livre La Corée du Nord en 100 questions. « Ça a démarré entre les deux pays sous Brejnev, notamment dans les scieries en Sibérie où énormément de Nord-Coréens allaient travailler comme bûcherons. C'est une sorte de deal à l'origine avec l'URSS, puis avec la Russie. La Corée du Nord recevait de l'énergie, et mettait à disposition ses ouvriers. » Un deal gagnant-gagnant entre les deux pays, le premier recevant une main-d’œuvre docile et bon marché, le second recevant de l'argent, de l'énergie, et surtout un camarade de poids sur la scène internationale, comme l'indique Remco Breuker en maniant l'ironie : « Ça permet de maintenir des liens d'amitié avec la Russie. La Corée du Nord a besoin de supporters. Vous savez, ils n'ont pas beaucoup d'amis ! » Mais là où le bât blesse, c'est que sur les chantiers de la Coupe du monde, les ouvriers nord-coréens seraient traités comme des esclaves. En outre, en 2013, la Russie s'est offert une loi aux petits oignons permettant aux entreprises qui travaillent pour le Mondial 2018 de s'affranchir du code du travail russe.

Gianni est satisfait


Mais Juliette Morillot met le holà, avec ce constat cynique en apparence : « Il ne faut pas considérer ça comme de l'esclavage. Pour les Nord-Coréens, c'est un super job. On n'est pas envoyé comme esclave pour rapporter de l'argent à la Corée du Nord. Il y a des listes d'attente et, pour eux, c'est super bien payé, toute proportion gardée. Alors oui, c'est généralement un travail extrêmement dur et une partie de leur salaire est prise et rendue à l'État. Mais malgré tout, l'argent qu'il leur reste est suffisamment intéressant pour que ce soit des postes recherchés. » La gestion des ouvriers venus de Corée du Nord se fait via de véritables agences officielles, presque comme de l'intérim, et quelques dizaines de milliers de Nord-Coréens auraient déjà « profité » de l'occasion pour filer porter des poutres sur les chantiers des stades russes. Remco Breuker, lui, garde tout de même les sourcils froncés : « Le traitement en Corée du Nord est pire, mais le fait qu'ils veuillent aller en Russie, que ce soit volontaire, ne veut pas dire que ce n'est pas du trafic d'êtres humains. Et cela ne veut pas dire que ceux qui emploient ces travailleurs doivent les exploiter. » Quant à la FIFA, pour l'instant, elle estime ne rien avoir à se reprocher. Les enquêteurs de Human Rights Watch ont été arrêtés et détenus par les autorités russes, mais Infantino reste sur la politique de l'auto-congratulation. Après avoir expliqué être « satisfait » de l'avancée des travaux.

Relancer la machine humanitaire


Encore plus gros, la FIFA est allée visiter l'un des sites suspects, celui du stade de Saint-Pétersbourg, pour ensuite publier un communiqué expliquant : « À la dernière inspection en mars, l'équipe de contrôle n'a pas trouvé d'indice de la présence de travailleurs nord-coréens sur le chantier et a conclu qu'aucun travailleur nord-coréen n'était à l'œuvre sur le site. » Soit. Comme au moment des controverses autour de la Coupe du monde au Qatar, de son attribution et des conditions de travail des ouvriers sur place, la FIFA préfère stocker la poussière sous le tapis en sachant très bien qu'en un rien de temps, plus personne ne parlera de ça. Une tuile pour les associations qui ont dénoncé la traite des Nord-Coréens en Russie et qui, elles, ont tout intérêt à ce que le sujet reste d'actualité. « Aujourd'hui, il y a des tensions extrêmes sur la péninsule coréenne, analyse Juliette Morillot. Il est important d'apporter de l'eau au moulin de toutes les associations humanitaires qui, en raison des sanctions, ne peuvent plus bosser directement avec la Corée du Nord. Toutes celles qui envoyaient de l'argent, des médicaments, de la nourriture. Au moment où toutes les sanctions se sont accrues, beaucoup de dons privés se sont arrêtés nets. Les gens disaient : "En envoyant de l'argent là-bas, on aide le régime au lieu d'aider les gens." Il est très important d'attirer à nouveau des fonds en mettant le projecteur sur tout ce qui peut toucher la corde sensible, de façon que les investisseurs privés reprennent le message. » En effet, une fois le Mondial démarré, pas sûr qu'il y ait beaucoup de monde pour se soucier du sort de ces travailleurs venus bosser pour permettre aux stades d'être prêts à temps.




Par Alexandre Doskov Tous propos recueillis par AD, sauf mention.
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